Mise en œuvre de la réforme du budget-programmes : LES MINISTRES DANS LA DYNAMIQUE DU PROCESSUS D’APPROPRIATION

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Notre pays doit passer à ce mode de gestion des finances publiques l’année prochaine. Les membres du gouvernement se préparent déjà à son opérationnalisation
Le Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga a présidé samedi dernier, à la Direction du contrôle général des services publics à l’ACI 2000 à l’ouverture du séminaire gouvernemental sur la mise en œuvre de la réforme du budget-programmes. C’était en présence des membres du gouvernement, des responsables des services financiers et de nombreux autres invités.

C’est le 1er janvier 2018 que notre pays passera de manière effective au mode budget-programmes. Ce nouveau cadre de gestion introduit un certain nombre d’innovations sur le plan budgétaire et comptable. Ces innovations portent, entre autres, sur le principe de la sincérité budgétaire, la démarche de performance dans la gestion budgétaire, la déconcentration de l’ordonnancement des crédits budgétaires pour son exécution, la gestion budgétaire par le responsable de programme, qui en est désormais la clé de voûte.

Deux interventions ont marqué l’ouverture des travaux de la rencontre. Prenant en premier la parole, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Boubou Cissé, a indiqué que l’arrimage du système de gestion des finances publiques, adoptant la démarche de la gestion axée sur les résultats, aux meilleurs standards internationaux qu’est le budget-programmes, n’est pas une entreprise facile. Selon lui, cela justifie la nécessité d’impliquer les acteurs (décideurs, gestionnaires, politiques, contrôleurs, citoyens, etc) au processus de mise en œuvre du nouveau système de gestion budgétaire afin de développer les synergies nécessaires à une application réussie de la réforme.
À cet effet, pour le succès du passage sur la gestion axée sur les résultats, a annoncé le ministre Cissé, un vaste programme de formation de tous les acteurs impliqués est déjà élaboré.

La première étape de ce programme est justement ce séminaire gouvernemental, a laissé entendre le patron de l’Hôtel des finances avant de rappeler qu’à ce jour, d’énormes efforts ont été accomplis dans le cadre de la mise en œuvre du budget-programmes : transposition des six directives du cadre harmonisé des finances publiques de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), amélioration du cadre de performance des programmes, adaptation du système informatique (PRED 5) au budget–programmes, traduction du budget-programmes pour les exercices 2016 et 2017 en mode budget-programmes en blanc, découpage des programmes en actions et élaboration de la stratégie globale de formation des acteurs. « La présence massive de mes collègues au présent séminaire me conforte sur la ferme volonté du gouvernement à œuvrer ensemble dans la mise en œuvre des réformes budgétaires et financières induites par le cadre harmonisé des finances publiques. C’est pourquoi, j’appelle chacun de nous à renforcer cette dynamique et ce bel état d’esprit de coopération et de solidarité, afin d’assurer la mise en œuvre réussie de ces réformes, dont l’objectif est l’efficacité et la transparence dans la gestion des finances publiques », a souligné le ministre de l’Économie et des Finances.

Ouvrant les travaux du séminaire, le Premier ministre a déclaré que la préparation et l’exécution du budget 2018 marquent une étape majeure dans la réalisation de nos engagements communautaires en matière de gestion des finances publiques et de développement économique. « La préparation et l’exécution constituent le gage d’une meilleure gouvernance, car nous donnons ainsi les moyens de mettre en exergue la performance de différents responsables de programmes sur la base d’indicateurs objectivement vérifiables », a ajouté Abdoulaye Idrissa Maïga.

Selon le chef du gouvernement, l’objectif de la gestion du budget en mode programmes est de mettre en cohérence les politiques publiques et les allocations budgétaires, mais aussi de marquer l’efficience dans la gestion des finances publiques, à travers une culture de résultats, basée sur la responsabilisation. « Ce mode de gestion vise une meilleure redevabilité, en ce sens qu’il permet au contribuable de mieux connaître les liens entre les politiques publiques mises en œuvre et les dépenses réalisées grâce aux recettes issues de leurs impôts et taxes », a-t-il précisé.

À en croire le Premier ministre, il est important d’agir sur les déterminants structurels, mais aussi sur le scepticisme de nos administrés dans l’optique de minimiser la résistance au changement à travers une participation et une communication claires sur les objectifs de départ. « C’est pourquoi, je vous engage chacune et chacun, Mesdames et Messieurs les ministres, à assurer le portage politique et la coordination sectorielle de la réforme de la gestion budgétaire en mode programmes », a-t-il préconisé. Avant de souligner que la transformation de la gestion des finances publiques au Mali devient alors une réalité à l’image de ce qui se passe dans le monde, plus spécifiquement dans la zone UEMOA.

« Nous sommes engagés, et cela de manière irréversible, à accompagner cette réforme qu’est la gestion en mode programmes. Ces innovations, au regard du respect des principes et obligations du gouvernement, préfigurent la réussite d’une gestion axée sur les résultats.

C’est à ce prix que la bonne gestion des ressources financières, des ressources publiques sera assurée et les actions du gouvernement plus lisibles et plus visibles », a conclu le chef du gouvernement.

Au cours de la session d’une journée, les participants ont suivi avec intérêt deux présentations, suivies d’échanges. La première a porté sur la gestion axée sur les résultats, dans le cadre de la budgétisation par programme et la seconde sur la mise en œuvre de la réforme du budget-programmes. Les deux communications ont été développées par le directeur général du Budget, Sidiki Traoré.


Massa SIDIBÉ

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