Conférence d’entente nationale : LA PRESENCE REMARQUEE DE L’OPPOSITION POLITIQUE

Dans la matinée du samedi, après la suspension de la plénière de la Conférence d’entente nationale, des rumeurs avaient commencé à circuler avec insistance sur l’arrivée, dans l’après midi, des responsables de l’opposition politique. À la reprise des travaux, ce qui n’était qu’une rumeur se confirmera finalement. C’est dans une atmosphère chargée d’émotions que les dirigeants de l’opposition ont fait leur entrée dans la salle Banzoumana Sissoko du Palais de la Culture.

Le chef de file, Soumaila Cissé, le président du Parti pour la renaissance nationale (PARENA), Tiebilé Dramé et ses compagnons Djiguiba Kéïta dit PPR et Me Amidou Diabaté, ont été accueillis par une salve d’applaudissements. À l’entame de son intervention, le chef de file de l’opposition a déclaré avoir une pensée émue pour toutes celles et tous ceux qui sont absents parce que victimes innocentes de la violence et de la barbarie que notre pays connaît depuis de nombreuses années déjà. Après avoir fourni des explications sur la non participation, jusqu’à ce jour, de l’opposition à la Conférence d’entente nationale, Soumaila Cissé dira que son groupement dans son ensemble, prône la paix, la justice et rejette toutes formes de violence comme moyen d’expression. Il condamne aussi le terrorisme sous toutes ses formes, le trafic de drogues et tous les crimes en bandes organisées dans notre pays.

Avant d’ajouter que la résolution de la crise requiert le nécessaire dialogue entre les différentes composantes de la nation. «Cette conférence, émanation de l’Accord de paix d’Alger peut-elle atteindre ses objectifs si des dispositifs essentiels de l’Accord ne sont pas effectifs et respectés ?», s’est interrogé le président de l’Union pour la république et la démocratie (URD). Sur l’appellation Azawad, il a soutenu qu’«une compréhension commune de cette appellation, qui reflète également une réalité humaine, devra constituer la base du consensus nécessaire, dans le respect du caractère unitaire de l’État malien et de son intégrité territoriale». Il ajoutera que ce débat doit avoir lieu en toute clarté, en toute vérité et concerne toute la nation. Selon Soumaila Cissé, «l’opposition politique réaffirme que la seule solution pacifique viable et inclusive de résolution de la crise multiforme que connaît notre pays passe par la tenue d’une concertation nationale inclusive regroupant l’ensemble des forces vives de la nation autour des problèmes institutionnels, de défense, de sécurité, de gouvernance et de développement».

Par ailleurs, il a saisi l’occasion pour se prononcer sur le mouvement de grève en cours dans certains secteurs sensibles comme celui de la santé. «J’en appelle aux syndicats du secteur de la santé, des affaires sociales et de la promotion de la femme. Je leur demande, solennellement, pour des raisons humanitaires, en tenant compte des mois de très grande chaleur, difficilement supportable pour les personnes âgées et les enfants, et du mois de Ramadan à venir, mois saint pour la communauté des croyants musulmans, de bien vouloir suspendre leur grève pour les mois d’avril, mai, et juin 2017», a-t-il dit. Il a, enfin, demandé au gouvernement de bien vouloir trouver les interlocuteurs idoines et faire les concessions nécessaires pour sortir, au plus tôt, le pays de cette impasse et alléger les souffrances des populations.


Massa SIDIBE

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