11è congrès de l’Organisation de l’Unité syndicale africaine : POUR UN TRAVAIL DECENT POUR TOUS

La cérémonie d’ouverture a été marquée par des hommages aux anciens syndicalistes dont certains ont reçu des distinctions pour leur engagement sans faille dans la quête du bien-être des travailleurs en Afrique

Bamako a abrité vendredi et samedi le 11è congrès de l’Organisation de l’Unité syndicale africaine (OUSA) sur le thème « Renforcer le mouvement syndical panafricain pour l’avenir du travail, le développement inclusif et durable en Afrique grâce au travail décent ». L’ouverture des travaux était présidée par le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita. On notait la présence du Premier ministre Modibo Kéita, du président de l’Assemblée nationale, Issiaka Sibibé, des membres du gouvernement, du président de l’OUSA, James Dennis Akumu, du directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder.
Plusieurs interventions ont marqué la cérémonie d’ouverture, à commencer par celle du secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Après avoir souhaité la bienvenue aux congressistes venus d’une cinquantaine de pays africains, Yacouba Katilé a noté que le choix de Bamako pour abriter ce 11 congrès ordinaire de l’OUSA honore le Mali entier. Il a vivement remercié le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita pour son implication personnelle dans la réussite de la rencontre. Par ailleurs, le secrétaire général de l’UNTM dira que ces assises donnent l’occasion de se pencher sur la problématique de l’emploi en Afrique en vue d’apporter des solutions idoines. En effet, les travaux devaient être sanctionnés par l’adoption d’un plan sur la revalorisation de l’emploi et du travail en vue de contrecarrer l’immigration clandestine à laquelle sont confrontés beaucoup de pays africains.
Le secrétaire général de l’OUSA a déclaré que la rencontre de Bamako est historique en ce sens qu’elle regroupe toute la famille syndicale du continent qui lutte pour un travail décent, pour la paix, la justice, la démocratie dans nos Etats. Arezki Mezhoud a salué les autorités maliennes pour avoir aidé à la tenue de ce congrès à Bamako. « On est avec le Mali pour le meilleur et pour le pire. Lorsqu’un pays africain est blessé, c’est toute l’Afrique qui saigne. Notre cœur est l’Afrique; notre chemin est la liberté; notre destination est la paix », a lancé le syndicaliste sous les acclamations du public. Pour le secrétaire général de l’OUSA, les assises de Bamako sont une opportunité pour dessiner un meilleur destin pour les travailleurs d’Afrique dont la plupart ont besoin d’un travail décent et juste.
Dans son intervention, le directeur régional de l’OIT Afrique a indiqué que les syndicats jouent un grand rôle dans la progression de l’humanité en ce sens qu’ils incarnent des valeurs qui prônent la justice et l’équité. Tout en soulignant la pertinence du thème de ce congrès, Aeneas Chapinga Chuma a rappelé que l’Afrique a aujourd’hui une croissance économique nettement améliorée, toute chose qui devra profiter aux hommes et femmes qui travaillent sur le continent. « Nous avons la responsabilité de concrétiser nos aspirations », a-t-il dit en appelant les dirigeants africains à adopter des stratégies pouvant créer des emplois et un travail décent pour leurs populations. Pour ce faire, l’accent doit être mis sur la transformation des produits agricoles, sur l’amélioration des infrastructures permettant aux Petites et moyennes entreprises (PME) de nos pays de créer des emplois massifs.
Quant au président de l’OUSA, il a souligné l’importance de ces assises au cours desquelles plusieurs thèmes ont été débattus comme « Le rôle et la place des jeunes dans le développement de l’Afrique »; « La transformation de l’Afrique à travers le développement durable »; « L’immigration des jeunes Africains vers l’Europe ». James Dennis Akumu estime que l’Afrique regorge d’énormes ressources et que si elles sont bien exploitées, aucun jeune Africain ne tentera de risquer sa vie pour entrer en Europe. « Les jeunes vont immigrer en Europe alors qu’il y a tout chez nous. L’Afrique est le continent de toutes les chances. Nous sommes capables d’avoir tout ce dont nous avons besoin. Il n’y a aucun endroit au monde aussi meilleur que l’Afrique », a-t-il dit en invitant les dirigeants à faire en sorte que les ressources minières de leurs pays profitent en premier lieu à leurs peuples.
Dans un discours poignant, le directeur général de l’OIT pense que les Africains ne profitent pas de la croissance économique de leurs pays parce que tout simplement les ressources ne sont pas utilisées à bon échéant. D’après Guy Ryder, 8 travailleurs sur 10 en Afrique au sud du Sahara ont un emploi précaire. Il a aussi expliqué que la mauvaise répartition des ressources est source de nombreux conflits et de violence sur le continent. Le directeur général de l’OIT a également pointé du doigt les sociétés étrangères opérant en Afrique et qui ne respectent pas les règles de la bonne gouvernance, qui favorisent la corruption et qui piétinent les droits des travailleurs en toute illégalité.
« Ce matin, j’ai tenu à être parmi vous ici, pas par démagogie politicienne, c’est par conviction car ce monde (le syndicalisme) est le mien. Je suis bien à l’aise avec vous », c’est avec cette précision que le président de la République a entamé son intervention. « Tout ce que nous devons dans le parcours colonial de nos pays et à ce qui a conduit à leur indépendance, les syndicalistes ont été d’un apport inestimable comme l’illustre les Bouts de bois de Dieu de Sembène Ousmane. Nous ne sommes pas des bêtes; nous sommes des hommes, des être humains », a indiqué Ibrahim Boubacar Kéita avant de rendre hommage à des anciens syndicalistes maliens, dont Lazar Coulibaly, Mamadou Famadi Sissoko et Demba Diop. Par ailleurs, le président Kéita a salué le mérite de l’OUSA dans les luttes syndicales sur le continent. « L’OUSA a toujours été soucieuse du devenir des travailleurs africains, de leurs conditions de vie », a-t-il témoigné.
Il a aussi salué l’UNTM pour avoir soutenu les efforts du gouvernement dans des moments difficiles. « Vous avez des revendications qui sont légitimes », a reconnu le président de la République. Il a aussi rappelé que le Mali a l’une des premières constitutions qui prône l’abandon total de l’intégrité territoriale si l’unité de l’Afrique l’exigeait. « Le Mali est un pays de panafricanisme avéré », a-t-il soutenu.
La cérémonie d’ouverture a été aussi marquée par la remise d’une distinction au président de la République Ibrahim Boubacar Kéita pour son sens élevé du syndicalisme et pour son leadership sur le continent. Des distinctions ont été également décernées à des anciens syndicalistes ayant marqué leur temps parmi lesquels la Guinéenne Rabiatou Diallo, Demba Diop, Hassane Soumono, Alex Gomi, Abdoulaye Diallo, Alex Gomi, Hamed Abou Zaid. L’OUSA leur a rendu un hommage appuyé à travers ces distinctions.
A l’issue des travaux, les participants ont exhorté l’OUSA à œuvrer avec des syndicats dans le monde entier pour mobiliser la classe ouvrière toute entière en vue de jouer un rôle crucial dans la lutte pour la justice sociale, pour une mondialisation loyale et pour un travail décent pour tous. Ils ont aussi demandé que les gouvernements africains, les milieux d’affaires, les employeurs, les syndicats et les autres parties concernées se concertent pour définir ensemble des réponses susceptibles de stimuler la croissance et de créer des emplois décents dans les pays membres de l’OUSA.

M. KEITA

«LA PAIX EST EN MARCHE AU MALI»

Le chef de l’Etat a déclaré samedi que la paix était en marche au Mali en référence à l’application correcte de l’Accord pour la paix et la réconciliation, la mise en place des autorités intérimaires et la mise en œuvre effective des patrouilles mixtes dans les régions du nord du pays. Ibrahim Boubacar Keïta s’exprimait à l’ouverture des travaux du 11è Congrès de l’Organisation de l’Unité syndicale africaine: «Votre Congrès s’ouvre sous de très heureux auspices. Les autorités intérimaires se mettent en place, les patrouilles mixtes vont suivre dans des régions où la sécurité sera désormais assurée par les enfants du Mali…Aujourd’hui, je peux vous dire que la paix est vraiment en marche au Mali. On l’avait dit pas possible de mettre en place les autorités intérimaires, impossible de gérer les régions du Nord du Mali. Que le Mali est en partition. Je dirai non et non. Nous l’avons dit que tant qu’il restera un seul Homme sur cette terre du Mali, digne de Modibo Kéita, il ne sera pas digne que ce pays soit partagé. Cela voudrait dire que nous n’avons pas su gérer l’héritage ; que nous avons été indignes ; que nous n’avons pas réussi à recoudre les tissus. Alhamdoulilayi ! Kidal a ouvert le bal des autorités intérimaires. Ensuite, on a mis en place les autorités intérimaires de Ménaka et Gao. Et n’eussent été des conditions de difficultés de dernière minute, de réajustement de logistique, Tombouctou et Taoudénit auraient pu donner le pas, mais cela n’est que partie remise à lundi », a affirmé le président Ibrahim Boubacar Kéita.

M.K

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