BIENTÔT UNE FORCE CONJOINTE DANS LE NORD DU MALI

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Le 3è sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement du G5 Sahel a été clôturé par une conférence de presse animée par les présidents Ibrahim Boubacar Kéita du Mali, Mahamadou Issoufou du Niger, Idriss Déby Itno du Tchad, Mohammed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie et Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso.
Le chef de l’Etat guinéen Alpha Condé a été invité à prendre part à la clôture des travaux en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine. Le tout nouveau président du G5 Sahel, le chef de l’Etat malien, Ibrahim Boubacar Kéita, a souligné l’importance de la réunion de Bamako au cours de laquelle les pays membres du G5 Sahel ont réaffirmé leur détermination à instaurer la paix dans l’espace commun. Pour cela, une lutte implacable sera menée contre les différents groupes terroristes qui écument la zone Sahel (Al Mourabitoune, Boko Haram, Al Qaeda au Maghreb islamique, etc.). « Nous voulons un monde de paix, un monde dédié au seul défi qui importe que sont le développement, la lutte contre les maladies, etc. Le G5 Sahel doit être une opportunité de développement pour nos pays », a-t-il déclaré.
« Le plus important pour nous est de mutualiser les moyens pour concrétiser les actions de développement au sein du G5 Sahel », a ajouté le président Keita. Il a, par exemple, cité le projet de création de « Air Sahel » pour développer le transport aérien au sein du G5 Sahel. Il a aussi mis l’accent sur l’emploi des jeunes, un moyen pour lutter contre l’émigration clandestine. Le président Kéita a aussi évoqué la stratégie intégrée du G5 Sahel et souhaité l’accompagnement des partenaires, notamment les Nations unies pour sa mise en œuvre.

Le président mauritanien a, pour sa part, félicité et encouragé le nouveau président du G5 Sahel à aller dans le sens de ce qui a été arrêté à la réunion de Bamako. Pour Mohammed Ould Abdel Aziz, le G5 Sahel n’est pas seulement axé sur la sécurité ou l’émigration clandestine, l’organisation prend en compte aussi le développement économique qui peut être la solution à plusieurs problèmes comme le terrorisme, le trafic de drogue et d’autres pratiques illicites. « Nous comptons sur l’accompagnement de nos partenaires (Union africaine et Nations unies) pour la réussite de ces objectifs du G5 Sahel qui sont très importants pour nos pays et au-delà le continent, voire le monde entier », a-t-il indiqué.

Quant au président du Niger, il a souligné que la mise en œuvre de l’Accord pour la paix issu du processus d’Alger est très importante pour que la paix règne de nouveau au Mali. Mahamadou Issoufou a expliqué que le sommet de Bamako a fait le bilan de la stratégie intégrée du G5 Sahel qui est soutenue par les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne et la CEDEAO. La réunion a été aussi l’occasion pour les chefs d’Etat d’avancer dans la mise en œuvre de la force conjointe du G5 Sahel dont la mission est de lutter contre le terrorisme et d’autres organisations criminelles. En effet, cette force conjointe aura besoin d’une résolution des Nations unies pour être concrètement opérationnelle. Le nouveau président du G5 Sahel aura donc pour mission d’accélérer ce processus auprès du secrétaire général de l’ONU. Dès que cette étape sera franchie, le président nigérien souhaite que la force conjointe entame sa mission au nord du Mali, considéré comme le ventre mou du Sahel où se développe le terrorisme.

Le chef de l’Etat tchadien a, lui aussi, insisté sur la mise en œuvre de l’accord d’Alger, gage du retour définitif de la paix dans le nord du Mali. « Notre souhait en tant que G5 est de voir rapidement la mise en œuvre de l’Accord d’Alger. Nous pensons que l’intégrité territoriale du Mali n’est pas négociable. Il faudra que la situation soit claire. Que nous sachions qui est mouvement armé, qui est terroriste, qui est narcotrafiquant. Le jour où cette clarification sera faite, nous serons opérationnels sur le terrain dans un premier temps avec nos propres moyens. On espère aussi que nos partenaires et les pays amis vont intervenir très rapidement pour nous appuyer avec des moyens adaptés. Nous ne demandons pas aux partenaires européens d’envoyer leurs soldats. Nous sommes prêts nous-mêmes, avec nos soldats, à ramener la paix et la stabilité dans notre sous région. C’est ce que nous demandons à nos partenaires « , a détaillé Idriss Déby Itno. L’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger est-il en panne, voire caduc ? En réponse à cette question, le président Ibrahim Boubacar Kéita a été on ne peut plus clair : « L’accord d’Alger n’est pas caduc et je ne vois pas en quoi il serait caduc. C’est un processus.

Cet accord est en application. Ceux qui viennent de mourir à Gao n’étaient pas dans un processus caduc. Ils étaient dans une phase d’illustration parfaite de la mise en œuvre du Mécanisme opérationnel de coordination quand ils ont été surpris par la traîtrise et la lâcheté de ceux-là qui n’ont pour mode d’opération que ça ».
Enfin, le président Kéita a indiqué que le gouvernement continue de consentir beaucoup de sacrifices pour le retour de la paix au Mali.

M. KEITA

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