28è sommet de l’UA : L’AFRIQUE DOIT INVESTIR DANS LA JEUNESSE

Cet impératif a été souligné par les intervenants lors de la cérémonie d’ouverture du grand rendez-vous annuel de l’organisation panafricaine. Il y a urgence

 

Le 28è sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine s’est ouvert hier à Addis Abeba. Une quarantaine de dirigeants africains participent à ce grand rendez-vous annuel de l’organisation panafricaine qui se tient sur la thème : « Tirer profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse ».

Le Premier ministre, Modibo Keita, représente le président de la République à ce sommet dont la cérémonie d’ouverture était présidée par le président en exercice de l’UA, le président tchadien Idriss Déby.
C’est la présidente sortante de la Commission, la Sud-Africaine Dlamini Zuma qui a débuté la série des interventions en soulignant l’importance du thème retenu pour le sommet. « Tout mouvement, tout pays qui ne valorise pas la jeunesse, n’a pas d’avenir », a-t-elle lancé pour exhorter les dirigeants africains à mettre les préoccupations des jeunes au centre de leur attention. Pour Dlamini Zuma, il y a urgence car 60% des chômeurs sur le continent sont des jeunes. Elle a suggéré des pistes d’actions en appelant à créer des opportunités pour les jeunes par l’implication des universités pour régler le problème de l’inadéquation de la formation. La Commission de l’UA est déjà passée du stade des bonnes intentions à celle des actions concrètes en nommant un envoyé spécial en charge des questions de jeunesse.
Le nouveau secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutierres, qui participe au sommet de l’UA, a donné un aperçu de sa méthode à la tête de l’organisation mondiale. Il a expliqué qu’il entend agir dans le cadre de la prévention des conflits, estimant que l’ONU est très souvent intervenue « trop tard et trop peu » sur les situations de crise.
Abordant le thème du sommet, il a invité les chefs d’Etat et de gouvernement à donner aux jeunes des opportunités en faisant plus d’investissements. « C’est essentiel pour garantir le développement et la paix et pour éviter le recrutement des jeunes par les groupes extrémistes », a-t-il fait remarquer.
Sur la coopération avec le continent, Antonio Gutierres a affiché un volontarisme marqué. « Je suis là pour travailler avec vous afin de tirer le meilleur parti du potentiel de l’Afrique », a-t-il lancé aux dirigeants du continent qui, ajoutera-t-il, peuvent compter sur « le soutien indéfectible de l’ONU dans toutes leurs actions ». Antonio Gutierres a assuré qu’il se tient aux côtés des Africains partout où le bien-être des populations est menacé.
Sa volonté affichée de faire davantage pour le développement de l’Afrique a amené le président Idriss Déby à le considérer comme un « ami sincère et engagé » du continent. Afin de créer un nouveau cadre de concertation entre les dirigeants africains et le secrétaire général de l’ONU, Idriss Déby a proposé que les deux parties se réunissent en marge de chaque sommet de l’UA en janvier. Le président en exercice sortant a par ailleurs rappelé ses actions à la tête de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. Le président tchadien a expliqué à ce propos qu’il a défendu les préoccupations de l’Afrique à divers forums. Il a inscrit aussi à son bilan le lancement du passeport de l’Union Africaine, ainsi que la réforme de l’organisation et la recherche de nouveaux mécanismes de financement. « Cette réforme doit nous conduire à plus d’efficacité dans l’esprit de la quête du résultat et de la gestion du temps lors de nos rencontres », s’est félicité le président Déby qui a tenu à rendre hommage à l’équipe d’experts qui a travaillé sous la direction du président rwandais Paul Kagamé.
Toujours sur le registre de son bilan, le président Déby a expliqué que s’il n’a pas réussi à remettre la Libye sur les rails de la paix, il a tenté de sortir ce pays du chaos par des initiatives dont la dernière en date était une rencontre tenue à Brazzaville en fin de semaine dernière. Idriss Déby a ensuite déploré la présence de nombreux foyers de tension à travers l’Afrique et plaidé pour l’opérationnalisation immédiate de la Force africaine en attente afin de faire face aux menaces que sont la criminalité transfrontalière, les trafics illicites, le terrorisme, etc.
Le président tchadien a remis le flambeau de la présidence en exercice de l’UA au chef de l’Etat guinéen Alpha Condé. En endossant ses habits de président de l’UA, le président Condé a expliqué qu’il inscrira son action dans la continuité de son prédécesseur qui, a-t-il estimé, a fait preuve de pragmatisme en démontrant que « si l’Afrique veut, elle peut ». Il a ajouté qu’il œuvrera dans le sens de la quête de l’efficacité en faisant de l’UA une « institution forte et crédible » dont l’une des priorités sera de réussir l’intégration des peuples africains au-delà de celle des Etats.
Alpha Condé a indiqué que l’Afrique compte sur Antonio Gutierres, « un homme d’action et de conviction » pour réparer l’injustice de l’absence du continent au Conseil de sécurité et de la faible représentativité des cadres africains au sein des organismes onusiens.
Le tout nouveau président en exercice de l’UA a rappelé par ailleurs que la grande majorité des populations africaines souffre des maladies, de la pauvreté et du terrorisme. « Il est de notre devoir d’améliorer leurs conditions de vie. Autrement, nous serons les premières victimes de cette bombe démographique. Nous devons davantage investir dans la jeunesse », a exhorté le président en exercice de l’UA.
Le sommet de l’UA est traditionnellement une tribune pour promouvoir la lutte du peuple palestinien pour son indépendance. C’est dans ce cadre que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas s’est adressé aux chefs d’Etat et de gouvernement lors de la cérémonie d’ouverture. Il s’est réjoui du soutien constant de l’UA au combat des Palestiniens pour se « débarrasser de l’occupation israélienne et pour obtenir la création de deux Etats (ndlr Palestine et Israël) ». Il a souhaité que la récente offensive diplomatique israélienne sur le continent ne se fasse pas au détriment de la « cause juste » d’une Palestine libérée de l’occupation.
Le vice-président cubain, Salvadore Mensa est monté à la tribune pour magnifier « l’indestructible amitié » entre Cuba et l’Afrique. Il a rappelé les appuis apportés par son pays aux mouvements de libération et dans le cadre de la formation des cadres des jeunes Etats nouvellement indépendants d’Afrique. Ce soutien n’est qu’un juste retour des choses car, dira-t-il, sans l’Afrique, Cuba ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

B. TOURé
Envoyé spécial

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