BOAD : PRIORITE AU FINANCEMENT DES PROJETS INTEGRATEURS

La Banque ouest africaine de développement (BOAD) a tenu, avant-hier, la 103è session ordinaire de son Conseil d’administration. Cette rencontre bilan et projective a réuni, à l’Agence principale de Bamako de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la presque totalité des administrateurs de l’institution financière sous-régionale. L’ouverture des travaux était présidée par M. Christian Adovelande, président de la BOAD, en présence du directeur national de la BCEAO, Konzo Traoré.


Etaient soumis à l’approbation de la présente session les perspectives financières 2016-2020, son budget programme 2017-2019, élaboré suivant l’interpellation que « la BOAD se doit de renforcer son action afin de mieux répondre non seulement aux attentes de ses Etats membres en quête d’émergence économique, mais aussi à celles du secteur privé ». Les administrateurs ont aussi planché sur onze autres dossiers.
D’entrée de jeu, le président de la BOAD avait rassuré les administrateurs que les deux premiers points examinés tenaient compte du bilan des réalisations au cours de la période 2014-2016 et des orientations fixées dans le Plan stratégique 2015-2016. Avant de leur rappeler que cette session intervient dans un contexte favorable. L’année 2016, argumentera-t-il, a été marquée par les bonnes performances économiques des Etats membres de notre espace communautaire, en dépit d’un environnement extérieur difficile. « Le taux de croissance de notre zone, tiré notamment par un accroissement des investissements, devrait avoisiner 7% », a annoncé Christian Adovelande.
En effet, pour les trois derniers exercices, le total des prêts octroyés s’élève à 1125 milliards de Fcfa, soit un taux de réalisation de près de 92% par rapport aux objectifs fixés, s’est réjoui le président de la BOAD. Il a apprécié «la part des engagements en faveur des projets régionaux qui s’élève à 30% des engagements nets cumulés. Quant au taux de décaissement, il se situe à 67%, ce qui est un niveau appréciable », a-t-il soutenu.
Sur le plan de la mobilisation des ressources, la BOAD a été très active. C’est pourquoi le montant des emprunts réalisés sur les trois années s’est ainsi établi à 998 milliards de Fcfa. « Il est réparti dans des proportions à peu près équivalentes entre le marché régional et le marché international », a indiqué M. Christian Adovelande.
Les besoins d’investissements dans notre espace sont présents. La BOAD compte réaliser en 2017 un niveau d’activités globalement proche de celui de 2016, en veillant toutefois à préserver la qualité de son crédit. Pour ce faire, elle entend financer davantage de projets intégrateurs, comme les infrastructures. L’institution financière veut développer l’ingénierie du financement et des services, afin de mieux accompagner les entreprises et les Etats. Elle espère aussi soutenir la croissance inclusive, la sécurité alimentaire et le développement durable.
Sur ce dernier point, le président a informé le conseil qu’au mois d’octobre dernier, le Fonds vert climat a accrédité la BOAD comme entité partenaire. Après l’espoir suscité  par le Fonds pour l’environnement mondial et le fonds d’adaptation, «ce nouvel accord offre à notre institution des perspectives accrues de mobilisation de ressources », s’est-t-il réjoui. Car, les fonds collectés permettront de financer, sous forme de dons ou de prêts concessionnels, des projets environnementaux retenus comme priorités par les Etats. « Dans les prochains mois, la Banque compte solliciter le financement du Fonds vert climat pour quelques projets déjà identifiés », a-t-il informé.
Avant de souligner que la BOAD  ne  ménagera pas ses efforts, en 2017, pour permettre à l’Unité régionale de développement des projets, en partenariat public-privé, de passer en phase opérationnelle, avec la sélection de projets pilotes destinés à tester les outils déjà mis en place.
« Comme souhaité lors de notre session de septembre dernier, les perspectives financières seront examinées sur la base de deux scénarios alternatifs, concernant le modèle de tarification des prêts de la Banque », a indiqué le président. Pour lui, les simulations présentées visent à confirmer la pertinence de l’adoption de ce nouveau modèle.
« Entre autres avantages, celui-ci devrait favoriser une plus grande compétitivité, ainsi qu’une flexibilité de l’offre tarifaire de notre institution », espère-t-il. Il a indiqué que les innovations techniques qu’il suggère permettraient d’aligner les pratiques de la BOAD en matière de tarification, sur celles en vigueur au sein d’autres institutions de référence.
C. M. T.

You are here: Home News BOAD : PRIORITE AU FINANCEMENT DES PROJETS INTEGRATEURS