Le président Keita reçoit Soumaïla Cissé : DIALOGUE FRANC SUR LES PRÉOCCUPATIONS NATIONALES

Pour cette première rencontre, les deux personnalités ont évoqué plusieurs dossiers brûlants, dont le projet de loi électorale dont plusieurs dispositions sont rejetées par l’opposition

Prévu pour durer environ une vingtaine de minutes, l’audience accordée par le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, au chef de l’opposition, Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la République et la démocratie (URD), a duré trois heures d’horloge jeudi soir à Koulouba. Apparemment, les deux personnalités avaient beaucoup de choses à se dire et Soumaïla Cissé à sa sortie d’audience à 21 heures 45 minutes s’est réjoui de l’initiative présidentielle d’écouter l’opposition.

Arrivé à 18 heures 23 minutes au palais de Koulouba, la délégation conduite par le chef de file de l’opposition a été installée dans la salle d’audience, où elle a été rejointe aussitôt par le président Keita. Après les salutations d’usage et la séance de photos, la presse a été priée de quitter la salle. Soumaïla Cissé était accompagné par Ibrahim N’Diaye tandis que le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita se faisait assister par son directeur de cabinet, Ibrahima Traoré et son chef de cabinet, Boubacar Touré.

A sa sortie d’audience, le chef de file de l’opposition a salué le dialogue franc et direct qui va désormais s’instaurer entre le président de la République et l’opposition. « Aujourd’hui, le premier avantage de cette audience avec le président de la République est que l’opposition se sent considérée et valorisée en tant qu’entité à part entière. Je n’avais pas eu le sentiment que je bénéficiais de cette considération. C’est à partir de ce soir (jeudi dernier Ndlr) que nous pouvons espérer que nous avons notre place dans cette démocratie à travers ce dialogue franc et direct qui s’instaure entre nous », s’est réjoui Soumaïla Cissé qui a ajouté qu’il s’attendait à ce geste depuis très longtemps. « C’est l’occasion pour le chef de l’Etat de s’imprégner des problèmes politiques et socio-économiques du pays et de lui faire découvrir certaines réalités, dont il n’a pas forcément connaissance. L’opposition doit être dans son rôle de critique de l’action gouvernementale », a souligné le président de l’URD.

« Nous avons passé en revue l’ensemble des préoccupations du pays, les questions politiques, institutionnelles, économiques, sécuritaires, la gouvernance, l’Accord pour la paix et la réconciliation et même les rumeurs qui sont distillées sur tel ou tel dossier ou telle autre question. Ce qui est important, c’est que cette rencontre doit être une pratique qui s’instaure entre le sommet de l’Etat et l’opposition. Il s’agit de confronter les différentes contradictions afin que jaillisse la réalité et l’opposition est une sentinelle pour le président de la République afin de le guider et lui éviter certains dérapages », a développé Soumaïla Cissé qui a dénoncé le déficit de communication de la part de la présidence de la République sur certains dossiers de la nation et un déficit réel de dialogue.

Le président de l’URD n’a pas occulté la question électorale à travers l’examen du projet de loi électorale déposé sur la table de l’Assemblée nationale qui attise toutes les tensions. « Sur la question, nous avons fait part de nos réserves, des incertitudes. Il n’est pas possible de croire que les phases électorales qui s’annoncent puissent se tenir dans les délais prescrits compte tenu de la situation sécuritaire inquiétante que vit le pays », a estimé le chef de file de l’opposition.

Soumaïla Cissé a ensuite expliqué que l’Assemblée nationale a, sur les 200 articles du projet de loi électorale, émis 138 amendements. Ce qui signifie que l’opposition a beaucoup de choses à reprocher à ce projet de loi électorale qui mérite une attention particulière. Il ne s’agit pas de faire passer comme une lettre à la poste, ce projet de loi électorale qui est restrictive pour le jeu démocratique à certains égards. Il y a des corrections à apporter et l’opposition a des propositions dans ce sens, a précisé Soumaïla Cissé.

Evoquant l’allocation budgétaire de 500 millions Fcfa, Soumaïla Cissé a précisé que cette somme lui est affectée pour lui servir de budget de fonctionnement en tant que chef de file de l’opposition. Elle ne saurait être considérée comme une faveur indue. « C’est pourquoi pour faire taire les rumeurs sur la question, j’ai aussi évoqué les fonds spéciaux alloués à certaines personnalités de la République », s’est défendu Soumaïla Cissé.

Avant de prendre congé de la presse, Soumaïla Cissé a espéré que ce dialogue initié par la présidence de la République se pérennisera et permettra à l’opposition d’alerter le chef de l’Etat, chaque fois que de besoin, sur les préoccupations de la Nation.

M. COULIBALY

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