Valorisation du riz local : POUR QUE LE « GAMBIAKA » TIENNE SON RANG

Pour mieux gérer les chaînes de valeur du riz « Gambiaka » dans toutes ses dimensions, il faut que la variété soit reconnue comme une variété nationale sous le « label Mali ». Pour cela, il faut une intégration en amont pour un approvisionnement sécurisé de bonne qualité industrielle, la nécessaire modernisation de la transformation du riz local par des investissements appropriés, l’institutionnalisation de l’achat direct du riz local aux producteurs au niveau des institutions publiques (OPAM, Armée, hôpitaux, cantines scolaires), a dit le coordinateur national de la Plateforme nationale des producteurs du riz au Mali (PNPRM), Seydou Keïta.

M. Kéita faisait une présentation sur la production, la commercialisation et l’écoulement du riz dans notre pays, en marge de l’atelier d’élaboration et de stratégie de labélisation du riz « Gambiaka », tenu lundi, à l’Institut de recherche et de promotion des alternatives de développement (IRPAD) à Hamdallaye.

La mise en place d’un système de financement de la filière riz par des mécanismes d’accès des producteurs aux fonds de roulements et facteurs de production et la poursuite de la recherche de l’amélioration de la variété « Gambiaka » pour qu’elle soit plus productive et réponde aux évolutions sur le plan socio-économique et environnemental, sont également les domaines prioritaires, a ajouté le coordinateur national de la Plateforme. Et le riz « Gambiaka » est appelé à jouer un rôle important dans la compétitivité du riz malien au niveau régional et international a conclu, M. Kéïta.

Le riz, rappelle le coordinateur, est perçu dans notre pays comme la principale denrée permettant à la fois d’atteindre la sécurité alimentaire, d’améliorer les revenus des producteurs et de satisfaire une demande urbaine toujours croissante. Il est devenu l’aliment clef pour une politique de sécurité alimentaire à long terme. Il est le principal produit de base agricole du Mali en termes de volume. Sa production est estimée à environ 2,451 millions de tonnes en 2015. Cette céréale, à elle seule, génère 5% du produit intérieur brut (PIB) du pays soit environ 220 milliards de Fcfa, selon les enquêtes du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP 2012-2017).

Cependant, le coordinateur national de la PNPRM a relevé des contraintes pour la commercialisation du riz. Celles-ci sont relatives à l’accès limité des producteurs aux intrants de qualité (semences, engrais, herbicides et pesticides), à l’insuffisance d’aménagements de parcelles rizicoles. Toutes ces difficultés affectent négativement le niveau des rendements.

Seydou Kéïta a ensuite rappelé que la problématique de la commercialisation du riz se trouve désormais au coeur des priorités de la politique de valorisation du riz local promue par le gouvernement. Différentes actions ont été développées à cet effet dont l’Initiative riz. « D’autres défis sont également à relever comme les conditions d’une meilleure transformation agro-alimentaire, la valeur ajoutée pour le riz malien, l’organisation des producteurs en matière de commercialisation et de facilitation de l’accès aux facteurs de production et des Organisations paysannes (OP) pour mieux commercialiser le riz local », a-t-il précisé.

Il a ensuite fait remarquer que le goût, la texture, la couleur et l’aptitude à la conservation du riz « Gambiaka » sont des arguments de certains consommateurs de la céréale. Cela permet au produit de conforter sa position de leader sur le marché du riz. Cet attribut permet aussi à la variété de s’écouler plus rapidement, même à un prix un peu plus cher que le riz importé. « La qualité marchande, la quantité consommée, l’amélioration de la variété et l’appréciation par les consommateurs maliens sont les spécificités du riz Gambiaka », a poursuivi le coordinateur de la Plateforme. M. Kéïta a également ajouté que, de plus en plus, le riz Gambiaka rentre dans le plan national des dispositifs de sécurité alimentaire pour prendre place dans la constitution du stock national de sécurité alimentaire (SNSA) par l’achat direct aux producteurs.

Le Gambiaka est la qualité la plus recherchée par les consommateurs maliens. Ce riz arrive sur le marché souvent avec des impuretés. A Bamako, certains commerçants le nettoient et le calibrent afin d’augmenter la valeur commerciale. « Par ces opérations, les commerçants obtiennent des produits suivants classés par ordre décroissant de leur valeur commerciale : le riz Gambiaka entier long blanc, RM40, en brisure entière et en brisure fine », a expliqué, le coordinateur du PNPRM. Cependant, a-t-il constaté, la variété ne bénéficie pas de stratégie commerciale soutenue. « Le Gambiaka est confronté à la prééminence des importations asiatiques, la faible capacité d’offre et les coûts industriels élevés. L’existence d’un marché institutionnel ouvert par les structures publiques et privées, l’exigence de la variété Gambiaka dans les cahiers de charge des contrats d’achat direct aux producteurs sont des opportunités économiques », pense Seydou Kéïta.

S. Y WAGUE

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