Coopération transfrontalière entre le Mali et les pays voisins : UN TREMPLIN POUR l’INTÉGRATION DE PROXIMITÉ

« La coopération transfrontalière entre le Mali et les pays voisins : enjeux, acquis, défis et perspectives », tel était le thème d’une conférence-débat, samedi, au Centre Djoliba. 

Question plus qu’importante au Mali qui, en plus de son enclavement, se trouve depuis 2012 dans une situation de dégradation de son environnement politique, institutionnel et socioéconomique à cause de la crise persistante dans ses régions Nord. La coopération transfrontalière occupe donc une place de choix dans la mise en œuvre d’une stratégie dynamique de gestion de cette crise que le pays traverse.

La rencontre avait pour but de contribuer à la promotion de la coopération transfrontalière en Afrique en général et, particulièrement, entre le Mali et les pays voisins à travers l’instauration d’un cadre d’échanges entre acteurs de la gestion des frontières. Elle a été organisée par l’association « Afrique Sans Frontière », en partenariat avec la direction nationale des Frontières, la direction générale de l’Administration du territoire et le Projet d’appui au programme frontière de l’Union africaine (PFUA), appuyé par la coopération allemande au développement (GIZ).

Trois hauts cadres de l’Administration ont, pendant plus de trois heures, éclairé la lanterne de l’assistance sur cette thématique d’actualité. D’entrée de jeu, le directeur national des Frontières, Drissa Sangaré, a indiqué que la coopération transfrontalière représente un moyen permettant de stabiliser et d’atténuer le poids des obstacles physiques, administratifs, règlementaires donc « l’effet frontière » existant entre les territoires. De même, aux dires de M. Sangaré, la coopération transfrontalière a pour but de renforcer et de développer les rapports de bon voisinage entre les collectivités ou autorités territoriales relevant de deux ou de plusieurs Etats. Avant d’ajouter qu’il s’agit de trouver une solution partagée à un problème commun qui dépasse le seul niveau local, régional ou national.

Le directeur national adjoint des frontières, pour sa part, a axé son intervention sur la coopération transfrontalière entre le Mali et les pays voisins. Ladji Sogoba a rappelé que tous les textes fondamentaux de notre pays, depuis l’indépendance, préconisent une politique de regroupement sous régional voire continental. Afin de promouvoir cette intégration, le conférencier est revenu sur la vision qui s’est articulée suite à l’organisation d’un séminaire régional à Sikasso, en 2002, autour du concept de « Pays frontière ». Le concept de « Pays frontière », précisera M. Sogoba, défini comme tel sur la base des réalités socioéconomiques et culturelles dynamiques existant, s’entend aujourd’hui sous le vocable de coopération transfrontalière.

La série des interventions sur le thème de la conférence a été bouclée par le directeur général de l’Administration du territoire, Amadou Billy Soussoko, qui a développé les volets défis et perspectives de la coopération transfrontalière. L’intervenant a soutenu que les défis portent essentiellement sur la levée des obstacles à la promotion des relations partenariales, en vue de l’éclosion et de l’épanouissement des initiatives locales transfrontalières.

Pour le Mali, a-t-il expliqué, une bonne perspective de promotion de la coopération transfrontalière passe par la mise en œuvre effective d’un programme de gestion intégrée des frontières. Sans oublier la promotion des actions locales de coopération transfrontalière en matière de sécurité et de lutte contre la migration irrégulière ainsi que la réalisation d’infrastructures structurantes dans les espaces frontaliers et transfrontaliers.

D’enrichissantes questions-réponses, de contributions ont suivi dont celles – jugées de bonne facture – de l’ancien ministre Issa Ongoïba et de l’ex Secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale, Mamadou Seydou Traoré. Le Colonel (à la retraite) Issa Ongoïba a, en effet, apporté un rectificatif en rappelant l’existence de beaucoup d’initiatives de coopération transfrontalière avant l’avènement de la démocratie dans notre pays. « Cependant, il y a eu un manque de suivi terrible, c’est pourquoi nous sommes dans des problèmes. Je demande aux Maliens d’être constants dans ce qu’ils font et d’être sérieux dans la constance », a lancé l’ancien ministre. Et de marteler que « pour nous en sortir, nous sommes obligés de suivre la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger ». De son côté, Mamadou Seydou Traoré a admis que l’enjeu se situe au niveau du défi de la sécurité transfrontalière.

Auparavant, la présidente de l’association « Afrique Sans Frontière », Camara Marie Dembélé, a fait remarquer que partout en Afrique et, particulièrement, au Mali, plus on va vers les frontières, moins on perçoit le développement car ces espaces frontaliers n’étant pas suffisamment pris en compte dans les politiques sectorielles du pays.

A sa suite, le Conseiller technique régional en gestion des frontières de la GIZ/PFUA Mamoudou Tapily a relevé que l’objectif de son organisation est d’amener les Etats africains, les communautés économiques régionales et la Commission de l’Union africaine à progresser dans la définition et la gestion de leurs frontières communes et dans la mise en œuvre d’initiatives transfrontalières, grâce à une coopération horizontale et verticale.

Intervenant dans 21 pays africains, les actions du Projet d’appui au programme frontière de l’Union africaine de la GIZ sont essentiellement basées sur la délimitation/démarcation des frontières, la coopération transfrontalière et le renforcement des capacités des Etats à aller vers une gestion holistique de leurs frontières.

M. SIDIBÉ

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