Le Premier ministre Modibo Kéïta rencontre le Groupe africain du Conseil de sécurité : L’AFRIQUE FAIT BLOC DERRIÈRE LE MALI

Les membres Groupe sont unanimes sur un certain nombre d’actions prioritaires, à savoir : l’indispensable renforcement des capacités de l’armée malienne ; la coopération sous-régionale et régionale et la mise en œuvre diligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation

 

Le Premier ministre Modibo Kéïta, fort de la conviction que le Groupe africain au siège de l’ONU à New York est un allié précieux, a rencontré, vendredi dernier, ces diplomates représentant 54 pays membres.

Dans ses propos liminaires, Modibo Kéïta, accompagné des membres de la forte délégation qui l’accompagne, a souligné que c’est « un immense plaisir doublé d’un bonheur de se retrouver devant les dignes fils de l’Afrique pour parler de la situation au Mali, de l’avenir de la sous-région, de la région et du monde ». Il a ensuite fait un rappel des avancées enregistrées dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger dont le fondement principal est la libre administration.

Le Premier ministre a précisé que le fondement de l’accord est la libre administration avant d’aborder le chapitre des progrès relatifs aux questions politiques et institutionnelles. Ainsi, le chef du Gouvernement a informé ses interlocuteurs du projet de relecture de la Constitution pour doter le Mali d’un Parlement à deux chambres, afin de regrouper toutes les sensibilités du pays, du nord au sud.

Il leur fera part de l’adoption récente de la loi relative à la révision du Code des collectivités territoriales qui est la disposition légale ouvrant la voie à la mise en place des autorités intérimaires.
A ce propos, le gouvernement, à en croire son chef, et les mouvements signataires viennent de convenir d’un protocole d’entente, ce après la phase des incompréhensions. Le document fixe le chronogramme des opérations : installation du mécanisme opérationnel de coordination dans les régions ; mise en place des autorités intérimaires. S’y ajoute le déploiement de l’administration et des services sociaux de base.

D’autres avancées, note le Premier ministre, portent sur : la mise en place de la Commission, vérité, justice et réconciliation (Cvjr) dont la première Vice présidente était une grande animatrice du Mouvement national de libération de l’Azaouad (Mnla) ; la création du Programme d’urgence pour la relance du développement des régions du Nord et de celui de la reconstruction et de la relance économique ; la dotation en véhicules du Mécanisme opérationnel de coordination pour les patrouilles mixtes. En somme, aux dires de Modibo Kéïta, le gouvernement a élaboré une stratégie spécifique de développement des régions du Nord.

Par ailleurs, le chef du gouvernement s’est inscrit en faux contre les thèses qui tendent à faire croire que les autorités maliennes trainent les pieds dans la mise en œuvre de l’accord. Il a assuré que le gouvernement tiendra tous ses engagements.

L’autre point positif qui a retenu l’attention de Modibo Kéïta a trait au respect du cessez-le-feu par les parties signataires depuis la conclusion de l’accord malgré des difficultés et un contexte peu favorable. Malgré tout, déplore-t-il, les Forces armées et de sécurité du Mali, les troupes amies, les populations civiles sont permanemment victimes de la violence terroriste. Même les pays voisins ne sont pas épargnés par cette furie meurtrière.

Afin de stopper cette spirale de violence, le Premier ministre a estimé que les capacités de la Minusma doivent nécessairement être renforcées à travers : une posture plus robuste et plus active du mandat de la Mission onusienne; une redéfinition de ses règles d’engagement ; un soutien aux Famas accompagné d’une coordination opérationnelle ainsi qu’un soutien aux initiatives régionales de lutte contre le terrorisme, notamment celles du G5 Sahel, de la CEDEAO et de l’Union africaine.

Visiblement en phase avec le contenu de l’exposé du Premier ministre, les ambassadeurs ou leurs représentants ont exprimé leur soutien au Mali. Tous sont unanimes sur un certain nombre d’actions prioritaires, à savoir : l’indispensable renforcement des capacités de l’armée malienne ; la coopération sous régionale et régionale et la mise en œuvre diligente de l’accord.

En conclusion, le chef du gouvernement dit s’inscrire résolument dans la recherche de la paix et de l’entente. « Nous sommes très heureux de constater que nos frères africains ont la même vision que nous. Le gouvernement fera tout ce qui est possible pour faire avancer le processus de paix », a promis Modibo Kéïta avant d’adresser ses remerciements aux pays africains qui accueillent nos compatriotes dans les camps de réfugiés.

A signaler que juste après, le Premier ministre Modibo Kéïta a été reçu en audience par le Vice-Secrétaire général de l’ONU, Ian Eliasson. Les deux personnalités ont, au cours de leur entretien, parlé du processus de paix et du renouvellement du mandat de la Minusma.
M. SIDIBÉ
Envoyé spécial

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