Enseignement supérieur dans l’espace francophone : LE « METAPORTAIL » DU SAVOIR S’OUVRE À BAMAKO

Il s’agit d’un puissant moteur de recherche destiné aux étudiants et aux enseignants à la recherche de savoirs en français. Avec cet outil numérique, la Francophonie entend aider à résoudre les problèmes liés à l’augmentation des effectifs, à l’insuffisance des salles de classe, du personnel enseignant et des infrastructures

 

L’histoire retiendra que c’est à Bamako que l’enseignement supérieur en Afrique est véritablement entré dans l’ère du numérique à travers le lancement du « métaportail » de l’Initiative pour le développement du numérique dans l’espace universitaire francophone (IDNEUF). Ce moteur de recherche conçu par l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) a été adopté et lancé, vendredi, au terme de la 2ème rencontre des ministres francophones de l’Enseignement supérieur sur l’IDNEUF, tenue dans notre capitale. La cérémonie d’ouverture de l’événement a été présidée dans la salle des banquets du palais de Koulouba par le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, en présence du secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Mme Michaelle Jean, des présidents des institutions de la République ainsi que des sommités du monde académique et universitaire.

Ce « métaportail » innovant est destiné aux étudiants et apprenants à la recherche de savoirs en français adaptés à leur objectif, leur niveau et leur discipline. Il permet également aux enseignants, formateurs et producteurs de ressources numériques, aux experts en ingénierie pédagogique, de disposer de possibilités pédagogiques à travers le numérique.

L’IDNEUF dispose déjà de plus de 37 000 ressources universitaires produits par plus de 20 pays francophones. Son puissant moteur de recherche permet de sélectionner et recenser sur des mots clés simples.

A l’ouverture des travaux, le ministre de l’Enseignement supérieur, Me Mountaga Tall, a rappelé que le développement du numérique est un enjeu fondamental pour nos systèmes universitaires. « En venant à Bamako pour lancer notre « métaportail » et discuter des moyens de financer notre initiative commune, nous témoignons de notre détermination à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés », a indiqué le ministre Tall pour qui la réussite de l’initiative pour le développement du numérique dans l’espace universitaire francophone est indispensable pour résoudre les problèmes communs que connaît l’enseignement supérieur en Afrique.

Mme Simone Bonafousse, représentante du secrétaire d’Etat français en charge de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a souligné l’importance de l’enseignement supérieur dans le développement de nos pays et le rôle que le numérique peut jouer dans la mutualisation des efforts et des initiatives pour rehausser la qualité de l’enseignement. Pour elle, la connectivité offre des opportunités pour partager les connaissances et mettre en place un plan de formation dans tous les domaines de la vie.

Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Michaelle Jean, a souligné que le terrorisme et le crime transfrontalier affectent la stabilité de nos pays et porte un coup dur aux efforts de développement. Après avoir rappelé que le 20 novembre 2015, des agents de l’OIF ont trouvé la mort lors de l’attaque de l’hôtel Radisson Blu, elle a appelé les Etats à l’union et à ne pas céder devant la barbarie dans leur mission de répondre aux aspirations des populations. Michaelle Jean a réitéré la détermination de son organisation a accompagné le Mali dans la sortie de crise et son soutien à l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Pour elle, le numérique est une chance pour la Francophonie qui, en plus de la langue, se retrouve autour d’un outil devenu un catalyseur de développement. « Les TIC peuvent aider à l’atteinte des ODD dans le cadre de l’accès à l’éducation pour tous et constituent une réponde de taille aux défis cruciaux », a-t-elle estimé.

100 millions de Fcfa. A l’entame de son discours d’ouverture des travaux de la rencontre, le président de la République, a fait observer une minute de silence à la mémoire des victimes du terrorisme à travers le monde. Ibrahim Boubacar Kéïta a ensuite dénoncé le terrorisme et les crimes transfrontaliers qui ont porté un coup dur à notre pays. Le chef de l’Etat a remercié les participants pour avoir fait confiance à notre pays en acceptant de s’y rendre malgré la situation sécuritaire difficile. Pour lui, les TIC jouent un rôle de catalyseur de la société de l’information et peuvent aider à résoudre les problèmes liés à l’augmentation des effectifs dans les établissements d’enseignement supérieur, et à atténuer les difficultés liées à l’insuffisance des salles de classe, du personnel enseignant, d’infrastructures ou encore la baisse de la qualité de l’enseignement.

Notre pays qui, compte plus de 120 00 étudiants, peut compter sur les TIC pour résoudre bien des problèmes dans l’espace universitaire. Le Plan Mali numérique 2020 pourrait y contribuer car son objectif est d’assurer le développement du numérique dans tous les segments de la société. En plus des actions réalisées dans le campus universitaire francophone, l’initiative « Donya » permettra de doter les étudiants d’outils informatiques indispensables à l’accès au TIC. A travers « Donya » chaque étudiant pourrait disposer d’un ordinateur et accéder au « métaportail » de l’IDNEUF.

Au cours des travaux, les ministres ont échangé sur les questions liées au financement du fonctionnement et de développement du « métaportail », les mécanismes de financement des ressources numériques, le financement de la formation des formateurs et le développement des infrastructures et des équipements nécessaires à la meilleure accessibilité numérique. De même, ils ont adopté la Déclaration de Bamako et désigné le Maroc pour abriter la prochaine rencontre de l’IDNEUF.

« Nous avons adopté et lancé le « métaportail » qui a été conçu avec beaucoup de professionnalisme et de savoir-faire par l’AUF qui avait été mandatée lors de la rencontre de Paris », a expliqué Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du Sénégal. Il a expliqué aussi que l’AUF a été sollicitée pour continuer son travail de perfectionnement, mais également de formation des formateurs, entre autres. Aussi, les ministres ont opté pour le financement immédiat de certaines priorités à travers les contributions des Etats et le financement des infrastructures dans le cadre des organisations communautaires et des institutions internationales de financement.

Pour les contributions des Etats, le Mali a donné l’exemple par la voix du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, qui a annoncé une contribution de 100 millions de Fcfa. C’était lors d’une réception offerte aux participants vendredi en fin d’après-midi.

Dans la Déclaration de Bamako, les ministres de l’Enseignement supérieur de l’espace francophone ont convenu, entre autres, d’accorder une importance à la contribution des Etats pour financer le « métaportail », de mettre l’accent sur le partenariat public-privé comme modèle de financement, de mettre en place un plan ambitieux pour attirer les investisseurs et de continuer la modernisation du « métaportail ».

B. COULIBALY

You are here: Home News Enseignement supérieur dans l’espace francophone : LE « METAPORTAIL » DU SAVOIR S’OUVRE À BAMAKO