Relations citoyen-administration : LE MÉDIATEUR DE LA RÉPUBLIQUE PRÔNE L’ESPRIT DE SERVICE PUBLIC

L’article 17 de la loi portant institution du Médiateur de la République stipule qu’au-delà des présidents de la République et de l’Assemblée nationale, le contenu de son rapport fera l’objet d’une large diffusion publique dans la presse à Bamako et dans les régions lors des missions de restitution conduites par ses services. En application de cette disposition, Baba Akhib Haïdara, le Médiateur de la République, s’est entretenu mercredi avec la presse sur le contenu de son rapport annuel 2015 qu’il avait remis, la veille, au président de la République Ibrahim Boubacar Keïta.

Cette conférence de presse, expliquera-t-il, est destinée, via la presse, à informer l’opinion publique nationale du contenu du rapport. Il a choisi, indique-t-il, de mettre l’accent dans son rapport sur la relation citoyen et administration sur la base des réclamations recensées en 2015 par ses services.

Pour Baba Akhib Haïdara, le citoyen et l’administration doivent concourir à faire avancer le pays en matière de droit, de liberté et de devoir. Ce qui, déplorera-t-il, n’est pas généralement le cas. Les faiblesses constatées dans le fonctionnement de l’administration publique sont, juge-t-il, dues à plusieurs facteurs parmi lesquels il a cité l’ignorance des textes par certains administrateurs, l’analphabétisme des usagers qui sont obligés de s’en remettre à des intermédiaires capables de leur interpréter les textes. Conséquence ? Les citoyens ont perdu toute confiance en l’administration, a regretté le Médiateur de la République.

Que peut-il faire pour restaurer cette confiance ? « Notre travail consiste à essayer de bien comprendre la nature de ces facteurs, comment fonctionnent les administrations, la nature des relations entre ces administrations et les usagers», a répondu Baba Akhib Haïdara. Il s’agit, de son point de vue, de construire des relations de confiance entre citoyen et administration en appliquant, dans la lettre et dans l’esprit, la loi de 1998 qui traite du sujet. En substance, cette législation impose un certain nombre d’attitudes aux agents de l’Etat lorsque le citoyen s’adresse à eux. « L’administration est tenue par la loi de répondre par écrit dans un délai de 30 jours lorsqu’un citoyen lui écrit pour poser un problème », précisera le Médiateur de la République d’un ton ferme.

Ainsi, pour sensibiliser, informer et former les agents des services de l’Etat, le Médiateur, en collaboration avec le ministère chargé des relations avec les institutions, organisera dans les jours à venir un symposium sur les questions de confiance entre citoyen et administration. L’exercice s’emploiera à convaincre les agents de l’administration publique que la confiance commence par la considération dont on fait montre vis-à-vis de l’autre. « Quelque soit la nature ou l’auteur de la demande, ne négligeons pas. Répondons », plaidera-t-il, en ajoutant que l’administration doit systématiquement respecter la loi. « Un usager vous écrit, vous devez répondre. Et des instructions fermes doivent être données dans ce sens », a recommandé Baba Akhib Haïdara.

La deuxième partie de son intervention a porté sur l’Espace d’interpellation démocratique (EID) qui, malgré les efforts, traine des difficultés liées à la conception et la perception que les gens ont de cet exercice de dialogue entre gouvernants et gouvernés. Dans l’opinion de beaucoup de nos concitoyens, l’EID s’apparente à une démarche vers la justice : « j’estime que j’ai été lésé. J’amène mon dossier au tribunal de l’EID qui règlera mon problème ». L’EID, selon les textes, a pour objet de faire connaître l’Etat de droit au Mali, construire une culture démocratique nationale à travers l’éducation à la citoyenneté et la bonne gouvernance, a précisé Baba Akhib Haïdara. Pour ce faire, l’EID dénonce les dysfonctionnements. Ces dénonciations publiques obligent le gouvernant à reconnaître ses fautes et prendre les mesures correctives y afférentes.

Des confrères s’étant interrogés sur les relations entre le Médiateur de la République et la Commission vérité, justice et réconciliation, Baba Akhib Haïdara a révélé que son institution avait transféré à cette commission des dossiers puisés dans le rapport annuel de 2012 afin de l’aider dans le rétablissement de la vérité et de la justice. Il a aussi annoncé que les délégations régionales de la Médiature (présentes partout excepté Kidal) sont prêtes à recevoir les antennes de la CVJR afin de les appuyer dans le cadre de leur travail.

C. M. TRAORE
 

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