Visite des ministres des Affaires étrangères français et allemand : LA PAIX, LA STABILITE ET LE DEVELOPPEMENT AU MENU DES DISCUSSIONS

Les deux visiteurs de marque ont réitéré le soutien de l’Europe au Mali dans ses efforts pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, et dans ses combats pour le développement et contre le terrorisme

Après l’Ukraine et la Libye, le ministre français des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault, et son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, ont effectué dimanche et lundi une visite officielle dans notre pays. Hier, les deux personnalités ont été reçues en audience par le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita, une audience au cours de laquelle plusieurs sujets ont été abordés, notamment le processus de paix au Mali, la sécurité (avec en toile de fond la lutte contre le terrorisme, le trafic d’armes et de drogue) ainsi que la situation de désordre qui prévaut actuellement en Libye.

Après l’entretien avec le président de la République, les ministres français et allemand ainsi que leur homologue malien ont aminé une conférence de presse pour développer les questions abordées avec le chef de l’Etat.

Le ministre français des Affaires étrangères et du Développement international a ainsi pu fortement apprécier les progrès accomplis par le Mali dans les domaines de la paix et de la sécurité sans lesquelles aucun développement durable n’est possible. « Quand je regarde le chemin parcouru ici depuis trois ans lorsque la France, répondant à l’appel des autorités du Mali, a décidé d’apporter son soutien pour arrêter la vague terroriste qui allait s’emparer de Bamako, de tout le pays, mais aussi de toute la sous-région, je dois dire que mon premier message est celui d’un message de confiance au peuple malien, aux autorités maliennes et en la démocratie malienne parce que cette démocratie que l’on voulait abattre a relevé la tête. Les élections ont eu lieu. La démocratie fonctionne. Elle est exigeante mais elle est réelle. Et puis il a eu aussi cet accord de paix qui a été négocié à Alger entre le gouvernement et les mouvements qui se sont levés pour résoudre un problème qui a duré très longtemps », a déclaré Jean-Marc Ayrault avant de rappeler avec insistance que la mise en œuvre de l’Accord pour la paix va nécessiter des reformes, notamment des reformes institutionnelles.

Le chef de la diplomatie française a par ailleurs réaffirmé l’engagement de l’Union européenne à aider le Mali dans ses efforts de sécurité et de développement. A propos de la sécurité, il s’est réjoui du fait que 15 pays soient aujourd’hui engagés au sein de la Mission de formation de l’Union européenne (EUTM) sans compter les 1000 militaires européens qui font partie de l’effectif de la Minusma. « L’Europe soutient non seulement la formation des forces armées et de police maliennes mais elle est également engagée en soutien aux projets de développement économique, social et environnemental. L’essentiel, c’est de réussir le développement. Pour réussir le développement, il faut garantir la sécurité. Et pour garantir la sécurité, il faut que les reformes qui ont été décidées dans l’Accord de paix soient effectivement mises en œuvre. Il s’agit des patrouilles mixtes, de la mise en place des autorités intérimaires pour ensuite organiser les élections, d’apporter aux populations les moyens dont elles ont besoin en matière de santé, d’éducation, de sécurité », a-t-il dit.


Évoquant la lutte contre le terrorisme, le ministre des Affaires étrangères et du développement international français préconise d’unir les efforts pour venir au bout de cette menace internationale. « … Nous devons tous ensemble, avec le Mali et tous les pays du G5, renforcer notre coopération dans la lutte contre le terrorisme. Le terrorisme n’aime pas les accords de paix. Le terrorisme n’aime pas la réconciliation. Le terrorisme n’aime pas quand un Etat de droit se met en marche pour résoudre les problèmes de la population. C’est pour ça qu’ils veulent déstabiliser le pays. C’est pour ça qu’ils veulent déstabiliser les autres gouvernements de la région. Donc, nous soutenons les efforts du G5, politiquement, matériellement, militairement. En même temps, il faut garantir la paix et la sécurité partout », a analysé Jean-Marc Ayrault en faisant allusion à la situation en Libye pour la qualifier de « désordre libyen ». « Nous soutenons le gouvernement de monsieur Fayed El-Sarraj pour stabiliser la Libye et toute la région qui, bien sûr, a un impact sur tout ce qui se passe ici. Nous voyons tout ce qui se passe dans ce pays : les flux migratoires, les trafics d’armes et de drogue », a-t-il détaillé. 

Par ailleurs, le ministre français estime qu’il faut continuer à faire des efforts pour que la situation de Kidal revienne à la normale. Il a condamné les événements récents qui ont eu lieu dans cette ville en disant que ces manifestations sont le fait des ennemis de la paix. Si la présence de l’armée à Kidal n’est pas aujourd’hui une urgence absolue, le ministre français est d’accord qu’il faut continuer à former l’armée malienne pour qu’elle soit efficace sur le terrain. « Concernant la formation de l’armée, les informations que nous avons reçues du commandant de l’EUTM, le général Werner Albel, sont très prometteuses. Les efforts qui ont été faits sont considérables. Il y a encore du travail à faire pour arriver à une armée complète. Mais l’armée malienne d’aujourd’hui n’a rien à avoir avec celle qui était il y a deux ou trois ans … Le programme de formation de l’Union européenne doit se poursuivre », a-t-il déclaré, ajoutant qu’au-delà de la formation, l’armée malienne a aussi besoin d’équipements lourds comme les avions (déjà un acquis) et les blindés quand on sait que le pays fait face toujours à la menace terroriste.

Après avoir salué l’exemplarité de la coopération entre le Mali et son pays, le ministre des Affaires étrangères allemand a, lui, demandé la mise en œuvre de l’Accord de paix issu du processus d’Alger, gage de la stabilité au Mali. « Nous sommes prêts à soutenir les efforts de paix, de stabilisation et de développement au Mali. Mais la clé de la réussite est entre les mains des Maliens », a déclaré Frank-Walter Steinmeier.

Quant à notre ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, il a remercié ses homologues français et allemand pour l’intérêt qu’ils portent au Mali et à l’Afrique toute entière. Abdoulaye Diop a saisi l’occasion pour saluer l’ensemble des pays européens pour l’accompagnement constant et multiforme qu’ils apportent au Mali dans le cadre de sa stabilité, de son développement et surtout dans le cadre de la mise en mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Après Bamako, les ministres français et allemand des Affaires étrangères se sont rendus à Gao où ils ont rendu hommage aux forces armées maliennes et internationales, notamment la force Barkhane, engagées dans la lutte contre le terrorisme et la stabilisation du nord du Mali. La prochaine étape du périple de la délégation européenne est le Niger.

M. KEITA

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