Conférence annuelle des Agences de développement régional : DES EXPERTS AU SERVICE DES COLLECTIVITES ET DU DEVELOPPEMENT

CONF ANNUELLE AGENCESI

nnovation dans le dispositif institutionnel, les ADR n’ont pas vocation à se substituer aux collectivités, mais à les assister et les accompagner dans l’exercice de la maîtrise d’ouvrage du développement régional et local, dans le respect du rôle de chaque intervenant

 La salle de banquet du Centre international de conférence de Bamako (CICB) a abrité, hier, les travaux de la première conférence des Agences de développement régional (ADR). La cérémonie d’ouverture de ce grand rendez-vous a été présidée par le Premier ministre Modibo Kéïta, en présence de plusieurs membres du gouvernement, des présidents des institutions de la République, des gouverneurs des dix régions, des directeurs généraux et des membres des conseils d’administration des ADR, des représentants des collectivités locales, de la société civile et d’un parterre de partenaires au développement. C’était également en présence d’un invité de marque, le ministre togolais de l’Administration territoriale, de l’Administration et des Collectivités, Payadowa Boukpéssi.

La conférence annuelle des ADR est l’instance suprême de l’orientation de leur action, de contrôle de la qualité de leurs dotations budgétaires, d’harmonisation et de vérification de la pertinence et de la cohérence de leurs modalités d’intervention sur l’ensemble du territoire national, a expliqué le ministre de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, avant de signaler que cette première conférence des ADR ne se penchera que sur le bilan d’ouverture de 9 agences.

Mohamed Ag Erlaf a rappelé que les directeurs généraux ont été nommés par les présidents des conseils d’administration et le maire du district de Bamako en décembre dernier et que les conseils d’administration ont tenu leur première session au cours desquelles elles se sont dotées d’un programme d’activités, d’un budget et d’un plan de recrutement du personnel. Des rencontres d’information des acteurs régionaux sur les missions et attributions des ADR ont été organisées dans toutes les régions et le district de Bamako dans le cadre des Comités régionaux d’orientation, de coordination et de suivi des actions de développement (CROCSAD).

Pour permettre aux ADR de fonctionner, l’Etat leur a alloué en 2015 une dotation initiale de 1,2 milliard de Fcfa. Ces ressources ont essentiellement permis d’acquérir des équipements. Au titre des dotations de fonctionnement de cette année, elles ont reçu chacune 171,4 millions de Fcfa. Afin de formaliser les règles et procédures de gestion administrative, financière et comptable, un manuel des procédures des ADR est en cours d’élaboration. Un dispositif de suivi et d’accompagnement a été mis en place, avec l’appui de certains partenaires techniques et financiers.

L’occasion était également opportune pour le Premier ministre de rappeler que les ADR procèdent de la volonté politique du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta. Modibo Kéïta a insisté sur le fait que le développement national ne peut réussir que lorsqu’on réussira le développement local et régional. Le chef du gouvernement est revenu sur la dualité agressive entre le centre d’un cercle et sa périphérie. « Quand vous voulez dessiner un cercle, c’est le centre qui souffre de la morsure de la pointe du compas mais une fois le cercle formé, le centre commence à pleurer parce qu’on l’aura oublié au profit de la périphérie, de la circonférence qui focalise notre attention. Je puis donc vous dire, mesdames et messieurs les membres du gouvernement, que ce serait mieux d’accepter un sacrifice pour investir de votre confiance les acteurs locaux. Qu’il n’y ait donc pas de concurrence entre l’administration centrale et l’administration déconcentrée », a-t-il préconisé.

Le Premier ministre a aussi expliqué que les ADR devaient fonctionner comme des bureaux d’études. A cet effet, elles doivent être constituées de personnes ressources capables de conseiller les collectivités dans le cadre de la maîtrise d’ouvrage. Dans le cadre d’une complémentarité avec les collectivités, les agences peuvent apporter non pas que leur assistance technique, mais des conseils pour un seul objectif : le développement du pays.

Le développement, a estimé le Premier ministre, ne saurait se concevoir sans l’amélioration des conditions de vie et d’existence des populations. Une grande capacité de communication est donc nécessaire pour impliquer tout le monde dans le développement local. « Il faudra donc trouver les moyens de boucler le circuit économique dans le village », a-t-il conseillé. En langage simple, Modibo Keita notera que si un forgeron fabrique des dabas, il doit pouvoir les vendre dans le village. Les habitants de ce village ne doivent pas être obligés d’aller acheter des dabas ailleurs.

C’est dans cette perspective que le ministre Mohamed Ag Erlaf se devrait de tracer le contour des missions des ADR, a indiqué le chef du gouvernement pour qui les agences n’ont pas vocation à se substituer aux collectivités, mais à les assister et à les accompagner dans l’exercice de la maîtrise d’ouvrage du développement régional et local, dans le respect du rôle de chaque acteur.

Rappelons que c’est le maire de la Commune III du district, Abdel Kader Sidibé, en sa qualité d’hôte de l’événement, qui a pris le premier la parole pour souhaiter la bienvenue aux participants venus de tout le pays. La création des ADR est une innovation dans le dispositif institutionnel qui a été favorablement accueillie par les collectivités lesquelles, assure-t-il, réaffirment par sa voix leur pleine adhésion. Selon l’édile, la problématique du développement local interpelle tous les acteurs qui ont marqué leur intérêt en empruntant ce nouveau train du développement.

Abondant dans le même sens, le président du conseil régional de Ségou, président de l’Association des régions du Mali (ARM), Siaka Dembélé, jugera que cette conférence constitue un temps fort dans le calendrier de mise en place des ADR. Elle offre, selon lui, l’occasion de discuter de l’approfondissement du processus démocratique et de décentralisation. Les expertises et les conseils qui seront formulés au cours de cette rencontre contribueront à enrichir et affiner les actions futures des ADR. Siaka Dembélé a promis le plein accompagnement de son association. Le président du Haut conseil des collectivités, Mamadou Satigui Diakité, a rappelé que son institution a déjà engagé des initiatives pour accompagner les ADR par l’organisation d’ateliers d’échanges et de voyages d’études pour mieux appréhender la question. Il a invité les collectivités à s’impliquer en vue d’aider les ADR à les assister dans l’exercice de la maîtrise d’ouvrage.

A. O. DIALLO

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