Forum de Bamako : DE BONNES RAISONS DE CROIRE EN L’AFRIQUE

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La transformation structurelle, le développement macro-économique, ou encore la mise en place de politiques monétaire et fiscale constituent cependant des préalables pour l’émergence du continent

Les rideaux sont tombés samedi sur les travaux de la 16è édition du Forum de Bamako. La cérémonie de clôture était présidée par le président et initiateur du Forum, Abdallah Coulibaly, en présence du Pr Alioune Sall, invité d’honneur de la rencontre. Durant trois jours, les participants venus d’Afrique et d’ailleurs dont de grands chercheurs et universitaires, des représentants du monde de la finance et du secteur privé, des étudiants, etc., ont échangé sur divers thématiques se rapportant au thème central de la rencontre à savoir : « l’Afrique entre chaos et émergence ».

A travers 9 panels, la rencontre a pu passer en revue toutes les entraves au développement du continent noir. Les panels ont planché sur des thèmes comme la migration, les enjeux sécuritaires et économiques, le radicalisme religieux, le chômage notamment celui des jeunes, le développement de l’entrepreneuriat jeune, la qualité des services publics et les liens entre l’Etat et les citoyens, le progrès de l’intégration régionale, le genre, la gouvernance, ou encore les TIC.

Concernant, par exemple, l’opportunité qu’offrent les TIC en Afrique, il ressort que parmi les nombreuses mutations qui permettent au continent de s’imposer comme celui de la croissance figure l’essor de la sphère digitale, synonyme de développement économique et social. Selon Gilles Babinet de Digital Champion de France auprès de la Commissioneuropéenne, « la croissance africaine s’est réveillée avec l’émergence des réseaux de télécommunication ». Le continent est aujourd’hui doté d’un très fort potentiel, tant en termes de nombre d’utilisateurs que d’accès aux offres les plus innovantes, a souligné le conférencier qui a ajouté que c’est pour répondre à de nouvelles habitudes de consommation, ainsi qu’à un besoin de réactivité et d’inter-connectivité que l’ensemble des acteurs économiques sont en train de prendre part à cette révolution.

Les nouvelles technologies en Afrique touchent tous les secteurs d’activités : l’industrie, la finance, les matières premières mais aussi et surtout l’agriculture, la santé, les déplacements, les énergies renouvelables et bien sûr l’éducation. Grâce aux TIC, des perspectives incroyables se dessinent et plus particulièrement en Afrique grâce à deux leviers : l’accès à l’information et les services qu’offre le mobile, a indiqué Gilles Babinet.

Pour lui, le marché est passé à une étape de renouvellement avec l’arrivée des « Smartphones low cost ». La deuxième phase de cette révolution du télécom offrira l’accès à des applications plus inclusives pour des centaines de millions d’utilisateurs.

S’agissant des services qu’offre aujourd’hui le mobile, le plus marquant est le mobile Banking qui a démocratisé l’accès à la bancarisation. Le mobile Banking et les PME sont en train d’intégrer, petit à petit, toutes les couches sociales. De même, de nouveaux marchés s’ouvriront à travers notamment l’assurance, l’épargne ou le micro-crédit. « L’Afrique est le continent le plus avancé en Mobile Banking », a fait remarquer le conférencier.

Il a aussi expliqué que l’émergence des réseaux sociaux en Afrique permet principalement l’échange d’information et donc le contact entre usagers. Cela concerne les entreprises, les particuliers, les organisations avec un accent particulier sur le mode collaboratif. Les TIC sont un outil extrêmement utile pour nos populations en recherche de structuration, de fonds et de bien-être.

Pour le Pr Alioune Sall, le Forum de Bamako a répondu à toutes les attentes car le thème « l’Afrique chaos entre émergence » bien que vaste a permis, en dépit des divergences, aux participants de s’accorder sur certaines approches de développement du continent. Ces approches s’articulent autour notamment de la transformation structurelle, du développement macro-économique, ou encore de la mise en place de politiques monétaire, fiscale, etc., favorables à l’émergence du secteur privé. L’émergence du continent africain passe aussi par la formation, la valorisation des ressources humaines, le développement des infrastructures, la maîtrise des enjeux démographiques. La gouvernance est également une approche importante dans les liens entres les Etats et également entre les Etats et les citoyens, a indiqué le Pr Sall.

Abdallah Coulibaly a remercié les participants au Forum pour la qualité des débats. En sa qualité de président du comité d’organisation du sommet Afrique-France prévu en janvier prochain dans notre pays, il a rappelé que le présent Forum lui a permis de jauger les capacités d’accueil des infrastructures. Il a également remercié tous les partenaires de la rencontre. Rendez-vous a été pris pour la prochaine édition.

B. COULIBALY

Emergence de l’Afrique : PARI SUR LA DIAPORA ET LES ENERGIES RENOUVELABLES

« Quelle contribution de la diaspora africaine : priorités et outils » était le sous thème abordé parles panélistes  du Forum de Bamako sur la question des enjeux sécuritaires de la migration et des changements climatiques. Liévin Feliho, président du Cercle humaniste d’engagement et de réflexion pour l’avenir de l’Afrique (CHERPAA), a expliqué que la diaspora considérée comme la 6è région d’Afrique est appelée à apporter sa pierre pour la renaissance du continent.

«Chaque année, la diaspora envoie environs 40 milliards de dollars à l’Afrique»,a révélé le conférencier. Pour lui, l’impact de cette contribution financière est substantiel dans l’économie de nos pays. Ce potentiel financier doit donc être optimisé au profit de l’Afrique car la diaspora est un acteur de développement. En outre, elle contribue généralement aux débats politiques et aux activités philanthropiques.

Pour capitaliser ce créneau, le conférencier a proposé d’associer la diaspora aux stratégies du continent lui permettant de faire face aux grands défis du développement, notamment dans les secteurs environnemental, sécuritaire, industriel et bien d’autres.

Un des temps forts qui a fortement mobilisé les participants au Forum de Bamako a été l’exposé sur le thème : « l’Energie comme facteur d’intégration régionale et de croissance » présenté par Samba Bathily, président directeur général de Solektra International et président du groupe African Developpement solutions.

Le conférencier a expliqué que « l’énergie renouvelable est la solution pour rehausser le niveau énergétique de l’Afrique ». Créée il y a 6 ans, Solektra international est la société qui met en œuvre le programme « Akon Lighting Africa » du chanteur sénégalo-américain Akon. Le but du programme est d’électrifier les zones rurales et périurbaines du continent à travers la technologie solaire. Le programme a déjà installé des dizaines de milliers de lampadaires, de kits individuels et collectifs dans 15 pays africains.

Le conférencier a soutenu que l’Afrique doit opter pour l’énergie solaire qui est la solution énergétique à moindre coût. « Pour mettre en place un barrage, entre l’étude et le premier coup de pioche, on peut prendre 10 ans, alors qu’avec ses énergies renouvelables en 6 mois, on peut dérouler un projet. Nous avons déjà fait l’essai et nous avons réussi à électrifier près de 380 localités dans des pays, en 6 mois seulement »,a assuré Samba Bathily.

Dans le cadre de l’intégration, le conférencier a exhorté les Etats africains à mener la réflexion pour mettre en place des grands projets structurants, qui permettront de renforcer les énergies mixtes (hydroélectricité, Power génération). Il a réitéré la volonté du programme Akon Lighting Africa à continuer le travail.

Solektra international a obtenu auprès des banques une ligne de crédit de 1 milliard de dollars (environ 500 milliards de Fcfa) dont un prêt de 470 millions de dollars (235 milliards de Fcfa) a été mobilisé. « Dans trois semaines, nous allons utiliser pour le Mali, 7 millions de dollars (3,5 milliards de Fcfa) d’aide supplémentaire, pour un projet qui va commencer dans deux mois », a annoncé le patron de  Solektra International.

Dans le cadre de l’intégration, Solektra international travaille avec des structures sud-africaines, pour pouvoir mettre en place un réseau de transport d’énergies. La réalisation du barrage de Kaneta en Guinée illustre ce type de partenariat. « Malgré les obstacles, nous avons réussi au bout de 8 mois, à installer le projet qui coûte de 101 millions de dollars (50,5 milliards de F cfa) », s’est félicité le conférencier.

En perspective, Solektra international envisage un autre projet en collaboration avec la CEDEAO. Ce projet d’un coût de 25 milliards de dollars vise à favoriser tout ce qui est l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique en Afrique de l’ouest.

B. C

 

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