Festival : LA CULTURE DOGON FAIT MERVEILLE SUR LES RIVES DU DJOLIBA

une festiLa 1ère édition du Festival de la culture dogon s’est déroulée le week-end dernier (du 29 au 31 janvier). Pour l’occasion, c’est la berge du fleuve Niger, ancienne place du monument du Cinquantenaire, qui a accueilli les représentations de la culture dogon. Ce festival organisé par l’association Ginna dogon, était parrainé par la ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo.


Le président du Ginna dogon, Mamadou Togo, a expliqué que l’organisation du festival dans la capitale répondait à de nombreuses sollicitations qui souhaitaient voir un tel évènement de la culture dogon faire le voyage de Bamako. Cet événement dans la cité des trois caïmans permet, de son point de vue, de combler un vide. Il a, pour commencer, expliqué l’assistance la place et l’importance du Toguna dans la culture dogon. « Le Toguna prend sa source au Mandé et constitue une institution et un habitat, un patrimoine culturel, un centre d’information et d’enseignement et aussi un lieu de culte », a détaillé le président du Ginna dogon.
La ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a salué l’initiative de l’association de faire découvrir de nombreux pans de la riche et pittoresque culture dogon sur les rives du Djoliba. Ginna dogon donne ainsi la possibilité à beaucoup de personnes de s’imprégner de cette culture emblématique de notre pays sans se rendre à Bandiagara ou à Bankass.
Soulignant le rôle et la place de la culture dans notre société, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo a constaté que « nos cultures nous offrent des perspectives de certaines libertés que d’autres ont du mal à comprendre ». Elle se référait ainsi aux liens séculaires qui existent entre les différentes ethnies. Des liens tissés au fil des âges pour rendre possible et agréable le vivre ensemble des communautés. « Nous avons un riche patrimoine culturel, une culture en partage qui, depuis des siècles, a bâti les sentiers du vivre ensemble », soulignera-elle, notant : « la culture est un vecteur de paix ».
Le festival a permis de braquer les projecteurs sur le riche artisanat dogon. Les participants ont pu aussi assister à une compétition de lutte qui s’est étendue sur trois jours. Des conférences-débats ont été animées par d’éminents historiens comme Bakary Kamian pour éclairer le public sur la genèse de ce peuple qui vit dans les falaises.
Les spectateurs ont pu mesurer, qu’à Bandiagara, la prestigieuse tradition sociale se traduit par des cérémonies rituelles de dons aux ancêtres à travers des sacrifices aux différents masques.
Rappelons que les Dogons sont connus pour leur cosmogonie complexe et leur style de vie austère et dépouillé. Grands agriculteurs, ils vivent essentiellement aux pieds des falaises de Bandiagara. Le pays dogon est situé au centre du Mali, dans la cinquième région administrative. Grâce à son aspect pittoresque et à sa riche culture, le pays dogon était l’un des sites touristiques les plus visités de la sous-région avant l’éclatement de la crise sécuritaire.
Pour Imbé Togo, l’un des conférenciers, nous devrions revoir le fondement de la famille à travers une éducation qui n’occulte plus nos valeurs sociétales. Il a prôné à ce propos la revalorisation des écoles traditionnelles de formation comme le Sigui chez les Dogons, les cérémonies de circoncision qui constituent une excellente école pour apprendre aux enfants le droit d’aînesse, le respect des autres et de la parole donnée, le sens de la responsabilité, le défi et l’honneur. « Nous devrions nous servir de notre histoire pour construire notre présent et notre futur car la construction d’une nation se fait perpétuellement. Nos ancêtres ont fait d’énormes sacrifices pour que cette nation malienne survive. Nous nous en glorifions. Est-il suffisant aujourd’hui de vivre uniquement de ce passé ? Non ! Nous devons dignement apporter notre pierre à l’édification nationale », a-t-il préconisé.
Imbé Togo a conseillé également de recourir au dialogue et à la concertation en mettant à contribution les parents directs ou proches, les communicateurs traditionnels (nyamakalaw) et modernes (journalistes). Pour lui, il ne faut jamais négocier et signer des accords en lieu et place des autres mais prendre en compte l’avis de toutes les couches, mêmes des minorités. Ne jamais imposer des accords à des communautés contre leur gré. Utiliser toujours des modes de gestion de conflits ou de réconciliation qui ne frustrent aucun groupe.
Les différents conférenciers se sont accordés sur la création d’un observatoire des conflits ou des rebellions dans les différentes régions du Mali, appuyé par des cellules de veille au niveau de nos communes et cercles en impliquant largement la société civile et en redynamisant la synergie entre élus-chefs coutumiers-nyamakala.
Après la résolution d’un conflit, ont-ils recommandé, il faut faire adhérer et soutenir l’instauration d’un moratoire de dix ans sans conflit et toujours installer un mécanisme de suivi des différentes résolutions.
Y. DOUMBIA

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