Assemblée nationale : LE PLAT DE RÉSISTANCE AVEC LA LOI DES FINANCES

ANLe budget qui est en nette augmentation accorde une part importante aux dépenses sécuritaires et à l’investissement, principalement dans le secteur des infrastructures

La loi des finances 2016 était l’objet de la plénière d’hier de l’Assemblée nationale. La loi de finances ou budget d’Etat est le document qui détermine les ressources et les charges de l’État au cours d’une année.

Pour 2016, le budget se chiffre à 1 828 106 237 000 Fcfa pour les ressources et à 2 002 872 604 000 Fcfa pour les charges, soit un déficit prévisionnel de 174 767 367 000 de Fcfa. Comparativement aux ressources budgétaires de 2015 qui s’élevaient à 1 757, 296 milliards, celui de 2016 connaît une augmentation de 70,855 milliards soit un taux d’accroissement de 4,03%.

Toujours par rapport à l’exercice 2015, les charges elles, connaissent une augmentation de l’ordre de 6,4% par rapport à celles de l’exercice précédent soit un apport de 121,705 milliards de Fcfa.

Du rapport de présentation du budget, il ressort que l’an prochain, le ministre de l’Economie et des Finances a prescrit une diminution du budget de fonctionnement et augmenté celui des investissements.

Ce budget a été conçu à un moment où notre pays fait face à plusieurs défis tels que l’insécurité et le rétablissement du tissu économique fortement ébranlé par la crise même si la situation économique nationale reste satisfaisante. C’est pourquoi, il accorde une part importante aux dépenses sécuritaires et à l’investissement principalement dans le secteur des infrastructures.

Toujours selon le rapport, les perspectives macroéconomiques du Mali s’annoncent favorables en raison du rétablissement progressif de la sécurité et des efforts entrepris par le gouvernement notamment, dans le secteur agricole et des bonnes perspectives de l’environnement économique international .

La croissance du PIB réel attendu en 2015 est de 5,0% contre 7,2% en 2014. L’inflation devrait se maintenir en dessous de la norme communautaire de 3% et se situerait à 1,7% en 2015 contre 0,9% en 2014.

Les finances publiques ont été marquées par la modification de la loi des finances initiale de 2015 en vue de prendre en compte essentiellement les indices financiers de la Loi d’orientation et de programmation militaire, du protocole d’accord avec l’UNTM et les mesures d’urgence de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. En conséquence, le déficit budgétaire de base visé serait de 0,7% du PIB et le déficit global, dons compris, est attendu à 0,5% du PIB contre respectivement 1,5% et 2,9% en 2014.

Les prévisions budgétaires de 2016 sont établies sur la base d’une prévision de croissance économique de 6,0% en 2016 contre 5,1% en 2015. Quant à l’inflation elle serait de 2,3% contre 1,7% en 2015.

Les objectifs de la politique budgétaire sont tributaires des engagements pris dans le cadre du programme économique avec le FMI et les organisations régionales d’intégration économique (UEMOA et CEDEAO). Compte tenu de ces contraintes, la politique budgétaire vise un objectif de base de 0,9% du PIB en 2016 contre 0,7% en 2015 et un objectif de déficit budgétaire global de 4,1% en 2016 contre 5,0% l’année précédente.

Les auteurs du rapport de présentation estiment que le projet de loi des finances est pertinent en ce sens qu’il se situe dans la même dynamique que le budget rectifié 2015 qui a pris en charge les priorités du gouvernement.

Dans la partie analyse du document, il est indiqué que les objectifs d’allocation budgétaire s’inscrivent dans le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP 2012-2017) et le Programme d’action du gouvernement (PAG). Cela, pour concrétiser les piliers de la Déclaration de politique générale du Premier ministre qui visent à assurer la sécurité des personnes et la protection de leurs biens dans un environnement de paix ; à améliorer les conditions de vie et d’existence de nos compatriotes et promouvoir la justice et l’équité.

Pour la mise en œuvre de ces orientations, il est envisagé d’améliorer l’efficacité des dépenses. A cet égard, le budget 2016 met l’accent sur, d’une part, les dépenses visant la consolidation et l’accélération de la croissance économique et d’autre part, sur celles visant à soutenir et relancer cette croissance économique.

Après la présentation du budget, les débats ont commencé en début de soirée et se sont poursuivis tard dans la nuit. Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.

L. ALMOULOUD

You are here: Home News Assemblée nationale : LE PLAT DE RÉSISTANCE AVEC LA LOI DES FINANCES