Aéroport de Bamako Sénou : AU NOM DE LA SÉCURITÉ

Sécurité aéroportLes intervenants misent sur la coordination et la synergie d’action pour prévenir les menaces

L’attaque terroriste du 20 novembre contre l’hôtel Radisson Blu a tout naturellement poussé les pouvoirs publics à resserrer encore plus les boulons dans la sécurisation des lieux classés comme sensibles dans notre pays, et particulièrement dans la capitale. Parmi ceux-ci se trouve l’aéroport de Bamako Sénou. Ici, plusieurs catégories d’acteurs collaborent dans le cadre de la sécurité et de la sûreté aéroportuaires sous la coordination de la Direction générale des aéroports du Mali. Il s’agit, entre autres, de la police de l’air et des frontières, de la gendarmerie nationale, de l’armée de l’air et de la douane. Chaque unité intervient dans son domaine, mais avec le souci constant de placer ses actions sous le signe d’une coordination nécessaire et indispensable avec les autres protagonistes.
Le premier filtre est constitué par le check-point installé à 500 mètres de l’entrée principale de l’aéroport. Là, les éléments de la gendarmerie procèdent à une fouille minutieuse des véhicules. L’exercice par le soin mis à le remplir crée souvent une longue file de voitures, mais il n’entraine aucune protestation de la part des conducteurs et de leurs passagers. Tous, prévenus à l’avance de ce qui les attend, coopèrent volontiers. Autre manifestation de la discipline nouvelle à laquelle se soumettent les usagers, la disparition des attroupements de personnes, désormais interdits dans l’aéroport.
Bien avant les événements du 20 novembre, la police de l’air et des frontières chargée de la sécurisation côté ville a mis en place cinq postes de garde statique. Ici, les éléments veillent 24 heures sur 24 sur l’entrée des passagers dans l’aéroport ainsi que sur leur accès à l’enregistrement, à la salle d’embarquement et à la piste. Aux mesures en vigueur auparavant, la police ajouté une nouvelle, les patrouilles pédestres dans les parkings, les alentours des bâtiments et autres lieux de l’aéroport pour détecter d’éventuels suspects. « Ces patrouilles sont faites au départ et à l’arrivée de chaque vol. Nous mettons un accent particulier sur l’échange de renseignements et le renforcement de la brigade de recherche », a indiqué l’inspecteur de police Mamadou Noumoko, qui remplit la fonction de superviseur. Il explique que chaque fois que la police tombe sur un individu un tant soit peu équivoque, celui-ci est immédiatement interpellé pour vérification.
Dans le cadre de l’immigration, la police de l’air a été dotée du système informatique PSIC qui permet d’enregistrer les données des passagers à l’arrivée et au départ. Il permet également d’appréhender les individus faisant l’objet de recherches, même en cas de changement de nom. « C’est un système très efficace dans la lutte anti-terroriste et l’usage de faux documents, car il permet de photographier et de prendre des empruntes digitales », a expliqué notre interlocuteur.

ÊTRE EN ALERTE. Dans le cadre de lutte anti terroristes et contre la perpétration d’actes illicites, la police a été également dotée de postes d’inspection filtrage qui permettent un contrôle pointu non seulement des passagers et des bagages, mais également des travailleurs de l’aéroport. « Nous sommes sur le qui vive. Car l’aéroport est une cible potentielle pour les terroristes. Donc toutes les mesures doivent être prises pour éviter des actes aux conséquences néfastes pour notre pays », a indiqué Noumoko qui précise que la direction générale de la sécurité d’Etat veille également au grain.
La Cellule aéroportuaire anti-trafic (CAAT) chargée de la détection de la drogue et des explosifs a, elle aussi, renforcé son dispositif de surveillance. Structure intelligente, elle intervient sur l’ensemble de la plate-forme pour débusquer tous ceux qui font entorse à la loi dans l’aéroport. Depuis l’attentat contre le Radisson Blu, la CAAT se fait aider par l’unité cynophile de la gendarmerie nationale. « Les chiens renifleurs procèdent à des vérifications sur les bagages, les passagers et le fret 24 heure sur 24 », a expliqué le chef de la CAAT, le capitaine Alhader Yoro Maïga qui a aussi indiqué que ses agents peaufinent constamment leurs analyses comportementales des passagers.
Le Mali en tant que pays membre de l’Organisation internationale de l’aviation civile a toujours respecté ses engagements internationaux en matière de sécurité et de sûreté aéroportuaire. « Notre mission principale est de maintenir l’état d’opérationnalisation et de protéger les usagers face aux différents types de menace. Depuis le 20 novembre, nous avons relevé notre niveau de sécurité », expliqué le chef service de sécurité et sûreté des aéroports du Mali, Mamadou Gadiaga.
La direction a renforcé la surveillance pour éviter les attaques sur la plate-forme et pour protéger les personnes qui arrivent à l’aéroport. Elle a aussi renforcé les fouilles des véhicules à l’entrée de l’établissement. « Nous avons faits des communiqués et donné des instructions afin que les usagers et tous les autres acteurs travaillent à sécuriser Bamako Sénou », a expliqué notre interlocuteur pour qui il est important de prévenir les menaces terrestres et de prendre des mesures pour minimiser les éventuels dégâts. « Il n’y a pas de risque zéro. Cela étant admis, il faut prendre les dispositions pour réduire la possibilité d’incidents », a indiqué Gadiaga
Toujours dans le cadre de la sécurité et de la sureté aéroportuaire, Bamako Sénou se soumet régulièrement aux audits des instances internationales compétentes, a indiqué notre interlocuteur qui demande aux passagers d’être en alerte et d’observer les règles de sécurité. Ce qui est attendu comme efforts premiers du citoyen lambada est au fond assez simple : établir son agenda de voyage en prenant en compte le temps de fouille et de contrôle des véhicules et réduire le nombre d’accompagnateurs. L’acceptation de ces précautions préalables constitue déjà un pas dans la bonne direction.

B. COULIBALY

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