Journées minières et pétrolières : OPTMISER L’APPORT DE L’INDUSTRIE EXTRACTIVE À L’ÉCONOMIE NATIONALE

JMP 1L’enjeu pour le gouvernement est de faire en sorte que le secteur minier puisse contribuer de manière significative et durable à la croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie et d’existence de nos populations

Le centre international de conférences de Bamako (CICB) abrite depuis hier et pour trois jours, la 6 ème édition des journées minières et pétrolières.
C’est le Premier ministre, Modibo Keita qui a présidé la cérémonie d’ouverture en présence du ministre des mines, Dr Boubou Cissé, de plusieurs membres du gouvernement, du commissaire chargé du commerce et de l’industrie de l’Union africaine, Fatima Haram Acyl. Le maire de la Commune III, Abdoul Kader Sidibé, le président de la Chambre des mines du Mali (CMM), Abdoulaye Pona et plusieurs autres responsables des services et structures publics et privés, entreprises évoluant dans le vaste domaine était également présents. On notait également la présence très remarquée des représentants des corps diplomatique et consulaire ainsi que celle des représentants des organisations financières sous régionales, régionales et internationales.
Pour cette 6ème édition, l’événement s’est choisi un thème de réflexion assez original et surtout en phase avec les défis du pays « Accroitre la contribution du secteur minier à l’économie du Mali » qui répond bien à des interrogations majeures que se posent les autorités du pays face au double défi de la croissance et de la relance économique : comment optimiser l’apport de l’industrie extractive à l’économie nationale, comment développer des opportunités d’investissements dans le secteur minier ainsi que des initiatives visant à promouvoir l’infrastructure et les énergies tels sont les défis du secteur minier. Autre préoccupation de taille, c’est comment faire du secteur minier le moteur du développement socioéconomique du Mali.
3ème producteur d’or en Afrique après l’Afrique du Sud et le Ghana, avec une production moyenne annuelle de plus de 50 tonnes d’or par an, le paysage minier malien est riche d’une dizaine de mines d’envergure internationale.
Les présentes journées constituent donc la 6ème édition d’une initiative née en 2005 et qui est devenue un rendez-vous incontournable pour les opérateurs et autres acteurs nationaux et étrangers du secteur minier. La rencontre vise à promouvoir le secteur minier national à travers des échanges d’expériences autour des questions essentielles au développement de l’activité extractive. La centaine de participants dont certains venus d’Europe et d’Amérique plancheront sur l’intégration du secteur minier dans le tissu économique national en général et dans celui local en particulier.

254,3 MILLIARDS FCFA. Dans ses mots de bienvenue, le maire de la commune II a rappelé le rôle fondamental du secteur minier dans le développement économique et social du pays. « Cet événement est sans doute d’une des plus importante activité de relance économique organisé dans notre commune. Riche de ses potentialités minières, le Mali se relève et est plus que jamais déterminé à relancer son développement. Cette rencontre est donc porteuse d’espoir pour nos populations en quête ardente de développement économique » a indiqué Abel Kader Sidibé.
Le ministre des Mines a rappelé toute l’importance de ce rendez-vous célèbre dans l’agenda des opérateurs miniers et surtout au moment où notre pays vient de signer l’Accord pour la paix et de réconciliation issu du processus d’Alger. Une étape qui ouvre des perspectives qui permettront la poursuite de l’effort de développement et la consolidation des acquis en libérant le dynamisme et l’inventivité de notre peuple. « Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita disait : « Nous construirons une économie plus forte, structurellement plus robuste, en progrès constant, mieux à même de répondre à nos désirs d’épanouissement, à nos exigences de promotion individuelle et collective, bref, une économie orientée vers l’émergence ». Cette vision a été traduite au département en charge des Mines en un programme. Ainsi sur le plan interne, le premier défi, d’ordre sécuritaire a connu une évolution positive. Le second défi en rapport avec les données spécifiques du secteur minier, à savoir les mines d’or qui arrivent à l’expiration de leur durée de vie ou qui sont à rendements décroissants, a été maitrisé grâce à la conjugaison des efforts du gouvernement et des partenaires privées qui ont décidé d’investir pour prolonger la durée de vie des vieilles mines et exploiter des mines à rendements décroissants », a t-il indiqué.
Cependant, reconnait, le chef du département des Mines, sur le plan externe, le secteur connaît sur les marchés mondiaux une tendance baissière continue depuis 2013. Ainsi, les cours du pétrole, du fer ont baissé de plus de la moitié, tandis que celui l’or, après avoir atteint des sommets de l’ordre de 1700-1800 dollars l’once en 2012, a atteint son niveau le plus bas aujourd’hui. « Cette conjoncture internationale difficile a rendu la situation de certaines entreprises évoluant dans notre pays particulièrement précaires. Malgré ces défis internes et externes, le secteur minier a rempli son rôle de pourvoyeur de devises et de recettes fiscales. La valeur totale des exportations est restée dans la fourchette des années précédentes passant de 768,6 milliards Fcfa en 2011 à 952,6 milliards en 2012 pour se situer à 863 milliards Fcfa. Sa contribution dans le budget de l’Etat se situe toujours aux environs de 25% des recettes hors emprunt et dons, soit 243,3 milliards en 2013 et 254,3 milliards en 2014. Les prévisions annoncent une recette de 275,3 milliards Fcfa en 2015 », a précisé Boubou Cissé.

DES INVESTISSEMENTS OPTIMISES. Le ministre des Mines a salué les investisseurs pour leur confiance renouvelée à la destination Mali, malgré des difficultés certaines qui frappent le secteur dans son ensemble. « Pendant que les grandes multinationales du secteur minier ferment des mines en activité à travers le monde, réduisent le rythme de leurs productions ou ralentissent fortement les programmes d’exploration et de recherche, cette grise mine n’a pas eu le visa d’entrée au Mali. Bien au contraire, les sociétés opérant au Mali ont même procédé à des investissements, à l’établissement des programmes d’optimisation des techniques de production pour exploiter de façon économique des mines à faible rendement et prolonger leur durée de vie », s’est t-il félicité.
C’est en langue bambara que le Premier ministre a débuté son allocution. Cet événement est l’occasion de rendre un hommage particulier aux hommes et femmes des mines qui ont dédié leur vie aux mines a t-il dit. « Ces gens méritent tout notre respect parce que ceux qui cherchent de la richesse souterraine vivent de leur courage, de leur patience et surtout de leur abnégation et de leur assiduité. Un rendez-vous devenu une tradition depuis 2006 et qui, au fil du temps, s’est révélé être une véritable plateforme de contacts, d’échanges, de promotion où décideurs et professionnels des mines et du pétrole se retrouvent pour mesurer l’apport des industries extractives dans le développement socio-économique de notre pays et envisager ensemble son avenir. Je tiens à vous dire combien j’apprécie cette occasion de pouvoir vous rencontrer, vous les professionnels du secteur minier et pétrolier de même que tous ceux qui concourent à son rayonnement. Ces échanges, j’en suis sûr permettront de rendre, la coopération entre le gouvernement et les principaux intervenants du secteur, plus efficace», a t-il indiqué.
Modibo Keita rappellera que ces journées se tiennent dans un contexte de sortie de crise pour notre pays, où les attentes des différentes couches de notre population sont très fortes et pressantes. « En organisant ces journées minières et pétrolières, l’enjeu pour le gouvernement est de faire en sorte que le secteur minier puisse contribuer de manière significative et durable à la croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie et d’existence de nos populations. D’où le thème retenu pour cette 6ème édition est « Accroître la contribution du secteur minier à l’économie nationale » qui est en adéquation avec la vision déclinée par le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta dans son projet de société et de la vision minière africaine adoptée en février 2009 par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine pour une «exploitation transparente, équitable et optimale des ressources minérales, apte à soutenir une croissance durable et un développement socio-économique généralisé », a t-il développé.
Durant trois journées les acteurs du secteur minier de notre pays s’attèleront à répondre à certaines questions fondamentales liées à l’avenir même des exploitations minières dans notre pays. La centaine d’entreprises minières et sociétés intervenantes directement ou indirectement dans l’industrie minière exposeront également leur savoir-faire dans le salon d’exposition organisé à l’occasion.

D. DJIRE

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