Ibrahim Boubacar Keita au Medef : LE MALI, PAYS DE BONNES AFFAIRES

MEDEF 1Notre pays possède d’énormes potentialités pour l’exploitation desquelles les hommes d’affaires maliens et français sont appelés à nouer des partenariats. Une forte volonté politique les assistera

Il s’agit sans doute de l’un des événements économiques majeurs pour notre pays cette année. Dans le cadre de sa visite d’État à Paris, le président Ibrahim Boubacar Keita a rencontré hier les membres du Mouvement des entreprises de France (Medef), l’organisation qui regroupe les patrons français. Le chef de l’État était accompagné tout naturellement d’une centaine d’hommes d’affaires maliens qui ont pu discuter avec leurs homologues français de la relance et du développement économique du pays.
Côté français, on notait la présence de Patrick Lucas, vice-président du Medef et président des comités Afrique, ainsi que de Muriel Pénicaud, directrice de Business France et ambassadrice déléguée aux investissements internationaux de la France. Étaient également présents de nombreux patrons français ainsi que des responsables des structures françaises en charge de la promotion des investissements. Les opérateurs économiques maliens étaient emmenés par le tout nouveau président du patronat, Mamadou Sinsi Coulibaly, qui avait à ses côtés notamment le président de la CCIM, Youssouf Bathily, le président du Conseil malien des transporteurs, Youssouf Traoré, le président de la Chambre des mines, Abdoulaye Pona, et le président du Conseil malien des chargeurs, Babalaye Daou. Le président de l’Organisation patronale des industries, Cyril Achcar, le président de l’Association des professionnels des banques et établissements financiers, Moussa Alassane Diallo, ainsi qu’une centaine d’autres opérateurs économiques et hommes affaires maliens étaient présents dans la prestigieuse amphithéâtre du Medef.

REDYNAMISER LA COOPERATION ECONOMIQUE. La crise que traverse notre pays a sérieusement mis à mal l’activité économique et le tissu social. L’heure est donc à la relance de l’économie. Pouvoirs publics et partenaires étrangers sont, par conséquent, mobilisés pour mettre en place des stratégies et des outils appropriés à une mise en œuvre adéquate des politiques et programmes de relance. La rencontre avec les hommes d’affaires français conforte cette dynamique dans laquelle notre pays s’est engagé depuis la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation en mai et juin derniers.
Patrick Lucas et Muriel Pénicaud ont rappelé les liens économiques historiques entre le Mali et la France. Patrick Lucas a précisé que 125 sociétés et filiales françaises évoluent déjà dans notre pays dans divers domaines tels que la téléphonie, les BTP, les technologies, l’agro-industrie et que plus de 10% de nos importations proviennent de la France. Cependant, il a dénombré des contraintes à l’expansion des entreprises françaises dans notre pays. Celles-ci ont pour noms : problèmes de permis de construire, problèmes énergétiques, fiscalité élevée, etc.
Muriel Pénicaud assurera, elle, les hommes d’affaires maliens du grand intérêt des investisseurs internationaux en général et français en particulier. Cette rencontre, dira-t-elle, permettra surtout aux entrepreneurs français de mieux connaître les opportunités au Mali afin de mieux ficeler leurs offres précises.
Pour le vice-président du patronat malien, Seydou Mamadou Coulibaly, cette rencontre traduit le renforcement de la coopération économique bilatérale entre le monde des affaires des deux pays. « Il s’agit pour nous de promouvoir la destination Mali et surtout les secteurs clés de l’économie malienne à savoir les mines, l’agriculture, élevage, et de présenter à nos homologues français les potentialités du Mali et, pourquoi pas, signer des contrats avec les entreprises françaises. Notre pays a aujourd’hui entrepris des reformes courageuses qui permettront de moderniser et d’adapter notre secteur de l’investissement aux normes internationales », a-t-il assuré avant d’inviter les entrepreneurs français à développer avec leurs collègues maliens un partenariat économique fructueux.
Le directeur des opérations de la Banque mondiale au Mali, Paul Noumba Um, a félicité notre pays pour le chemin parcouru dans la stabilisation et le retour de la paix. « Cet élan amorcé par le pays doit être consolidé par la relance économique qui constitue une priorité fondamentale du gouvernement malien. Cette relance économique passe par un secteur privé dynamique. Nous devons nous mobiliser pour répondre aux attentes des populations maliennes et principalement des jeunes. En effet, plus de 200.000 jeunes maliens arrivent chaque année sur le marché du travail et seulement 10% sont absorbés par le secteur formel de l’emploi et le reste est soit sous-employé, soit au chômage. Et le chômage endémique des jeunes est le principal défi qu’il nous faut surmonter. Cependant seul un secteur privé fort et créateur d’emplois peut aider le pays à relever ce défi », a-t-il développé en invitant les investisseurs français à s’intéresser au potentiel malien.
L’expert de la Banque mondiale a situé les besoins de financement pour une relance économique effective de notre pays à plus de 2.350 milliards de Fcfa. « La transformation de la structure économique malienne passe essentiellement par la promotion du secteur privé, le développement du potentiel agricole, l’amélioration de la productivité des secteurs essentiels de l’économie et le développement d’une industrie de transformation. Le Mali a donc besoin de l’accompagnement de tous ses partenaires économiques pour relever ce défi », a-t-il plaidé.

SECTEURS STRUCTURANTS. Très imprégné des réalités économiques du Mali, l’ambassadeur de France, Gilles Huberson, a livré un solide plaidoyer pour attirer les investisseurs potentiels. « Le Mali est résolument engagé sur la voix de la stabilisation et de la paix. Dans les circonstances actuelles, les grands acteurs de l’économie que sont les entreprises, peuvent aider le pays à se relancer, d’où la forte mobilisation des plus hautes autorités dans la recherche d’investisseurs nationaux et internationaux pour financer les grands projets prioritaires. Pour accompagner cet effort de mobilisation des investisseurs, les entreprises françaises sont fortement sollicitées et doivent être là, aux côtés de leurs homologues maliens, pour développer les opportunités d’investissements. De quoi donner un nouveau souffle à la coopération économique entre le Mali et la France. Les entreprises françaises, fortes de leur expérience dans le domaine des infrastructures de développement en Afrique, ne doivent pas hésiter à s’engager sur les projets présentés. Ces engagements se traduiront par le renforcement de la présence des entreprises françaises dans le développement économique du Mali», a souligné le diplomate français.
Le ministre de la Promotion des Investissements et du Secteur privé, Me Mamadou Gaoussou Diarra, a, lui aussi, développé un argumentaire pour « vendre » la destination Mali. Il rappellera à cet effet que notre pays abrite une grande variété de conditions climatiques qui favorisent une large gamme de productions agricoles. Malgré ces atouts, nous importons encore une grande quantité de produits agroalimentaires qui pourraient être produites localement. Et pour plusieurs produits, la transformation et la valorisation ne peuvent être étendues faute d’infrastructures industrielles adaptées. En fait, l’agro-industrie dans notre pays, comme dans la sous-région, est pour ainsi dire, inexistante ou à l’état embryonnaire. En conséquence, chaque année, les zones de fortes productions connaissent d’énormes pertes après les récoltes, atteignant, dans le cas des denrées agricoles périssables comme les fruits et les légumes, une moyenne de 35 à 50% de la production réalisable totale, et entre 15 et 25% en ce qui concerne les céréales.

« C’est pourquoi, la création et la promotion d’une industrie alimentaire performante sont considérées comme fondamentales pour le développement économique de notre pays. Les agro-industries peuvent promouvoir l’industrialisation et l’emploi urbain », a-t-il encore argumenté.
Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, exprimera sa joie de pouvoir parler des potentialités du pays devant ce partenaire de patrons français et maliens réunis autour de la relance et de la promotion du secteur privé. Il a résumé l’objet de la rencontre en une phrase : « Comment aider le Mali à avancer à travers la promotion des affaires ». Pour répondre à cette question, le chef de l’État a rappelé que les affaires prospèrent surtout dans un climat de paix. « Et j’ai le devoir régalien de faire ce travail de paix et de stabilité dans mon pays », a rappelé Ibrahim Boubacar Keita qui a souligné les potentialités économiques énormes qui pourront être exploitées grâce à un partenariat fécond entre le monde des affaires des deux pays.
Ibrahim Boubacar Keita a souligné la disponibilité absolue du secteur privé malien à développer ce partenariat pour le plus grand bonheur de l’économie des deux pays. « Le Mali ne revient pas. Le Mali est là », a-t-il assuré.
La rencontre a pris fin par des signatures de contrats entre des sociétés françaises et maliennes évoluant dans le domaine de l’énergie solaire et des technologies. Il s’agit, entre autres, de AKUO Solar, de Scatec et de KAMA S.A. Il faut noter que les entrepreneurs français qui ont déjà choisi la destination Mali pour développer des opportunités d’affaires, évoluent surtout dans les secteurs des banques, des télécommunications, de la santé, de l’éducation, de l’artisanat, du tourisme et de l’hôtellerie, des industries agroalimentaires, de l’architecture BTP, des transports, etc.

Envoyée spéciale
D. DJIRE

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