Conférence de Paris : LE TOUR DE CHAUFFE DE BAMAKO

Reunion prépar relance éconoEn prélude à la rencontre de la capitale française, le gouvernement et ses partenaires ont réaffirmé leur engagement œuvrer pour la relance économique et le développement

Le CICB a abrité hier la réunion préparatoire de la conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali, prévue le 22 octobre prochain dans la capitale française. Présidée par le chef de l’État, Ibrahim Boubacar Kéïta, cette rencontre sera ouverte en présence de son homologue français, François Hollande.
Le Premier ministre Modibo Kéïta a présidé la rencontre préparatoire de la conférence de Paris en présence de nombreux ministres, de représentants des partenaires impliqués dans le processus de paix et de délégués de la société civile.
Modibo Kéïta a pris acte de l’engagement des partenaires techniques et financiers de notre pays, renouvelé par leur chef de file, l’ambassadeur de France Gilles Huberson. Ce qui fera dire au chef du gouvernement que l’espoir est permis pour la relance économique et le développement accéléré des régions du Nord. « Il s’agit pour nous de donner les orientations essentielles pour cette conférence de Paris. Ce qui devrait nous permettre de mettre en route une stratégie à court et moyen termes pour relancer définitivement le développement dans le nord du Mali et dans tout le reste du pays », a indiqué le Premier ministre qui annonce le 22 octobre comme un rendez-vous très symbolique de notre amitié avec la France, les autres partenaires et l’OCDE.
Modibo Kéïta s’est ensuite appesanti sur l’aspect sécuritaire du processus de paix, estimant que la sécurité doit être prise en compte, non pas seulement dans son aspect militaire mais aussi dans ses aspects économique, de justice sociale, de protection de la nature et de l’émergence d’une gouvernance sévère avec la corruption. « Ceci nous paraît être une des conditions du succès. Nos compatriotes sont décidés à emprunter résolument le chemin de la paix, nos populations veulent avoir les dividendes de la paix. C’est-à-dire avoir des revenus et plus d’Etat dans leurs vies quotidiennes », a souligné le Premier ministre qui a salué la constance des partenaires dans leur soutien à notre pays.

VERITABLE ROLE DE LEADERSHIP. Modibo Kéïta a jugé que les résultats sont appréciables et que l’aide publique au développement provenant de l’ensemble de nos partenaires, en particulier de la conférence de Bruxelles, a permis la relance des investissements dans plusieurs secteurs de l’économie. Il a souhaité que cette conférence de Paris soit celle d’un véritable dialogue et que les promesses soient effectivement suivies d’effet. « Le Mali a aujourd’hui besoin d’investissements productifs dans tous les secteurs et au niveau des différentes régions », a-t-il rappelé. Pour Modibo Kéïta, la conférence de Paris doit être aussi celle de l’espoir car « il ne s’agit pas de gagner la guerre, mais de gagner la paix ».
Avant le chef du gouvernement, le chef de file des PTF avait rappelé que tous les mouvements signataires de l’accord avaient également un rôle à jouer dans le processus de paix et de facilitation des actions de développement. Il a salué au nom des partenaires la récente visite à Kidal d’une délégation du gouvernement et annoncé que des ressources importantes sont disponibles. « Il reste à mettre en place les conditions de sécurité pour en profiter », a souligné Gilles Huberson. L’ambassadeur de France a ensuite cité quatre défis pour le développement global : la décentralisation, la gouvernance, l’amélioration de l’environnement fiscal et enfin celui de l’éducation et de la formation.
Pour Nourredine Ayadi, le premier conseiller de l’ambassade d’Algérie au Mali, représentant le principal négociateur de l’accord de paix, la conférence de Paris est une véritable opportunité pour le peuple malien. Il a invité à une participation active de toutes les parties signataires.
Pour sa part, Erik Solheim, le président du Comité d’aide au développement de l’OCDE, a appelé au gouvernement à jouer un véritable rôle de leadership pour gagner définitivement la bataille de la paix et du développement. « D’autres pays ont connu pareilles situations. Mais ils ont pu s’en sortir non pas seulement avec l’aide des partenaires, mais surtout grâce au leadership de l’Etat. C’est au Mali de montrer la voix à suivre dans la mise en œuvre de l’accord », a-t-il souligné.
Lors de l’assemblée générale du FMI à Lima au Pérou, les partenaires se sont montrés disponibles à participer à la conférence du 22 octobre à Paris, a noté Erik Solheim. Pour lui, il faut s’employer à rendre le Mali attractif pour les investisseurs car les entreprises privées disposent d’enveloppes conséquentes pour l’investissement. Ensuite, conseillera-t-il, l’apport de la diaspora malienne à l’économie nationale est une contribution de taille qu’il faut capitaliser. Erik Solheim a ensuite estimé que le taux de taxation à l’intérieur du pays doit dépasser les 1% pour pouvoir influer sur le développement.
Le président du Comité d’aide au développement de l’OCDE a souhaité que la conférence de Paris redonne à ce « beau pays » le respect auquel il a droit, tout en respectant sa culture.

Y. DOUMBIA

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