Exactions au nord et destruction des mausolées de Tombouctou : COMPARUTION D’UN PREMIER SUSPECT DEVANT LE TPI

Al Faqi 2Cadre de Ansar Eddine, l’organisation djihadiste de Iyad Aghaly alliée d’Aqmi, responsable de la « Hesbah », la « Brigade des mœurs » bras armé du Tribunal islamique installé à Tombouctou durant l’occupation de 2012-2013 et figurant parmi les auteurs de la destruction des mausolées de Tombouctou, Ahmad Al Faqi Al Mahdi a comparu hier devant le juge unique de la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI), le juge Cuno Tarfusser, au siège de la Cour à La Haye au Pays-Bas.


 Cette audience dite de première comparution a eu lieu en présence de l’accusation et de la défense, indique un communiqué du TPI qui précise que Ahmad Al Faqi Al Mahdi était représenté par son conseil de permanence, Me Mohamed Aouini.
Le juge Cuno Tarfusser, après avoir vérifié l’identité du suspect et sa pleine connaissance des crimes qui lui sont reprochés et des droits que lui reconnaît le Statut de Rome, a fixé l’ouverture de l’audience de confirmation des charges au 18 janvier 2016. Cette audience de confirmation des charges déterminera s’il y a des motifs substantiels de croire que le suspect a commis ces crimes. Si les charges sont confirmées, le dossier passe à une Chambre de première instance chargée de conduire le procès.
Ahmad Al Faqi Al Mahdi qui a été transféré le week-end dernier de Niamey au Niger au centre de détention de la CPI à La Haye est le premier suspect arrêté dans l’enquête de la CPI ouverte au début de 2013 portant sur les exactions commises par les groupes djihadistes liés à Al-Qaida au Mali. Ce sont aussi les premières poursuites de la CPI, entrée en fonction en 2003, pour des destructions d’édifices religieux et de monuments historiques.
Le mandat d’arrêt émis à l’encontre de Ahmad Al Faqi Al Mahdi l’accuse d’avoir dirigé et participé à l’attaque contre dix bâtiments consacrés à la religion et des monuments historiques dans la vieille ville de Tombouctou, inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité. Pour faire bonne mesure, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a résumé son rôle dans un communiqué qui décrit un « membre zélé d’un groupe armé Ansar Dine » qui a « joué un rôle important et actif pour le fonctionnement de la structure mise en place pendant l’occupation de Tombouctou ». Le communiqué l’accuse « d’attaques délibérées contre des monuments historiques et des bâtiments religieux » et précise que ces attaques qui affectent l’humanité tout entière, « sont des crimes graves », des « crimes de guerre ».
Ahmad Al Faqi Al Mahdi que l’on dit natif « d’Agoune, à 100 kilomètres à l’ouest de Tombouctou », s’est présenté en arabe à la cour : « Mon nom est Ahmad Al Faqi Al Mahdi, je suis de la tribu touareg Al-Ansar ».
Le procureur l’estime pénalement responsable d’avoir commis, individuellement et conjointement avec d’autres personnes, facilité ou autrement contribué à la commission, les crimes de guerre concernant des attaques dirigées intentionnellement contre les bâtiments suivants : le mausolée Sidi Mahmoud Ben Omar Mohamed Aquit, le mausolée Cheick Mohamed Mahmoud Al Arawani, le mausolée Cheikh Sidi Mokhtar Ben Sidi Mouhammad Ben Cheick Alkabir, le mausolée Alpha Moya, le mausolée Cheick Sidi Ahmed Ben Amar Arragadi, le mausolée Cheick Mouhamad El Micky, le mausolée Cheick Abdoul Kassim Attouaty, le mausolée Ahamed Fulane, le mausolée Bahaber Babadié et la mosquée Sidi Yahia.
Rappelons que la CPI enquête sur nombre d’autres exactions et crimes commis dans la nord de notre pays dont le plus emblématique est certainement l’exécution sommaire par le MNLA et Ansar Eddine de militaires maliens à Aguel Hoc.

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