Assemblée générale des Nations unies : LE PRÉSIDENT KEITA SALUE L’ACTION DE L’ONU DANS NOTRE PAYS

IBK à l'ONU

Il s’est réjoui du travail de la Minusma et a demandé le soutien de la communauté internationale dans la mise en œuvre de l’accord de paix

Le débat général de la 70è session de l’assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) s’est ouvert solennellement lundi à New York, en présence de nombreux chefs d’État et de gouvernement dont les présidents américain Barack Obama, malien Ibrahim Boubacar Keïta, français François Hollande et le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon. Il y avait aussi d’autres hôtes de marque, notamment la chancelière allemande, Angela Merkel, les présidents chinois Xi Jinping, russe Vladimir Poutine, brésilien, Dilma Rousself, cubain, Raoul Castro Ruz, chilien Michelle Bachelet. Parmi les chefs d’État africains étaient aussi présents l’Egyptien Abdel Fattah Al-Sissi, le Sénégalais Macky Sall, le Kenyan Uhuru Kenyatta, le Sud africain Jacob Zuma, le Gabonais Ali Bongo Ondimba, le Nigérian Mahammudu Buhari, l’Ougandais Yoweri Museveni, le Premier ministre éthiopien Haïlé Mariam Desaleign.
Le débat général ou la réunion annuelle des chefs d’État s’étend habituellement sur 9 jours et s’ouvre par la présentation du rapport annuel du secrétaire général des Nations unies qui fait un large tour d’horizon des activités de son organisation, des crises et conflits que le monde traverse, des angoisses des peuples qui n’aspirent qu’au progrès et au développement durable. Ban Ki-Moon a expliqué qu’il nous faut transformer les promesses sur papier en véritables actions de développement. C’est cela notre devoir envers les générations futures, a souligné le secrétaire général de l’ONU qui s’est étonné que le monde continue de gaspiller des milliards en dépenses militaires inutiles. « Pourquoi il est facile de trouver de l’argent pour détruire les peuples au lieu de les protéger », s’est indigné Ban Ki-Moon.

17 OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DURABLE. Les appels à la mobilisation des ressources pour les causes justes ne sont pas entendus dans certaines situations. A titre d’illustration, il a cité l’exemple de la Gambie où un enfant sur quatre souffre de retard de croissance. Mais l’appel lancé par la communauté internationale pour soutenir ce pays à combattre ce phénomène n’a pas eu de réponse. Pour le co-président de la 70è session de l’assemblée générale des Nations unies, Mogens Lykketoft, le moment est venu de prendre les grandes décisions historiques pour mettre fin à des conflits. L’action est nécessaire parce que si nous échouons, les Objectifs de développement durable (ODD) ne seront jamais atteints. Il a fait sienne cette citation : « Noble est l’humanité, riche est la terre, si le besoin et la faim existent encore, c’est uniquement à cause des mensonges ».
Le débat général pourrait constituer un tournant décisif et permettre aux pays du monde, notamment ceux en développement, de mettre le cap sur le programme de développement durable, après 2015. Il s’agit d’un plan d’action pour l’humanité qui vise à améliorer les conditions de vie des populations et à engager des actions concrètes en vue d’atteindre les objectifs fixés à l’échéance 2030. Il s’agit, entre autres, « d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde », « d’éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable », « permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge », « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité sur un pied d’égalité, promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Ces quatre premiers objectifs de développement durable sont suivis de treize autres soit un total de 17 ODD. Il est maintenant clair que le monde doit subir des transformations pour s’améliorer, se débarrasser des crises de valeurs, des démonstrations de puissance.
Les premiers orateurs qui se sont succédé à la tribune des Nations unies, ont établi le constat qu’il faut un ordre international plus juste où les peuples vivent en harmonie, où les rapports de force entre les pays sont fonction des principes et règles de coopération. D’abord Dilma Rousself, puis Barack Obama. Dans un discours de plus d’une quarantaine de minutes, le président de la nation la plus puissante du monde a assumé. « Je dirige l’armée la plus puissante, mais je garde à l’esprit les dangers qui nous guettent. Je n’hésiterai pas à défendre mon pays et ses alliés mais unilatéralement, par la force si cela est nécessaire ». Mais tout en étant conscient que la force, seule, ne peut imposer la paix dans le monde et qu’il faut régler les conflits par la diplomatie et le dialogue.
Barack Obama a souligné que les dictatures sont les plus instables. « On peut jeter des opposants en prison mais on ne peut pas emprisonner les idées ». Il a rappelé que les Nations unies ont la responsabilité de défendre l’ordre international pour que les grands pays ne s’imposent pas par la force aux plus petits. Le président américain a dénoncé aussi l’attitude des dirigeants africains qui veulent se maintenir au pouvoir en changeant les constitutions de leur pays. Ceux-ci doivent simplement comprendre qu’ils n’ont pas réussi à satisfaire leurs peuples, a indiqué Obama avant d’ajouter qu’aucun homme ne restera éternellement.

MOBILISATION DES RESSOURCES. Le président de la République a, lui, rappelé dès l’entame de son propos que le 28 septembre 2015 marquait le 55è anniversaire de l’admission de notre pays à l’Organisation des Nations unies, en vertu de la résolution 1491 de l’assemblée générale, lors de sa 15è session. « Que la République tunisienne et le Sri Lanka (à l’époque appelé Ceylan) trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude pour avoir parrainé cette admission », a-t-il indiqué. Ibrahim Boubacar Keita a ensuite souligné l’aspiration à la paix qui a toujours caractérisé le peuple malien. C’est cet esprit qui a permis l’aboutissement des pourparlers intermaliens sous l’égide de la communauté internationale conduite par l’Algérie. « Je suis particulièrement heureux de vous présenter l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, dont le processus de signature a été parachevé à Bamako, le 20 juin 2015 », a indiqué le chef de l’État en brandissant une copie du document. Il a ajouté que cet accord « qui vient sceller à jamais la retrouvaille entre les Maliens sert de cadre général pour la résolution durable de toutes les dimensions de la plus grave crise de l’histoire de notre pays ».
Mais la mise en œuvre de l’accord de paix nécessite la mobilisation d’importantes ressources techniques, matérielles et financières qui sont en delà des capacités de notre pays. C’est pourquoi le président Keita a lancé un appel pressant à la communauté internationale. Il a annoncé que dans cette perspective, le gouvernement organisera le 22 octobre prochain, à Paris, une «Conférence pour le développement du Mali : les régions du nord au cœur de la paix et de relance économique».
Le chef de l’État a attiré l’attention sur la nécessité d’une mise en œuvre diligente de l’accord de paix pour éviter « de voir tant d’efforts consentis, être annihilés par des ennemis de la paix qui multiplient ces derniers temps, des actes terroristes partout sur l’étendue du territoire de notre pays ».
Ibrahim Boubacar Keita a renouvelé la « profonde gratitude » de notre pays à l’endroit de l’ONU « pour l’appui multiforme et constant au processus de paix au Mali depuis janvier 2012 ». Il s’est réjoui de l’adoption de la Résolution 2227 du Conseil de sécurité, renouvelant pour la troisième fois le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Il a salué aussi l’UNESCO « pour le travail remarquable accompli dans le cadre de la préservation des biens et expressions culturels au Mali, y compris la reconstruction des Mausolées de Tombouctou, classés patrimoine de l’humanité ». Se prononçant sur le thème de la présente session : «70è anniversaire de l’ONU, l’action au cœur d’un nouvel engagement », le président de la République l’a jugé « d’une pertinence avérée », estimant qu’il « permettra assurément aux dirigeants du monde, épris de paix et de justice, de procéder à une évaluation objective du chemin parcouru par notre organisation commune et d’envisager l’avenir en ayant un regard critique sur les difficultés rencontrées ». Le président Keita s’est réjoui des progrès réalisés dans la mise en œuvre des dispositions du chapitre VI de la Charte des Nations unies relatives au règlement pacifique des différends dont la trame repose sur la négociation, la médiation, la conciliation, l’arbitrage, le règlement judiciaire, qui ont permis d’assurer la prévention, la gestion, le maintien et la consolidation de la paix dans le monde.

Envoyé spécial
B. DOUMBIA

Envoyé spécial
B. DOUMBIA

Le président Ibrahim Boubacar Keita a été reçu lundi en audience par le roi Abdullah II Ibn Al-Hussein de Jordanie à l’hôtel Mandarin. Si rien n’a filtré de la rencontre, les deux personnalités qui se vouent une estime réciproque, ont certainement parlé des préoccupations de l’heure et des opportunités de coopération entre nos deux pays qui partagent une vision commune sur bien des dossiers internationaux.
Avant d’aller à la rencontre du souverain hachémite, le président Keita a rencontré le secrétaire général de Interpol, la plus grande organisation internationale policière, en charge de promouvoir la collaboration entre les pays afin d’épingler les criminels partout dans le monde. Le secrétaire général de l’organisation policière, Jürgen Sock, a expliqué à sa sortie d’audience qu’il était venu expliquer les efforts en cours pour circonscrire les menaces terroristes qui planent sur le monde en général.
Le patron Interpol a rappelé que la communauté internationale fait face actuellement à des menaces terroristes sans précédent dans l’histoire. Il a assuré que son organisation est prête à accompagner tous les pays pour lutter contre le terrorisme. C’est dans ce cadre que Interpol entend installer une plateforme globale d’échange d’informations ou de renseignements sur la menace terroriste, a-t-il annoncé.
Le chef de l’État a reçu également la sous-secrétaire d’État américaine, chargée des affaires africaines, Linda Thomas Greenfield qui était venue lui présenter ses condoléances et ainsi qu’au peuple malien pour la perte de nos pèlerins lors du mouvement de foule meurtrier à la Mecque. En outre, elle a pu avoir une discussion avec le président Keïta sur les efforts de paix dans notre pays avant d’exprimer tout son soutien aux efforts des autorités en vue d’une solution ferme et définitive à la crise.
Ibrahim Boubacar Keïta a accordé des audiences à deux autres personnalités. Il s’agit du Dr J. Peter Pham, directeur de Atlantic Council Africa Center, et de Philippe Douste-Blazy, secrétaire général adjoint des Nations unies et conseiller spécial sur les financements innovants de Unite Life (une organisation regroupant des personnalités de divers horizons et intervenant dans des secteurs variés). J. Peter Pham était venu témoigner de sa reconnaissance au président de la République parce que notre pays a été le premier à réagir à sa sollicitation dans le cadre de la lutte contre la malnutrition. « Des dizaines voire des centaines de personnes souffrent de malnutrition dans le monde et le Mali a été le premier à répondre à l’initiative que nous avons prise pour lutter contre la malnutrition », a confirmé J. Peter Pham qui a souhaité voir d’autres pays rejoindre l’initiative parce que la lutte contre la malnutrition n’est pas uniquement une affaire médicale. L’interlocuteur du chef de l’État a aussi souligné que sur chaque dollar ou euro donné pour lutter contre la malnutrition, le pays reçoit 15 dollars parce qu’en luttant contre la malnutrition, on permet aux enfants de mieux comprendre ce qu’on leur dit à l’école et ensuite de devenir des citoyens productifs.
Philippe, Douste-Blazy a, lui, expliqué au président les opportunités d’investissements offertes par son organisation aux pays en développement, notamment ceux du continent africain.
B. D.

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