Conseils économiques, sociaux et culturels : DES REPONSES EXPERTES AUX SAISINES GOUVERNEMENTALES

SEMINAIRE CESC..Les participants à cette rencontre régionale bénéficient d’un renforcement de capacités sur les techniques d’élaboration des rapports

La salle de conférence du Conseil économique, social et culturel (CESC) abrite depuis hier les travaux d’un séminaire régional sur le thème : « Technique d’élaboration des avis en réponse à des saisines gouvernementales sur les projets de loi ». La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le ministre du Travail et de la Fonction Publique, chargé des Relations avec les Institutions, Mme Diarra Raki Talla. C’était en présence du président du CESC, Boulkassoum Haidara, ainsi que des responsables des Conseils économiques et sociaux (CES) des pays participant : Bénin, Burkina Faso, Guinée Conakry et République démocratique du Congo.
Les 2 jours de travaux sont initiés par le CESC de notre pays en collaboration avec l’Union des conseils économiques et sociaux et institutions similaires des États et gouvernement membres de la Francophonie (UCESIF). La rencontre entend renforcer les capacités des membres et cadres des CESC sur les techniques d’analyse et d’élaboration des projets et propositions de loi en réponse à des saisines. Le séminaire s’attachera donc à fournir la réponse adéquate à des besoins réels, essentiellement en dotant les participants d’outils plus performants pour l’élaboration de rapport et en harmonisant les méthodes les plus efficaces dans le domaine.
Des cas pratiques, illustratifs des réalités respectives de chaque pays représentés, seront ainsi étudiés. Le séminaire travaillera également à renforcer le cadre de concertation entre les différents CES participant. Le programme proposé par le séminaire capitalise les enseignements tirés d’une autre session organisée sur le même thème à Niamey en janvier dernier. Ainsi au cours des travaux, chacun des CES présents aura l’occasion de présenter son mandat et ses méthodes. Ces exposés ouvriront la voie à une discussion élargie visant à identifier les points communs et les différences. Les travaux de groupe placeront les participants dans la situation pratique de l’analyse d’un projet de loi et de la préparation d’un avis.
Ces échanges, a expliqué Boulkassoum Haidara, permettront de renforcer les capacités des membres et cadres de CES sur les techniques d’élaboration des avis de réponse à des saisines gouvernementales sur les projets de loi. Ainsi, dira-t-il, à la lumière de l’expertise des formateurs venus de France, du Maroc et du Sénégal, les participants discuteront, analyseront et maîtriseront les contours de la problématique d’élaboration des avis se rapportant aux projets de loi. Boulkassoum Haïdara a souhaité que les actes et résolutions issus des travaux impacteront positivement l’avenir des différents CES.
Pascal Rouet, représentant du secrétaire général de l’UCESIF, a présenté le séminaire comme une pierre de plus dans la construction d’une union des CES francophones au service de l’amélioration du fonctionnement de chacun d’eux. Chaque conseil, qu’il soit africain ou européen, est confronté au défi de mieux répondre à deux fortes pressions. D’une part, l’attente du gouvernement d’être conseillé avec sagesse et compétence sur de très nombreux sujets, souvent difficiles. Et d’autre part, l’exigence des peuples d’être représentés par des personnes qui leur ressemblent et les aident à comprendre la complexité des enjeux économiques, sociaux, environnementaux et culturels auxquels sont confrontés tous les pays.
C’est pourquoi, a indiqué Pascal Rouet, l’Union francophone soutenue par l’OIF a placé la formation par échanges mutuels d’expérience au cœur de la feuille de route qu’elle a adoptée en juillet 2013 et renouvelée deux ans plus tard à Rabat. Il a insisté sur l’esprit général de l’UCESIF qui indique que « personne n’a de leçon à donner à personne. Chacun peut apprendre de l’autre ».
Est-il besoin de rappeler le rôle stratégique et l’importance des Conseils économiques et sociaux dans nos pays respectifs, s’est interrogée Mme Diarra Raki Talla. En effet, en prévoyant cette institution, les constitutions de nos pays ont voulu doter nos États de structures expertes, capables de faire prendre en compte les aspirations profondes des populations par les décideurs. Par conséquent, a noté Mme Diarra Raki Talla, elles prévoient la saisine obligatoire du CES pour certaines catégories de lois touchant des secteurs sensibles et d’importance pour l’amélioration des conditions de vie des populations.
Conçu comme tel, le CES, constitué de forces vives et d’expertises pluridisciplinaires, est à la fois le défenseur des intérêts des populations et le conseiller constitutionnel du gouvernement dans le processus législatif. Ce double rôle, a indiqué le ministre, ne saurait être efficacement joué sans le renforcement des capacités de cette institution afin qu’elle soit à même de donner l’avis qu’il faut pour que les attentes et les besoins des populations soient au cœur de l’action publique.
La ministre du Travail et de la Fonction Publique s’est dit convaincue que le présent séminaire sera un rendez-vous du donner et du recevoir permettant à chaque pays participant de mieux accompagner l’État dans sa quête du bonheur pour les populations.

M. A. TRAORE

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