Le président Keita à la tribune de l’ONU : « LES PAYS SORTANT DE CRISE MERITENT UNE ATTENTION PARTICULIERE »

IBK tribune ONU1Le chef de l’Etat a exhorté la Communauté internationale à s’inscrire dans une dynamique de solidarité pour aider notre pays à mettre en œuvre l’accord de paix

Le président de la République a pris la parole samedi dernier devant l’assemblée générale de l’ONU. Ibrahim Boubacar Keita a tiré la sonnette d’alarme sur la nécessité pour le monde, notamment les pays en développement de s’engager dans la voie du développement durable. Il a su capter l’attention en soulignant l’expérience de notre pays en sortie de crise en rappelant aussi qu’il est attendu des dirigeants qu’ils prennent des décisions pertinentes et courageuses pour améliorer les conditions de vie des populations et transformer le monde. Pour le chef de l’Etat, ce défi est bien dans leurs cordes.
« Pour réduire les souffrances des populations, vivant dans le dénuement et total et leur rendre leur dignité en tant qu’humain, il a été lancé, il y a 15 ans, un programme dont la mise en œuvre devrait contribuer à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) », a rappelé le président Keita qui a fait un tour d’horizon des difficultés dans l’atteinte des objectifs fixés. Il a jugé que les résultats sont mitigés et varient d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre et d’un objectif à l’autre. Pour le chef de l’Etat, il est établi de manière générale que l’objectif 8 portant sur la mise en place d’un partenariat mondial pour le développement a manqué de constance et de régularité, dans le soutien aux 7 autres OMD.
Le président de la République n’a pas manqué de souligner les avancées enregistrées par notre pays. « Malgré le contexte difficile, nous avons pu durant les 15 dernières années faire baisser la prévalence du Vih/sida, inscrire plus d’enfants à l’école, instituer la gratuité de la césarienne et améliorer la participation des populations dans la gestion de leurs affaires, à travers une décentralisation poussée », a-t-il précisé.
Dans le domaine de l’alimentation, ajoutera-t-il, les résultats sont probants et les actions incitatives pour impulser la modernisation de l’agriculture dans notre pays sont porteuses. Ibrahim Boubacar Keïta a rappelé à ce propos que les multiples efforts accomplis par notre pays dans le domaine de l’agriculture, lui ont valu une distinction de la FAO, à Rome lors de la 39è session de l’organisation onusienne.

UN PROGRAMME AMBITIEUX. Le chef de l’Etat s’est réjoui de participer à ce sommet consacré à l’adoption du document final, intitulé « transformer le monde, le programme pour un développement durable d’ici 2030 ». Il s’agit là d’un ambitieux programme qui accorde, selon lui, plus d’attention au groupe de pays, les moins avancés, ceux en développement et les petits Etats insulaires. A cet effet, il a souligné que de toute évidence, la transformation du monde passe par celle de ces Etats où il y a un plus grand nombre de personnes, vivant dans des conditions de pauvreté extrême, infra humaine.
Le chef de l’Etat a abordé aussi la migration dans son intervention en indiquant que ce phénomène récurrent préoccupe le monde et que ses conséquences parfois dramatiques interpellent la conscience humaine. Parlant de ces milliers de jeunes migrants ressortissants de pays en développement, le président Keita a déploré « qu’ils ont opté pour l’Occident ou la mort », ajoutant que « cet état de fait, nous interpelle tous surtout si l’on sait que cette jeunesse devrait être à l’avant garde du combat pour le développement de nos pays ».
Le président de la République a plaidé aussi pour que les pays qui sortent de crise comme le nôtre bénéficient d’une attention particulière de la communauté internationale. Pour lui, cela est une exigence puisque dans un Etat sortant de conflit la distribution des dividendes de la paix et la reconstruction, sont des préalables en faveur de la stabilisation pour réussir.
Schématisant les conséquences des situations conflictuelles sur certains secteurs clefs dans un pays, il a indiqué qu’on ne peut parler de scolarisation sans école, de santé sans infrastructures sanitaires, d’accès à la justice sans tribunaux et de lutte contre l’extrême pauvreté sans outil de production, mais surtout sans le retour des populations refugiées et déplacées. Ibrahim Boubacar Keïta a invité la communauté internationale à s’inscrire dans une dynamique de solidarité internationale agissante, sans laquelle, les Etats sortant de crise ou de conflits, ne peuvent relever, seuls, les énormes défis encore moins atteindre les objectifs contenus dans le programme de développement durable qui va être adopté. Il a souligné le combat de notre pays à résoudre ses problèmes avec l’accompagnement de la communauté internationale.
Le chef de l’Etat est revenu sur l’accord de paix signé, à l’issue de 8 longs mois de négociation. Il a rappelé l’engagement du gouvernement à tenir ses engagements dans la mise en œuvre de l’accord et demandé à la communauté internationale de nous accompagner. « Compte tenu de nos moyens limités, le Mali a besoin d’un soutien conséquent de pays et organisations amis, en vue de la mise en œuvre diligente, effective et intégrale de l’accord de paix », a plaidé Ibrahim Boubacar Keïta, appelant de ses voeux à la mobilisation des ressources techniques, matérielles et financières nécessaires à l’application de cet accord. Il a promis que l’Etat ne ménagera aucun effort pour mobiliser les ressources internes.
Par ailleurs le chef de l’Etat a rappelé l’urgence d’agir et de faire montre de cette capacité commune à nous engager dans un partenariat global afin de réaliser l’intégration équilibrée des 3 piliers du développement durable, à savoir le social, l’économie et l’environnement.
Au cours de cette 70è session de l’assemblée générale de l’ONU, plusieurs panels ont eu lieu sur des thématiques comme « mettre fin à la pauvreté et à la famille », « la lutte contre les inégalités, l’autonomisation des femmes et des filles », « favoriser la croissance économique durable, la transformation et la promotion de la consommation, la production durable ». Une table ronde s’est tenue aussi sur le thème : « Opérationnalisation du programme de développement pour l’après 2015 pour l’industrialisation de l’Afrique ».

B. DOUMBIA
Envoyé spécial

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