Processus de paix : Les GROUPES REBELLES SIGNERONT L’ACCORD LE 20 JUIN A BAMAKO

Alger3 III

La signature par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) de l’Accord de paix aura lieu à Bamako, selon un document qui a été signé vendredi dernier à Alger. Rappelons que l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali avait été déjà signé le 15 mai dernier dans notre capitale par le gouvernement du Mali, la Plateforme des mouvements de l’Azawad, deux représentants de la CMA et tous les membres de la Médiation internationale. La CMA qui réclamait des discussions supplémentaires, s’était limité la veille (14 mai) à parapher le document. Les choses semblent évoluer dans un sens positif à Alger à la faveur d’une consultation initiée par la Médiation internationale emmenée par l’Algérie.


L’annonce d’un dénouement définitif du processus de paix a été faite par le leader de la Coordination, Bilal Ag Achérif. « Nous signerons l’Accord de paix le 20 juin », a-t-il déclaré, à l’issue d’une rencontre à Alger avec la médiation internationale et concernant des arrangements sécuritaires.

Les parties prenantes au processus de paix réunies à Alger depuis une semaine sont arrivées à se mettre d’accord sur une réalité irréfutable : la nécessité absolue de taire les armes sur le terrain. Tous sont également convaincus que la poursuite du processus passe forcément par la cessation des hostilités. Le gouvernement de notre pays, la Plateforme des mouvements de l’Azawad et la Coordination des mouvements de l’Azawad, se sont entendus sur les termes d’un « accord sécuritaire » afin de rétablir le cessez-le-feu battu en brèche depuis plus d’un mois dans le Nord, a indiqué une source proche de la médiation algérienne.

Le gouvernement du Mali, soulignant que les consultations se déroulaient « dans une bonne atmosphère », a annoncé dans un communiqué diffusé jeudi soir que la médiation internationale élargie avait rencontré séparément les parties et leur avait présenté deux documents. Le premier document est, selon le communiqué, intitulé « Relevé de conclusions des consultations préparatoires à la mise en oeuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali » en référence à l’Accord de paix signé le 15 mai à Bamako. Les principaux groupes de la CMA étaient alors absents de l’événement.

Le second document porte sur les arrangements sécuritaires pour une cessation des hostilités sur le terrain, en vue de créer les meilleures conditions de mise en oeuvre de l’Accord, précise le communiqué gouvernemental. Il faut préciser que les autorités maliennes se sont montrées absolument catégoriques sur un point de principe : la délégation gouvernementale ne s’est aucunement déplacée à Alger pour négocier.

Clarifiant ses objectifs, la Médiation a publié un communiqué le week-end dernier pour indiquer que les consultations constituent un parachèvement du processus de signature de l’Accord. S’agissant de la situation sur le terrain, la Médiation a encore une fois exprimé ses vives préoccupations face à la persistance des affrontements en violation des accords de cessez-le-feu en vigueur. « Il est déplorable que des civils innocents continuent à subir les souffrances et exactions sur le terrain », s’est-elle indigné.

Par ailleurs, la Médiation a condamné avec énergie les actes terroristes dont continuent à faire l’objet le personnel de la MINUSMA. Il est nécessaire, selon elle, que « la MINUSMA soit préservée de toutes formes d’attaques et qu’elle bénéficie de la coopération de tous dans l’accomplissement de son mandat».
A.M. CISSÉ
 
LES ÉCLAIRAGES DE LA MÉDIATION
Les consultations d’Alger ont le mérite de booster le processus de paix. La Médiation entendait « identifier les actions à engager suite à l’entrée en vigueur de l’Accord ». Selon le document publié par la Médiation à l’issue de la rencontre, les consultations se sont articulées en trois axes. Le premier est « la mise en place des conditions de parachèvement du processus de signature de signature de l’Accord dans les plus brefs délais et la clarification de la méthodologie et des modalités de mise en œuvre de l’accord. En second lieu, les participants ont discuté de « la réaffirmation par les parties au processus d’Alger de leurs engagements en faveur d’une cessation totale des hostilités ». Le dernier axe est « l’examen des préparatifs engagés pour la mise sur pied du Comité de suivi de l’Accord et pour la tenue, dans les délais fixés par l’Accord, de la première réunion du Comité ».

Dans le document, la Médiation rapporte que la CMA a fait état d’un certain nombre de préoccupations liées à la mise en œuvre de l’Accord. Après examen, les médiateurs ont jugé que les points de revendication peuvent être pris en compte dans la mise en œuvre de l’Accord. Idem pour les observations faites par le gouvernement et la Plateforme. Sur la dénomination « Azawad », pour exemple, la Médiation a appelé les parties « à favoriser l’ouverture des discussions afin d’aboutir à une situation consensuelle satisfaisante. Pour ce qui est de la création des régions de Ménaka et de Taoudeni, la Médiation promet de « veiller » à la mise en œuvre des décrets d’application de la loi 2012-07 du 2 mars 2012 portant création de circonscriptions administratives au Mali.

S’agissant de la question du retour des refugiés, la Médiation considère que celle-ci constitue un élément clé du processus et permet surtout de garantir les conditions favorables à l’organisation des élections. Un sujet de taille a été évoqué par la CMA, celui de l’insertion des anciens combattants. A ce propos, la Médiation rappelle l’esprit de l’article 22 de l’Accord qui prévoit « une insertion prioritaire et majoritaire des combattants des politico militaires, notamment la CMA ». Elle précise cependant que « les critères d’éligibilité à cette insertion seront définis de manière consensuelle au sein des mécanismes prévus dans l’Accord». A Alger, la Médiation a noté avec «satisfaction » l’adhésion totale des groupes rebelles aux dispositions de l’Accord en matière de développement économique, social et culturel.

A. M. C
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