Paix et réconciliation nationale : BAMAKO MARCHE

MARCHE POUR LA PAIX

Des milliers de « Maliens patriotes et républicains », toutes catégories socioprofessionnelles et appartenances politiques confondues, ont participé à la manifestation

Les Bamakois ont répondu massivement, hier, à l’appel de la société civile pour une marche qui a mobilisé beaucoup de monde. Elle est partie de la Place de la liberté pour aboutir au monument de l’Indépendance où les marcheurs ont été reçus par le ministre de la Réconciliation nationale Zahabi Ould Sidi Mohamed.
L’appel à la marche a été lancé par Adama Traoré, le président de la Coordination et regroupements de la société civile. Son objectif, soutenir l’Accord signé à Bamako le 15 mai dernier. « Nous sommes sortis pour que l’accord signé soit appliqué et que la communauté internationale sache que le peuple malien est là maintenant. Nous n’accepterons jamais que l’accord soit piétiné par qui que ce soit ».
Ils ont donc été des milliers de « Maliens patriotes et républicains », toutes catégories socioprofessionnelles et appartenances politiques confondues, à participer à cette marche pour la paix et la réconciliation nationale. Sur une banderole, les marchés du district de Bamako ont ainsi réaffirmé leur attachement à un Mali libre et prospère. Au niveau de la Base B, sur une autre banderole dansant au vent, on pouvait lire : « Commune rurale de Mountougoula-Dialakorobougou soutient la paix et la réconciliation nationale au Mali ».
A quelques pas de là, les associations « Antorola » (on est exaspéré en langue bambara) et Ambition jeune du Mali agitent une banderole derrière le Haut conseil des collectivités locales. Elles veulent une Minusma juste et impartiale et proclament leur soutien au Gatia. Leur doléance est claire : « L’administration à Kidal comme partout au Mali ».
D’autres écriteaux ou banderoles s’en prennent à des médias internationaux accusés de désinformation et de propagande. Aux mains d’un groupe de marcheur, une affiche avertit : « Attention le Mali est le pays de Soundiata Keïta, de Sony Ali Ber, de Biton Coulibaly, de Modibo Keïta… gare à vous ». Comme pour dire que le Malien est fier et jaloux de son histoire et de son territoire.
Des lycéens ont, à leur manière, pris part à l’événement. Des filles arborant un uniforme aux couleurs du drapeau national. « Je suis élève au lycée Notre dame du Niger en classe de 12è littérature. Je suis là pour le Mali, pour la paix », lance en souriant Niagna Diarra. A côté, Maïmouna Keïta s’écrie : « Nous réclamons du respect à l’égard de la jeunesse malienne, car elle a trop souffert ». Selon elle, cet accord doit être signé pour leur bonheur.
Plusieurs partis politiques de la majorité et de l’opposition ont également pris part à la marche, car l’appel ciblait toutes les filles et fils du pays. C’est pourquoi, Amadou Koïta, président du Parti socialiste (opposition) était présent à cette manifestation qui a drainé la foule malgré le soleil brûlant. « Je suis venu répondre à la Société civile qui a demandé à tous les Maliens de sortir pour marcher pour la paix, la réconciliation. En tant que Malien, je pense que c’est le minimum de sacrifice que nous puissions faire pour notre pays. Chaque jour des compatriotes tombent au nord. Chaque jour, des Maliens sont lâchement tués au nord. Chaque jour, nous sentons, un peu, l’indifférence de la communauté internationale. Nous pensons que cette communauté internationale est là pour appuyer les efforts de nos autorités pour que le Mali retrouve sa souveraineté nationale. Espérons que la communauté internationale entendra l’appel, à travers cette marche. Le cri du cœur de l’appel du Mali ».
S’adressant aux marcheurs, le ministre de la Réconciliation nationale les a salués au nom du président de la République et du gouvernement pour avoir pris cette initiative en faveur de la paix et en soutien à l’Accord.
« Aujourd’hui cette marche pacifique que vous venez de faire est une marche pour l’attachement de tous les enfants du Mali à l’unité de leur pays. C’est une marche pacifique qui rentre aussi dans le cadre du soutien aux accords de paix qui ont été signés le 15 mai ici à Bamako », a souligné Zahabi Ould Sidi Mohamed.
Le ministre de la Réconciliation nationale a profité de la tribune pour lancer « un appel à tous nos frères qui n’ont pas encore signé l’accord de le faire sans condition et dans le meilleur délai, afin que nous commencions ensemble le processus de réconciliation nationale, le processus de la lutte contre le sous-développement qui est le vrai ennemi de notre pays ».
Encore une fois merci pour tout ceux qui ont fait le déplacement. Je vous félicite du fait que vous avez pu prouver que cette marche est pacifique. « C’est une marche au cours de laquelle les Maliens ont laissé parler leur cœur pour soutenir l’accord de paix, pour soutenir le président de la République, le gouvernement et l’ensemble des acteurs qui nous aident à renforcer l’unité de notre pays ».
La marche s’est effectivement déroulée sans incident.

A. DIARRA
C. M. TRAORE

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