UNANIMITÉ AUTOUR DE LA PAIX

signature accord

L’accord de paix obtenu au terme de 8 longs mois d’intenses négociations n’a pas la prétention d’être parfait. Il demeure cependant la volonté d’aboutir à une solution juste et équitable dans un contexte extrêmement difficile

Le vendredi 15 Mai 2015. Cette date reste désormais gravée dans le marbre. Une page se tourne, une autre doit être écrite. Et l’histoire retiendra cette soif inextinguible de paix d’un peuple las de guerroyer. La tenue de la cérémonie était, pour beaucoup, un rêve parce que les armes tardent à se taire. Les ennemis de la paix sont eux aussi, plus que jamais actifs. Mais la détermination du gouvernement et l’accompagnement de ses partenaires ont permis la signature d’un accord de paix définitif entre les fils d’un pays tiré par le bas du fait de conflit armé et de la présence djihadiste dans sa partie septentrionale.
Au terme de huit longs mois d’intenses négociations facilitées par l’Algérie, l’accord obtenu n’a pas la prétention d’être parfait. Il demeure cependant la volonté d’aboutir à une solution juste et équitable dans un contexte extrêmement difficile, notifie le président Keita. Plus nombreux sont ceux qui pensent qu’il est équilibré. Pour le gouvernement, le fait qu’il préserve l’intégrité territoriale, le caractère unitaire et la forme républicaine et laïque de l’Etat, constitue un gage de succès.
La signature a été hissée au rang des évènements planétaires : 10 chefs d’Etats invités et plus de 20 personnalités de haut rang ont assisté à la cérémonie présidée par le président de la République Ibrahim Boubacar Keita. Outre les présidents des institutions, les membres du gouvernement et le corps diplomatiques, il y avait aussi les représentants des parties prenantes au dialogue, les partis politiques, les confessions religieuses, les organisations de la société civile et les chefs de fractions venus de nos campements nomades les plus reculés. L’amphithéâtre des 1000 places du CICB n’a donc pu contenir tout ce monde. Journalistes, techniciens et bien d’autres encore ont dû suivre l’événement à partir des écrans installés un peu partout dans le centre. Même la salle de presse située à l’autre extrémité était bourrée comme un oeuf. Tous tenaient à être témoins oculaires.
Parmi les invités, l’ancien ministre Aminata Dramane Traoré, venue tôt pour avoir une place. « Tôt ou tard, il faut arriver à un accord » confie l’écrivaine, icône de l’alter mondialisme chez nous. Aminata Dramane Traoré est consciente que cet « accord n’est pas parfait » mais que l’essentiel est d’y aller et pouvoir proposer « un modèle garantissant du travail aux jeunes ». De son analyse, l’emploi des jeunes est au cœur du drame qui s’est abattu sur notre pays depuis des décennies.

UNE FIERTE ET UN ESPOIR. Une autre figure politique, très connue, Mme Haidara Aissata Cissé dite Chatto arrive dans le hall du CICB. Avant d’intégrer la salle, elle manifeste sa fierté de voir notre pays emprunter le chemin de la paix entre ses fils. La députée élue à Bourem, parlementaire déjà sous le régime de l’ancien président Amadou Toumani Touré est « confiante » en l’avenir. Elle a particulièrement aimé que « tous les Maliens soient là » pour manifester leur joie. Derrière elle, avance Mohamed Ould Mataly, lui aussi député élu à Bourem, une circonscription située à une centaine de kilomètres de Gao. Arborant un grand boubou blanc et coiffé d’un gros turban, ce membre influent d’un groupe d’auto défense, a fait tous les voyages d’Alger en qualité de délégué de son groupe armé. Comme sa collègue, il est confiant en cet accord. Mais confiance édulcorée tout de même lorsqu’il rappelle qu’au moment où se tient la cérémonie de signature « « des combats sont en cours à Ménaka».
Homme politique de longue date, ancien ministre de l’Education nationale, l’avis de Pr. Younouss Hamèye Dicko compte. Le président du Rassemblement pour le développement et la solidarité (RDS) pense que l’accord est une fierté et un espoir pour notre pays. Catégorique, il juge qu’il n’y a pas d’autre alternative à la paix. « C’est un nouveau départ » dit celui qui a salué au passage tous les acteurs du processus de paix. Et les a invités à « continuer dans ce sens » pour le bonheur d’un peuple qui a trop longtemps subi.
« C’est un bon processus inclusif » estime l’ancien Premier ministre Moussa Mara » qui sonne « la mobilisation générale, afin que l’espoir se transforme en réalité ». Ajoutant l’air convaincu qu’il n’existe pas de processus parfait.
A son arrivée au CICB, Annick Girardin, secrétaire d’État chargé au Développement et à la Francophonie, auprès du ministre des Affaires étrangères et du Développement international souligne que « rien ne doit plus être comme avant, rien ne peut être comme avant ». Elle ajoute : « la France accompagne le Mali » dans ce processus.
Non loin, un autre diplomate de l’Union européenne exprime sa fierté « d’être là ». La patronne de la Francophonie, la Canadienne Michael Jean dit être venue à Bamako pour « dire que nous croyons à ce processus » afin «  de réussir cette étape déterminante ».
Juste après avoir signé toutes les copies de l’accord définitif, le secrétaire général du mouvement d’autodéfense « Gatia », Fahad Ag Almahmoud a estimé que « c’est un grand pas vers la paix ». Me Harouna Toureh, porte-parole de la Plate forme des mouvements armés de l’Azawad, ajoute que « c’est l’espérance qui vient de renaitre ».
A. M. CISSE

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