Assemblée nationale : CAUSE COMMUNE CONTRE L’INSECURITE

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Les questions de sécurité préoccupent tout le monde, aussi bien les députés de la majorité que de ceux de l’opposition. Le gouvernement ne cherche pas à nier l’évidence et convient que « l’heure est grave »

Les députés ont tenu finalement vendredi la séance de questions d’actualités avec le gouvernement. Elle aurait dû avoir lieu la veille après l’examen du projet de loi qui était à l’ordre du jour. Les élus avaient souhaité ne pas tenir la séance en l’absence du Premier ministre.
Vendredi le chef du gouvernement Modibo Keïta s’est présenté avec une dizaine de ministres.
Durant quatre heures, il a été question de l’insécurité dans notre pays, dans les villes et les campagnes, de la crise de passeports et de cartes d’identité.
Les différents groupes se sont répartis les temps de parole en tenant compte de leur taille et du fait que le groupe Vigilance républicaine et démocratique (VRD) est inscrit dans l’opposition.
Un constat général : les questions de sécurité préoccupent tout le monde, aussi bien du côté majorité que de l’opposition. Le gouvernement ne cherche pas à nier l’évidence et convient que « l’heure est grave ». Cette phrase est sortie de la bouche du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Sada Samaké, plus d’une fois.
Au cours de leurs interventions, les députés ont répété à plusieurs reprises que la situation sécuritaire est préoccupante et n’ont cessé de demander au gouvernement de faire les efforts nécessaires pour assurer la sécurité des Maliens. Plusieurs d’entre eux ont cité des cas précis d’attaques, d’enlèvements à travers le pays. Chacun, en effet, se souvient des dernières attaques au Nord et au centre du pays.
Parlant des passeports et des cartes d’identité, les élus se faisant écho des populations, ont insisté sur les difficultés qu’on a à se procurer ces fameux documents.
Pour les passeports, on a rappelé que ce sont surtout nos compatriotes établis à l’étranger qui souffrent de leur manque. Ainsi certains auraient perdu leur emploi parce que dans l’incapacité à fournir un document en cours de validité. La situation est telle qu’il a été rapporté des cas où des citoyens ont déboursé jusqu’à 500 000 Fcfa (dix fois le tarif officiel) pour s’en procurer.
La situation des cartes d’identité est tout aussi délicate, ont témoigné les élus. Dans les commissariats, les files commencent parfois dès quatre heures du matin. La pièce n’est pas toujours cédée au prix officiel de 1700 Fcfa. On cite des cas où des gens ont payé 5000, 10000 Fcfa, voire plus.

CONSTAMMENT SUR LE CHARBON. Le général Sada Samaké a, comme à son habitude parlé en toute franchise. Il a reconnu que la situation est loin d’être brillante. Les menaces sont réelles et tout le monde peut constater que l’insécurité est une réalité. D’abord, il faut noter que ceci n’est pas le propre de notre pays. La menace couve sur tout le Sahel.
Ensuite, il faut dire que nos forces de défense et de sécurité sont loin d’être inactives. Avec les moyens dont ils disposent ces agents se battent au quotidien contre les forces négatives qui ont un schéma que tout le monde connaît. A l’intérieur du pays, comme ici à Bamako, les agents sont constamment sur le charbon. Ils méritent notre respect et notre reconnaissance.
Depuis l’attentat de la Terrasse, à aucun moment la vigilance n’a baissé. Les patrouilles sont régulièrement organisées et le résultat est que l’on peut dire que jusqu’à 50 km de Bamako, les patrouilles y sont effectuées. Sada Samaké était sur le point d’en dire plus quand le Premier ministre Modibo Keïta l’a arrêté pour dire que nous étions sur le direct et qu’il faut en tenir compte. Certes il n’y a rien à cacher aux élus, mais un autre format serait souhaitable pour en dire davantage.
Sada Samaké, appuyé par d’autres ministres a insisté sur le fait que la sécurité est une affaire de tout le monde. Seule une franche collaboration de populations permettra de lutter efficacement contre les forces négatives. Il faut que chacun à son niveau joue sa partition en mettant à la disposition des forces de sécurité les informations susceptibles de les aider à combattre ceux qui ne veulent pas du bien à notre pays.
Si ici on semble tous d’accord sur le constat et on peut reconnaître les efforts en cours, le ministre et les élus ne voient pas de la même manière le problème des passeports et des cartes d’identité.
Chiffres à l’appui, le ministre a voulu convaincre qu’il n’y a pas de pénurie, mais que c’est un problème qui se situe à un autre niveau.
Il a d’abord démenti le changement de partenaire dans la confection des passeports. Ensuite, il estime que le stock disponible, de 150 00 pièces est suffisant au regard de la moyenne d’enlèvement qui était de 121000 l’année dernière et 137 un an plus tôt. Il reconnaît que des comportements déviants ont rendu l’accès au document plus difficile aux citoyens dont beaucoup n’hésitent pas à passer par d’autres voies que celles régulièrement établies.
Idem pour les cartes d’identité. Le stock (1,2 million) est suffisant. Mais il y a des problèmes sur les lieux d’établissement. Il y a une semaine, où au cours d’une descente, il a été témoin de malversations dans un commissariat. Les sanctions ont été immédiates. Mais, dira-t-i, ce sont des choses dont on ne parle pas beaucoup, car des situations douloureuses.
Avec la direction générale de la police, il a engagé des actions vigoureuses pour sortir des rangs de la police, tous les agents au comportement déviant. C’est d’ailleurs ce qui lui vaut certains articles dans la presse. Ces dernières années quelque 242 sanctions ont été prononcées et 34 dossiers sont sur la table, indique-t-il.
Et la lutte va continuer.
A. LAM

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