Intégration du commerce : LE DIAGNOSTIC ET LES PROPOSITIONS

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Le département en charge du commerce a réuni des experts de haut niveau pour examiner le rapport d’une étude dont l’objectif est d’aider notre pays à formuler de nouvelles priorités en la matière

La salle de conférence de l’hôtel Salam abrite depuis hier, l’atelier de validation de l’Etude diagnostique sur l’intégration du commerce (EDIC) actualisée, effectuée grâce à l’accompagnement du PNUD. La cérémonie d’ouverture était présidée par le secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce, Sidi Mohamed Inchrach, en présence de l’ambassadeur du Danemark et chef de file des partenaires techniques et financiers (PTF) pour la mobilisation des ressources du Cadre intégré.
Cette session de 2 jours mobilise la crème du secrétariat exécutif du Cadre intégré renforcé (CIR), dont son coordinateur, Mbaye N’Diaye, et le chef de la section du CIR et de la coopération technique, division Afrique, des pays les moins avancés et des programmes spéciaux de la CNUCED, Stefano Inama.
Deuxième du genre, cet atelier se tient dix ans après la validation de la 1ère étude diagnostique sur l’intégration du commerce dans notre pays, qui avait été validée en décembre 2004. Selon Sidi Mohamed Inchrach, la matrice d’actions, issues des recommandations de l’EDIC 2004, avait retenu un certain nombre de mesures déclinées en projet de développement sur l’amélioration de la qualité des mangues, sur l’industrie culturelle, sur la confiturerie de mangues de Yanfolila et sur la gomme arabique. D’autres projets sont en cours d’élaboration sur le karité, les peaux et cuirs et le sésame. Au plan institutionnel, la création de l’Agence de promotion des exportations du Mali (APEX-Mali) est une mesure recommandée par l’EDIC 2004.
Malgré ces avancées significatives, le défi à relever reste encore immense, a reconnu le directeur pays du PNUD, Boubou Dramane Camara, qui a rappelé que le Mali est classé 176 sur 187 pays, avec un indice de développement humain de 0,407 en 2014, d’après le dernier rapport mondial du PNUD sur le développement humain. La reprise économique amorcée en 2014, avec une estimation du taux de croissance économique de 6%, doit être poursuivie et consolidée par la mise en œuvre d’actions vigoureuses en matière de promotion du secteur privé, d’amélioration du climat des affaires et de diversification de l’économie pour une croissance incluse et durable, a-t-il préconisé en soulignant la nécessité d’opérationnaliser les dispositifs prévus par le Conseil supérieur du secteur privé. Boubou Dramane Camara a aussi invité à l’allégement des procédures de création d’entreprises avant de saluer les résultats enregistrés.

PERFORMANCES DE LA FILIERE MANGUE. Parmi les succès enregistrés depuis la création l’EDIC, on distingue les performances de la filière mangue dont les exportations ont été multipliées par 10 depuis 2004. Ce résultat a été obtenu grâce au soutien du gouvernement, à la mobilisation des acteurs de la filière mangue, mais aussi grâce à l’appui technique et financier de partenaires comme le PNUD, la Banque mondiale, la CNUCED et le secrétariat exécutif du Cadre intégré, a souligné le directeur pays du PNUD. Ce succès, a-t-il cependant tempéré, ne doit pas cacher le fait que le Mali, qui est l’un des premiers producteurs de mangue en Afrique, figure encore derrière la Côte d’Ivoire et le Sénégal en termes de pénétration du marché européen et de transformation.
Aussi, a recommandé Boubou Dramane Camara, la mobilisation doit continuer de façon concertée pour que les autres filières de l’économie jouent pleinement leur rôle en vue d’assurer la diversification des sources de la croissance et accroître les revenus des populations pauvres, majoritairement localisées en milieu rural.
L’EDIC 2015 vise à mettre à jour le diagnostic établi et validé en décembre 2004, ainsi que les stratégies inclus dans le plan/matrice d’actions en tenant compte des reformes institutionnelles, de l’adoption de nouvelles politiques de développement, de l’évolution des performances macroéconomiques nationales, régionales et mondiales, ainsi que des études sectorielles. Le présent atelier a lieu à un moment clé de l’avenir du programme du Cadre intégré au plan international, a indiqué le secrétaire exécutif du CIR, Mbaye N’Diaye, qui a rappelé que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a tenu à Genève une réunion internationale regroupant les représentants de tous les pays les moins avancés (PMA) bénéficiant du programme, les donateurs et les organisations internationales agissant dans le domaine du commerce et du développement. Au total, plus d’une centaine de participants ont réfléchi et discuté pendant deux jours sur les évolutions nécessaires et souhaitables que devra connaître le programme du CIR à compter de janvier 2016 pour une seconde phase de cinq ans en vue d’accroître son efficacité et sa flexibilité et mieux aider les PMA à faire du commerce un instrument clé de développement économique et de création de richesses.
L’EDIC en cours de discussions est donc le résultat du travail de consultants étrangers et nationaux sous la houlette de la direction de la CNUCED, choisie par le Mali pour mener cette étude. L’étude aborde un ensemble de questions essentielles au développement économique liées au commerce et à l’investissement. Le rapport analyse également un certain nombre de filières agricoles dans la perspective de renforcer la diversification et d’augmenter les exportations au plan régional et international. L’objectif est d’aider notre pays à formuler de nouvelles priorités en matière de développement du commerce.

A. O. DIALLO

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