Chef de file de l’opposition: L’UNANIMITÉ AUTOUR DE LA DÉSIGNATION DE SOUMAÏLA CISSÉ

Les ténors des partis de l’opposition se disent prêts à accompagner leur nouveau chef de file dont les tâches ne sont pas négligeables

La chronique d’une désignation prévisible a connu son épilogue. L’Union pour la république et la démocratie (URD) a écrit celui-ci en choisissant son président Soumaïla Cissé comme chef de file de l’opposition politique lors d’une réunion extraordinaire du Bureau national exécutif du parti tenue mardi dernier au siège. L’événement n’est pas passé inaperçu pour qui connaît la personnalité de l’homme qui conduit désormais le destin de l’opposition politique. Ayant occupé plusieurs postes ministériels stratégiques dans les gouvernements du président Konaré, ayant assuré au cours de deux mandats la présidence de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine, ayant atteint à deux reprises le second tour de l’élection présidentielle (en 2002 et 2013), Soumaïla Cissé, actuellement député à l’Assemblée nationale, fait partie des hommes politiques les plus influents des deux dernières décennies dans notre pays.
Mais pour autant, la désignation de l’élu de Diré pour représenter l’opposition politique a-t-elle échappé à la polémique au sein de la grande famille des opposants ? Pour en savoir plus, nous avons approché certains partis considérés comme des poids lourds au sein de l’opposition. A commencer par l’URD elle-même, formation dirigée par Soumaïla Cissé. Le président du groupe parlementaire de l’Union pour la république et la démocratie à l’Assemblée nationale, Mody N’Diaye, explique que la démarche entreprise par son parti pour désigner un chef de file de l’opposition est tout à fait conforme à la loi qui dit que le parti de l’opposition qui a le plus grand nombre de députés à l’Assemblée nationale peut désigner le premier responsable de l’opposition politique.
Ce parti aujourd’hui n’est autre que l’URD qui possède actuellement 17 députés siégeant à l’hémicycle. « Quand la nouvelle loi portant statut de l’opposition a été promulguée le 4 mars par le président de la République, le Bureau exécutif national de notre parti a tenu une réunion extraordinaire au cours de laquelle le camarade et président Soumaïla Cissé a été désigné à l’unanimité pour être chef de file de l’opposition. Après la réunion, la primeur de l’information a été donnée aux autres partis de l’opposition. Je pense que tout le monde est d’accord, parce que nous n’avons fait que suivre la loi », détaille le député Mody N’Diaye.
Pour le 9ème vice président de l’URD, la désignation de Soumaïla Cissé comme chef de file de l’opposition aura pour avantage de renforcer davantage l’opposition contrairement à ceux qui pensent qu’une seule personne ne doit pas parler au nom de l’ensemble des partis de l’opposition. « Avant la nouvelle loi, les partis de l’opposition travaillaient ensemble. Nous ne faisions rien sans nous consulter les uns et les autres. Et le fait d’avoir un porte-parole, un interlocuteur face au pouvoir, ne fera que renforcer davantage les actions que nous allons mener en tant qu’opposition », a-t-il prédit.
LES DIFFÉRENCES SE FERONT ENTENDRE. Pour le Parti pour la renaissance africaine (PARENA), c’est tout à fait normal que le chef de file de l’opposition soit désigné au sein de l’URD. C’est une désignation logique, c’est conforme à la loi et aux résultats des dernières législatives, a commenté son président Tiébilé Dramé qui indique s’être manifesté auprès du nouveau porte-parole. « Les camarades de l’URD nous ont informé, une fois leur décision prise. Rappelons encore une fois que, selon la loi, c’est le parti d’opposition qui a le plus grand nombre de députés qui désigne le porte-parole de l’opposition. La loi ne prévoit pas de consulter le reste de l’opposition avant de faire ce choix. C’est logique. Il n’y a aucun problème du point de vue du PARENA. J’ai envoyé un message de félicitations à notre nouveau porte-parole et chef de file », a-t-il dit. Par ailleurs, le président du PARENA confirme que les partis de l’opposition travaillent ensemble depuis plusieurs mois dans le respect de leurs différences et identités propres. « Cette unité d’action se poursuivra et sera renforcée par l’existence d’un porte-parole. Mais comme il n’y a pas encore de parti unique de l’opposition,  les différentes sensibilités continueront à se faire entendre. C’est sûr », a-t-il annoncé.
Le parti proche de l’ancien président Amadou Toumani Touré (le PDES) qui a choisi d’aller aujourd’hui dans l’opposition, a lui également salué la désignation de Soumaïla Cissé à la tête de l’opposition et se dit prêt à l’accompagner dans sa nouvelle fonction. « Nous sommes à peu près douze partis de l’opposition et nous nous retrouvons régulièrement au siège de l’URD pour prendre les décisions. C’est dire que nous travaillons ensemble déjà. C’est une bonne chose que Soumaïla Cissé soit désigné par son parti pour être le chef de file de l’opposition. Nous avons décidé de l’accompagner dans son travail. Nous sommes prêts à lui fournir des experts qui peuvent en charge des dossiers au sein de son cabinet », a déclaré le chargé à la communication, mobilisation et organisation du bureau national du PDES, Nouhoun Togo. Pour lui, l’ampleur des tâches du chef de file de l’opposition est telle qu’il lui faut les moyens conséquents qui vont au-delà de ceux accordés à un simple vice-président de l’Assemblée nationale lequel n’est pas obligé d’avoir des conseillers à disposition.
Le premier vice-président du parti FARE, Souleymane Koné, estime que le choix porté sur Soumaïla Cissé est tout à fait logique et qu’il mérite d’être respecté. « La désignation de Soumaïla Cissé comme chef de file de l’opposition est le choix souverain de son parti qui est la formation politique de l’opposition parlementaire qui a le plus grand nombre de députés. Nous nous félicitons que l’URD ait pris l’initiative de nous convier à une réunion d’information sur la désignation faite de son président comme chef de file de l’opposition. C’était d’autant plus courtois que la loi ne fixe aucune formalité particulière pour cette  désignation », a-t-il indiqué.
Pour le responsable du parti FARE, logiquement c’est dans le décret d’application de la loi que sont fixées les modalités d’organisation et de fonctionnement du cabinet du chef de file de l’opposition. « Nous n’avons pas connaissance du contenu de ce décret. En fait, nous ne savons pas s’il a été pris par les autorités compétentes », s’est-il inquiété.
M. KÉITA

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