3ème Revue Mali/FMI : UNE MISSION ATTENDUE A BAMAKO EN FIN MARS

La stabilité macroéconomique, la croissance, les engagements pris par le gouvernement et la dette du pays figurent parmi les thèmes de discussion.

En prélude à la troisième revue du programme du Mali avec le Fonds monétaire international, prévue à Bamako en fin mars, le Représentant résident du FMI, Anton Op De Beke, a animé mardi après-midi un point de presse au siège local du Fonds. Cette revue intervient après la conclusion conjointe des première et deuxième, suite à la résolution par le gouvernement et le Fonds des difficultés survenues en 2014.
Le responsable de l’institution financière a saisi l’opportunité pour rappeler la mission Fonds qui consiste à venir en aide aux pays membres confrontés à des chocs, cela en vue de maintenir la stabilité macroéconomique, d’assainir les finances vis-à-vis des bailleurs de fonds. Mais, soulignera-t-il, le FMI n’a pas vocation d’octroyer de gros financements. C’est ainsi que le programme actuel avec le Mali, adopté en fin 2013, est financé à hauteur de 24 milliards de FCFA sur 3 ans avec des décaissements semestriels.

Au nombre des principaux thèmes qui seront à l’ordre du jour de la revue, Anton Op De Beke a cité l’augmentation du taux de croissance (l’un des grands objectifs du gouvernement), les engagements pris par notre pays, l’impact de la chute du prix du pétrole (sur le marché international) sur le Mali, la décentralisation en rapport avec les accords d’Alger, la dette du pays. En termes de croissance, le Représentant résident du FMI a indiqué que le taux de croissance du PIB, estimé à 6,1% en 2014, sera dépassé en raison de la bonne campagne agricole. En outre, si cette tendance se poursuivait, la croissance se fixerait entre 6 et 7% en 2015.

Concernant l’impact de la chute du prix du pétrole sur notre pays, il a expliqué que ce prix a presque baissé de moitié depuis fin 2014. Ce qui, de son point de vue, représente un atout favorable pour le gouvernement et un gain pour le pays dans la mesure où la baisse n’a pas été entièrement répercutée sur les prix à la pompe. Conséquence : cela a permis de récupérer des ressources importantes en matière de fiscalité. A l’inverse il convient de rappeler que lorsque les prix du pétrole avaient augmenté de 2008 à 2013 sur le marché international, le gouvernement avait amorti l’impact de la hausse sur les consommateurs à travers la subvention et la perte de recettes significatives. Anton Op De Beke a jugé l’actuelle démarche bonne, même si le gouvernement a perdu des recettes dans d’autres domaines et si la performance globale des recettes ne s’est pas améliorée.

Pour lui, le budget s’en sort gagnant. D’ailleurs, le gouvernement s’est fixé pour objectif d’augmenter les recettes de 0, 5% par an pour être en phase avec l’UEMOA, a-t-il ajouté. « Sans ces ressources additionnelles, la situation aurait été pire », poursuivra-t-il. A titre de comparaison, il a expliqué qu’en Europe, par exemple, où il n’y a pas de subvention, il existe un lien direct entre le prix sur le marché et le prix à la pompe. Par conséquent, la baisse du prix du pétrole a amélioré le pouvoir d’achat du consommateur qui dépense donc moins sur le pétrole alors que les recettes fiscales de la zone ont pris un coup.

LA COOPÉRATION SE PORTE BIEN. Le Représentant résident a également remis à la presse le rapport 2014 du FMI sur le Mali. Expliquant les grandes lignes de ce document, il a particulièrement mis l’accent sur les engagements du gouvernement. « Il y a beaucoup d’engagements de la part du gouvernement, y compris par rapport à un budget prudent qui figure parmi les points clefs de la revue en vue», dira-t-il.

Autre point important : le renforcement de la mise en oeuvre des règles budgétaires et de la passation des services en tant que mesures prises pour régler les dépenses hors budget. Toutefois, un pays souverain a toujours la possibilité d’avoir recours à des dépenses hors budget en cas de force majeure. Il s’agit surtout de les régulariser en conformité avec le budget. Le Représentant résident du FMI a attiré l’attention sur le fait que pour le moment, certaines dépenses ne sont pas prises en compte dans le budget, à savoir l’accord avec l’UNTM, la loi de programmation militaire et certainement les dépenses à prévoir après les accords d’Alger. « Le défi sera de se mettre d’accord sur un programme qui maintient la stabilité macroéconomique – qui est notre objectif principal – afin que l’enveloppe des ressources ne soit pas surpassée », souligné le conférencier. A cela, il faut ajouter les engagements relatifs à la mobilisation des ressources intérieures, à l’amélioration de l’efficacité des dépenses de trésorerie, du climat d’affaires, à la lutte contre la corruption. Le rapport répertorie en fait les repères essentiels à satisfaire par le gouvernement pour pouvoir avancer sur le programme.

Interrogé par rapport aux relations Mali/ FMI, Anton Op De Beke a répondu que la coopération avec notre pays se porte bien avant d’insister sur le fait que cette coopération n’avait pas été suspendue, mais pour les raisons que l’on sait, la conclusion de la première revue avait été reportée, le temps de trouver une solution bénéfique pour le pays et d’avancer.

S’agissant la dette, Anton Op De Beke a affirmé qu’une analyse conjointe avec la Banque mondiale a permis de montrer que le risque de surendettement du Mali est considéré comme modéré. En 2013, le total de la dette de notre pays se chiffrait à 26% du PIB. En 2011, il était de 89% du PIB. En 2007, il avait considérablement baissé jusqu’à 17% grâce à l’annulation de la dette par nos principaux bailleurs, la Banque mondiale et le FMI. « De notre point de vue, le pays peut se permettre une accumulation de la dette à un rythme de 4% du PIB par an, si cela se fait à des conditions concessionnelles. Cette condition a été acceptée par le gouvernement dans le contexte de la Loi de finances 2015 », a-t-il mentionné.

En ce qui concerne les sanctions relatives aux engagements pris par le gouvernement, le Représentant résident du FMI a indiqué que le Fonds attend les conclusions du système judiciaire et que ces sanctions relèvent entièrement du gouvernement.

Fatoumata MAÏGA

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