Attaque terroriste : « LA RUE PRINCESSE » EST AU TAPIS

Trois jours après l’attaque terroriste qui a fait 5 morts et de nombreux blessés dans le restaurant « La Terrasse », le pays reste toujours sous le choc même si pour ne pas céder à la psychose, aucun dispositif particulier n’est visible dans les rues de la capitale. Sauf dans la rue surnommée « Rue Princesse » où se trouve le restaurant « La Terrasse ». En effet, les alentours du restaurant restaient hermétiquement bouclés hier par les forces de l’ordre.

Dans le secteur, un silence pesant régnait au passage de notre équipe de reportage à 11h30. Le soleil côtoyait le zénith. Les ombres commençaient à se réduire. La chaleur était déjà forte. Des habitants du secteur ou ceux qui y travaillent étaient réunis en petits groupes sous les arbres ou à l’ombre des maisons.

Une vendeuse de brochettes de viande servait une clientèle qui se comptait sur les doigts d’une main. Outre la marchande de brochettes, les employés du garage-automobile contigu au bar-restaurant s’étaient regroupés près de leur lieu de travail. Ils sont tous en chômage technique aujourd’hui. La méfiance est de mise. Personne ne veut se lancer dans un débat relatif à l’attentat terroriste. Les mécaniciens m’indiquent leur chef qui consent à parler. Il s’appelle Monzon Coulibaly. Il est le patron de ce garage ouvert en 1990. « Je suis arrivé ce matin dans mon garage, totalement abattu. Nous sommes tous sous le choc et surpris. J’ai le cœur blessé. Je vois mes affaires s’écrouler. Depuis l’incident, les clients ne viennent plus. J’ai toujours entendu parler d’attentat mais je n’ai jamais imaginé que ça pouvait arriver chez nous, surtout près de mon lieu de travail », soupire Coulibaly en demandant aux autorités de redoubler d’efforts pour retrouver le ou les auteurs du crime pour les châtier, et pour sécuriser le pays.

Si dans d’autres secteurs, les gens vaquent comme à l’accoutumée à leurs occupations, le sentiment d’angoisse est diffus. Moussa Famanta, un des mécaniciens du garage, estime qu’il faut donner davantage de moyens à nos forces de sécurité : « Eux-mêmes ne sont pas en sécurité. La situation est très grave», soutient-il.

Bocar Traoré, un artiste-comédien croisé dans le secteur pense qu’il faut chercher les vrais responsables ici à Bamako. Il estime que toute l’opération a été planifiée ici dans la capitale. Dans un parking pour motos, les discussions vont bon train. Assis sur une moto garée sur le parking, un agent de sécurité privé montre du doigt un policier qui fait partie des agents du GMS qui sécurisent le site. « Regardez quel type de fusil il a, alors qu’il est plus en danger que n’importe qui », lance-t-il.

A l’intérieur de la zone quadrillée, notamment devant « La Terrasse », les forces de sécurité veillent. On nous apprend qu’il est même interdit de faire des images sur ordre de « la hiérarchie ». Bocar Danioko, le chef de l’unité du GMS déployée, soutient que la sécurité est assurée dans la capitale et qu’il n’y a pas lieu de céder à la panique. Il demande simplement à la population de collaborer avec les forces de sécurité pour leur faciliter la tâche.

Alhoudourou A. MAÏGA

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