Pourparlers inter maliens d’Alger : L’ACCORD DE PAIX SERA SIGNE FIN MARS AU MALI

La nouvelle a fait beaucoup de sensation dans la salle. Au point que certains n’ont pas pu se retenir d’applaudir. « L’accord de paix sera signé fin mars au Mali ». Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale Abdoulaye Diop, qui conduisait la délégation gouvernementale aux pourparlers d’Alger, a fait cette révélation hier au cours d’un point de presse à l’hôtel Radisson.

Le chef de la diplomatie partageait avec la presse le contenu du document d’accord paraphé le dimanche dernier dans la capitale algérienne. Le document a été paraphé par la partie gouvernementale et la Plateforme (MAA anti-indépendantiste, GATIA et la CMFPR). Quant à la Coordination des mouvements rebelles (MNLA, HCUA et MAA indépendantiste), elle a jugé bon de se donner un temps de réflexion et de consultation de sa base, avant d’apposer sa signature au bas du document (voir l’Essor d’hier).

Le ministre Diop avait à ses côtés, ses collègues de la Réconciliation nationale, Zahabi Sidi Ould Mohamed, et de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord , Hamadoun Konaté, qui l’accompagnaient pendant les négociations d’Alger. Il a axé son intervention sur trois points essentiels.

Le premier point était relatif au fait que le Mali reste un Etat indivisible, républicain et laïc. « Nous avons examiné le projet d’accord qui sera signé fin mars au Mali et nous sommes heureux de trouver que nos lignes directrices ont été respectées. Notre mandat était basé sur les principes fondateurs de la République du Mali à savoir son caractère unitaire, son indivisibilité, l’intégrité territoriale, les valeurs républicaines et la laïcité », a souligné le chef de file de la partie gouvernementale.

Le deuxième point avait trait à la sécurité et l’apaisement des souffrances des populations par le redéploiement de l’armée sur l’ensemble du territoire national et aux frontières. Cela permettra de créer un cadre idéal au retour des personnes déplacées à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Le dernier aspect concernait les questions de développement social, économique et culturel. Il s’agit de relever le niveau de vie des populations. « La crise ne sévit pas qu’au nord mais partout au Mali car tous les Maliens sont touchés. Nous devons donner le confort à tous les Maliens d’où qu’ils viennent dans le respect de la foi de tout un chacun et de la dignité de l’homme », a fait remarquer Abdoulaye Diop.
Sur le terme à polémique de « Azawad », le ministre Diop a tenu à rassurer : « le plus important pour nous c’est que dans le document, le mot Azawad ne regroupe pas l’ensemble des trois régions. Et un débat national va permettre au peuple malien de trancher. Ce débat national ne va pas porter que sur cela mais aussi sur les questions de développement et de paix ».

L’autre principal combat après la signature d’un accord est la mise en œuvre des engagements : engagements des parties, engagements des populations et engagements des partenaires. « C’est vrai qu’un document n’amène pas la paix mais cette paix nécessite un accord entre les parties en conflit. Elle nécessite également l’implication de tous les acteurs (les partis politiques, la société civile, les autorités coutumières et religieuses) et l’ensemble des populations main dans la main », a précisé Abdoulaye Diop qui a annoncé, par conséquent, qu’une large restitution aux forces vives de la nation sera faite partout dans le pays.

Les ministres Zahabi Ould Sidi Mohamed et Hamadoun Konaté ont tous salué les efforts déployés par la médiation internationale conduite par l’Algérie pour que notre pays parvienne à une paix durable à travers une solution « inclusive et consensuelle ». Et pour cela le Mali peut encore compter sur ses amis.

L’accord prévoit la mise en place des commissions nationales qui vont dégager des méthodes et critères de mise en œuvre des engagements conformément à la législation nationale.


Alhoudourou A MAÏGA

You are here: Home News Pourparlers inter maliens d’Alger : L’ACCORD DE PAIX SERA SIGNE FIN MARS AU MALI