Projet d’accord : LE PREMIER MINISTRE PARTAGE LE CONTENU AVEC LES PARTIS POLITIQUES ET LA SOCIETE CIVILE

Depuis plusieurs jours, tous les regards étaient tournés vers Alger où le gouvernement et les groupes armés devaient parapher un projet d’accord de paix. C’est finalement avec la Plateforme des mouvements armés de l’Azawad que la délégation gouvernementale a paraphé l’accord, la Coordination des mouvements armés de l’Azawad ayant demandé le temps de la réflexion avant d’apposer sa signature au document.

 C’est autour de ce projet d’accord que le Premier ministre, Modibo Keïta, a rencontré hier à la Primature les représentants de la société civile et des partis politiques (majorité et opposition) pour présenter le projet d’accord proposé par la médiation.
« Le projet d’accord soumis aux parties n’est certes pas parfait, mais il constitue un compromis que nous pouvons accepter tout en restant vigilant quant à sa mise œuvre », a indiqué le chef du gouvernement.

 Selon lui, les préoccupations essentielles du Mali sont sauvegardées dans le projet d’accord, version du 25 février et ses dispositions sont applicables à toutes les régions du Mali. « Aucune entité politique née d’un regroupement politique n’existe au-dessus de la région. Le projet respecte le caractère unitaire de l’Etat, son indivisibilité, l’intégrité territoriale, les valeurs républicaines et la laïcité », a ajouté le Premier ministre.

 Ainsi, le gouvernement rejette toute adhésion à des compromissions, mais seulement à des compromis de nature à sauver l’essentiel. « Au moment où s’ouvre une nouvelle page dans le processus d’Alger, à savoir le paraphe d’un accord de Paix, dont la signature interviendra au Mali, le gouvernement entend continuer à apporter sa contribution, à exprimer sa bonne foi, dans la recherche de la paix, en adhérant au compromis proposé par la médiation et cela dans le respect strict des principes fondateurs de la République du Mali et des idéaux autour desquels notre nation s’est forgée », a encore déclaré Modibo Keïta.

 Le gouvernement assure que la question de l’appellation « Azawad» qui figurait déjà dans le Pacte national et qui figure dans l’Accord préliminaire de Ouagadougou de 2013, dans la Feuille de route de juillet 2014, dans le projet d’accord qui vient d’être paraphé, sera définitivement tranchée à la faveur d’un débat national, débat dont l’organisation est prévue dans le présent projet d’accord.

 Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’aller vers une paix véritable : « Il s’agit de rechercher les voies et moyens visant la restauration de la paix véritable. Pas un semblant de paix qui souille le patrimoine socioculturel de notre peuple, qui souille les valeurs sur lesquelles repose notre société, mais une paix véritable qui sauvegarde le présent et ouvre des perspectives heureuses pour tous les Maliens sans aucune discrimination et pour les générations à venir.»

Le gouvernement a pris acte de la décision de la Coordination (MNLA, HCUA, MAA belligérant) de se contenter que de faire une déclaration arguant que le projet est « favorable au gouvernement ». Le gouvernement, la Plateforme (MAA anti-indépendantiste, Gatia, Cmfpr), l’OCI, les pays du Champ, la MINUSMA, ont tous paraphé le document. Le Premier ministre a souligné que la position de la Coordination est difficilement compréhensible surtout venant de la part de ceux qui ont « à cœur de construire l’édifice de la paix, du développement juste équilibré. »

Pour Modibo Keïta, le plus difficile est à venir notamment la sécurité des personnes et de leurs biens, l’organisation du retour des réfugiés et des personnes déplacées dans des conditions décentes, l’amélioration des conditions de vie et d’existence des populations.
 Un autre défi est le renforcement de l’Etat de droit en luttant contre l’injustice et l’impunité. Pour relever ces défis, Modibo Keïta invite l’ensemble des forces vives de la nation, les autorités religieuses, la société civile, les partis politiques à accompagner le gouvernement dans la recherche de la paix, de la sécurité, de l’équilibre social et l’émergence de l’Etat de droit.


 Alhoudourou A MAÏGA

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