5è réunion de suivi de Bruxelles : LE REDRESSEMENT AMORCE NECESSITE D’ETRE CONFORTE

La rencontre a dressé un bilan exhaustif des engagements mutuels pris dans le cadre du Plan pour la relance durable et envisagé de nouvelles perspectives dans la poursuite de l’action entamée.

Les travaux de la cinquième et dernière réunion du Groupe de suivi de la conférence internationale des donateurs «Ensemble pour le renouveau du Mali» (15 mai 2013 à Bruxelles) se sont achevés mardi après-midi à Bamako. La cérémonie de clôture a été présidée par le ministre du Développement social, de l’Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord, Hamidou Konaté.

Le ministre a adressé, au nom du chef de l’Etat et du peuple malien, de sincères remerciements à l’ensemble des participants et à la communauté internationale. Hamidou Konaté s’est réjoui de la qualité des échanges, de la pertinence des recommandations et surtout des résultats encourageants de la session.

Evoquant le cinquième round du dialogue inclusif inter-malien, étape décisive pour la conclusion d’un accord de paix global et définitif, qui vient de démarrer sous la facilitation de l’Algérie, chef de file de la médiation, avec l’accompagnement de la communauté internationale, il a indiqué : « j’ose espérer que l’accord de paix définitif qui sera signé au Mali amorcera un nouveau départ et forgera un destin radieux à notre pays, dans le respect de son intégrité territoriale, de son unité nationale et de sa diversité culturelle, ethnique, culturelle et religieuse, gages de paix sociale, de concorde et de prospérité ».

La prise en charge efficace de la reconstruction et des secteurs prioritaires ciblés par le gouvernement et ses partenaires (les urgences humanitaires, le développement rural, la santé, l’énergie, l’éducation, l’environnement), passe par le maintien de la dynamique de la solidarité de la communauté internationale exprimée envers notre pays, a t-il estimé.

Le gouvernement maintiendra l’élan des réformes engagées au plan national, a-t-il assuré avant de réitérer la profonde gratitude du Mali à l’Union africaine, la CEDEAO, les Nations Unies, l’Union européenne, l’OCI, l’Algérie, le Burkina Faso, la Mauritanie, au Niger, le Nigéria, le Maroc, la France, la Suisse pour leurs efforts conjoints et leur engagement à accompagner le processus de dialogue inter-malien.

UNE PAIX DURABLE. La réunion a dressé un bilan assez exhaustif des engagements mutuels pris à Bruxelles et envisagé de nouvelles perspectives dans la poursuite de l’action entamée.

Les participants ont salué la tenue de la rencontre qui a permis de mesurer les efforts fournis par le gouvernement et ses partenaires dans la mise en œuvre du Plan pour la relance durable du Mali, PRED. L’évaluation du PRED a justement fait ressortir l’importance à la fois du chemin parcouru et des défis qu’il reste à relever dans chacun des 12 domaines prioritaires du plan.

Les participants ont salué les résultats obtenus dans la mobilisation des ressources financières annoncées à Bruxelles. Sur un total de 2155 milliards de Fcfa, les appuis recensés ont été engagés à 94% et décaissés à hauteur de 76% au 31 décembre 2014. Cette aide a été apportée sous forme d’appuis budgétaires à 17%, d’aide humanitaire d’urgence à 23% en plus des appuis sectoriels.

Préoccupée par la persistance d’une situation d’insécurité dans les régions du nord, la réunion souhaite voir les pourparlers inclusifs inter-maliens d’Alger aboutir dans les meilleurs délais à la signature d’un accord permettant d’instaurer une paix durable sur l’ensemble du territoire malien.

Au-delà des appuis extérieurs, elle a réaffirmé que le financement du développement dépend en grande partie d’un effort accru de mobilisation des ressources internes au Mali. Les avancées obtenues en matière de lutte contre la corruption à travers notamment la révision du Code des marchés publics et l’adoption par l’Assemblée nationale en 2014, de la loi relative à l’enrichissement illicite ont été saluées. La rencontre a mis l’accent sur le fait que l’amélioration de la gouvernance financière et de l’Etat de droit reste la condition essentielle pour l’efficacité des politiques publiques et la mobilisation adéquate des PTF. Elle a également jugé positives les démarches qui ont permis en 2014, la reprise des appuis budgétaires au Mali.

Les partenaires techniques et financiers ont souligné à cet égard le rôle remarquable joué par le Bureau du Vérificateur général et la Cour suprême, et confirmé qu’ils restaient attentifs aux suites qui seront données à leurs rapports.

ACCOMPAGNEMENT POST-ALGER. La session se félicite des réformes engagées dans les autres domaines de la gouvernance, notamment la justice et toute la chaîne pénale et la législation foncière et a particulièrement recommandé la mise en place d’actions de communication adaptées en vue d’une meilleure information des populations

Un accent particulier a été mis sur la relance et l’approfondissement de la décentralisation, accompagnée d’une déconcentration des services de l’Etat et de l’accélération de transferts de compétences et de ressources de l’Etat vers les collectivités territoriales. La Conférence a salué la tenue des Etats généraux de la décentralisation tenus en 2013. Elle encourage à ce propos le gouvernement à progresser vers l’objectif fixé par la Conférence de Bruxelles : l’affectation de 30% des ressources publiques aux collectivités locales. Elle a souligné l’importance de l’application effective du Code des collectivités territoriales et invité le gouvernement à préciser rapidement le contenu et le calendrier de sa politique nationale de décentralisation à travers l’adoption du futur Document cadre de politique nationale de la décentralisation (DCPND). Elle a confirmé l’engagement des PTF à accompagner le gouvernement, les organisations paysannes et les collectivités territoriales dans la mise en œuvre de cette politique.

Les participants ont, entre autres, encouragé le renforcement du cadre de dialogue entre l’Etat, le secteur privé et la société civile. La conférence a noté avec intérêt la proposition d’organisation d’un Forum des investisseurs à Bamako en 2016. Elle a salué les efforts du gouvernement et de ses partenaires pour les résultats obtenus dans la lutte contre le virus Ebola tout en soulignant la nécessité de maintenir les mesures de prévention.

L’OCDE a proposé d’organiser une conférence à Paris en automne 2015, dans le cadre de l’accompagnement post-Alger. Elle a noté avec satisfaction les engagements pris par le gouvernement pour approfondir et accélérer les réformes et présenter prochainement un document de référence unique, rationalisant les documents existants, fixant les priorités nationales pour le développement du pays à moyen et long termes. Les PTF ont souhaité que ce document soit assorti d’un cadre de mesures de résultats et d’un mécanisme de suivi-évaluation basé sur la redevabilité et la transparence.

La conférence a recommandé le renforcement du cadre de dialogue entre les autorités maliennes et les PTF en vue d’un suivi régulier de la mise en œuvre des politiques et projets. Elle a approuvé l’initiative d’élaborer une Stratégie commune d’accompagnement pays (SCAP II) et préconisé sa finalisation rapide et son approbation d’ici la fin du premier semestre 2015.

F. MAÏGA 

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