Projet d’accord pour la paix et la réconciliation : ULTIME REVUE AVEC LES PARTIS ET LES FORCES VIVES

L’exercice visait à recueillir les avis, suggestions et recommandations de ces composantes de la nation pour les présenter à la médiation à Alger.

Dans nombre de sociétés, la couleur blanche est le signe de la paix. En s’habillant tout en blanc, les membres du gouvernement qui rencontraient les représentants des forces de la nation et des partis politiques, entendaient certainement réaffirmer l’indéfectible attachement des autorités nationales au processus de paix en cours dont le sort se joue à Alger où doivent reprendre dans quelques jours, les pourparlers inclusifs inter-maliens.

La délégation gouvernementale était conduite par le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop qui est le chef de la délégation gouvernementale aux négociations d’Alger, et comprenait le ministre de la Solidarité, de l’Action humanitaire et la Reconstruction du Nord, Hamadoun Konaté et celui de la Réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed. Quatre autres membres du gouvernement étaient présents à la cérémonie d’ouverture.

La rencontre qui s’est déroulée, samedi dans la salle de presse du Centre international des conférences de Bamako (CICB) a mobilisé les partis politiques de la majorité présidentielle, les organisations de la société civile, les syndicats et des partenaires techniques et financiers. Elle était organisée avec l’assistance de la MINUSMA. Les partis politiques de l’opposition n’ont pas participé aux travaux. Nous n’avons malheureusement pas pu connaître les raisons de cette absence auprès de responsables crédibles de l’opposition, pendant le week-end.
HARMONISER LES POSITIONS. Cette table ronde que le ministre des Affaires étrangères a qualifiée d’exercice d’échanges au chevet d’un malade, a permis de décortiquer dans des ateliers thématiques, le projet d’accord. L’exercice consistait surtout pour le gouvernement à recueillir les préoccupations de toutes les composantes de la nation, afin de se présenter à Alger avec un document répondant aux aspirations profondes de nos compatriotes, a encore expliqué le ministre Diop dans ses propos liminaires.

Il s’agissait également pour le gouvernement d’harmoniser les positions en vue d’enrichir les réflexions déjà menées au sein des différentes composantes de la nation sur un certain nombre de points proposés par la médiation dans le projet d’accord. Notamment la création d’organes institutionnels intégrant les trois régions du nord (qui signifierait une sorte de fédéralisme), la réforme de l’armée pour obtenir l’intégration des éléments des groupes armés. Selon Hamadoun Konaté, ces questions de fond avaient déjà fait l’objet d’un examen particulier au sein du gouvernement et une identité de vue s’est dégagée. Il ressort donc de cet examen qu’une fin de non recevoir est opposée à ces différents points.

Par contre les principes de laïcité de l’Etat, sa forme républicaine et l’intégrité du territoire sont reconnus par toutes les parties. Cela étant acquis, tous les autres points peuvent faire l’objet de négociation. Le résultat des pourparlers dépendra de la capacité de négociation et de la force des arguments de nos négociateurs. Les avis, suggestions et recommandations des participants à cette table ronde de samedi dernier seront présentés à la médiation pour être dans le cadre d’un accord de paix global et définitif.

La démarche a été positivement appréciée par les participants. Le chef de file de la majorité présidentielle, Boulkassoum Haïdara, a saisi l’occasion pour réaffirmer la disponibilité du pays à consentir des sacrifices pour parvenir à la paix qui n’a pas de prix mais a un coût à payer, avant de rappeler l’opposition de son bloc politique à toute forme de fédéralisme ou d’autonomie, ainsi que le réclame le MNLA et ses complices djihadistes. « Les forces vivent invitent les médiateurs nationaux et internationaux à ne pas se laisser distraire par une quelconque forme déguisée de fédéralisme ou d’autonomie », a-t-il dit, avant d’indiquer que la majorité s’est bien penchée sur le document de préaccord.
Il n’a pas manqué d’évoquer l’absence de l’opposition à la rencontre, qui se voulait inclusive et la position du représentant de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Celui-ci n’a pas manqué de manifester son inquiétude et son pessimisme, sur le dénouement de la crise qui n’a que trop duré. Selon lui, cet exercice démocratique ne doit pas être une simple opération de communication ou de faire valoir, au motif qu’il faille aller plus vite à un accord, surtout à un rythme à nous dicter d’ailleurs.

Il a également regretté l’absence du rapport général de l’ensemble des rencontres précédentes sur la question qui devrait refléter les critiques et suggestions précédemment formulées. En réponse à ces remarques, le ministre Abdoulaye Diop a rappelé la démarche consensuelle édictée par le président de la République et le Premier ministre, au gouvernement en vue de collecter le maximum de préoccupations pour être portées à la connaissance des médiateurs à Alger. C’est pourquoi, aucune critique, aucune observation et de suggestions n’est de trop, a-t-il insisté, avant de préciser que la table ronde est organisée à la demande des forces vives.

CINQ ATELIERS THEMATIQUES. Boulkassoum Haïdara a ensuite ajouté que la majorité présidentielle s’était penchée sur le projet d’accord pendant des semaines. La réflexion a été sanctionnée par un document contenant des observations et des propositions. Le document a été solennellement remis au Premier ministre, Modibo Kéïta, la semaine dernière. Il a promis que son contenu fera l’objet d’une large diffusion au moment venu.

Les travaux en ateliers de la table ronde ont été animés par les ministres et les experts qui ont participé aux pourparlers d’Alger. Avant d’aller dans les ateliers, le modérateur, l’ancien ministre de l’Agriculture sous la Transition, Baba Berthé a souligné aux participants qu’il ne s’agit pas de réfuter les propositions en fonction de son humeur, mais d’argumenter et faire des contre-propositions.

Cinq groupes de travail avaient été formés. Le premier dirigé par le Commissaire à la réforme administrative, l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, Lassine Boiré, s’est penché sur les principes et engagements généraux et les questions politiques et institutionnelles. Le deuxième groupe présidé par le général de brigade Salif Koné, a traité des questions de paix et de sécurité. Le troisième dirigé par Inah Ag Mohamed, avait sur sa table les questions de développement économique, social et culturel.

Le quatrième groupe qui a travaillé sous la houlette de Moussa Daouda Haïdara, a traité des aspects de la réconciliation, de la justice et des questions humanitaires. Le cinquième, dirigé par Dr Amadou Traoré, s’est penché sur la période intérimaire et les mécanismes de suivi et évaluation.

Les résultats des réflexions en ateliers ont été examinés et entérinée par la plénière avant la conclure des travaux. Ces avis, suggestions et recommandations permettront d’enrichir le mémorandum de la délégation gouvernementale sur les éléments pour la paix et la réconciliation au Mali. Nous reviendrons sur les conclusions de la table ronde dans une prochaine édition.

A. O. DIALO

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