24 ème sommet de l’UA : LA GRANDE MOBILISATON FACE AUX DEFIS DE L’HEURE

Ebola, Boko Haram, conflit au Sud Soudan, Libye, Mali, RDC ont constitué l’essentiel du menu de la rencontre des chefs d’Etat et du gouvernement

Le 24 ème sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine qui s’est déroulé du samedi 31 janvier au dimanche 1er février avait pour thème « l’autonomisation des femmes ». Mais c’est la crise sécuritaire sur le continent qui a dominé les débats samedi au siège de l’UA, dans la capitale éthiopienne. C’est le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, Abdoulaye Diop qui a représenté le président de la République Ibrahim Boubacar Keita à cette rencontre de haut niveau. Le président Ibrahim Boubacar Keita qui était attendu à ce grand rendez-vous des dirigeants africains, n’a finalement pas effectué le déplacement pour pouvoir se rendre à Gao endeuillé par la mort mardi de trois jeunes qui manifestaient devant le siège de la MINUSMA.

Le rendez-vous des dirigeants de l’Afrique a mobilisé de grosses pointures dont une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement du continent. Dans la grande salle « Nelson Mandela » qui a été officiellement inaugurée samedi, étaient notamment présents aux côtés de Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente de la Commission de l’Union africaine, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon, le président de l’Etat de la Palestine, Mahmoud Abbas et le Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont tour à tour pris la parole pour donner leurs points de vue sur les questions brulantes du moment, avant de se prononcer sur les perspectives du continent. Tous sont unanimes que pour éteindre les différents foyers de tension liés au terrorisme international, tous les Etats africains doivent se mobiliser. Certains pays comme le Tchad ont déjà donné le ton.

Le président Idriss Déby Itno n’a pas fait mystère de sa détermination à participer à une action commune au Nigeria pour mettre Boko Haram, hors d’état de nuire. Il a invité ses pairs à dépasser le cap des discours pour aller à l’action. Au Nigeria, il faut rappeler que la montée en puissance de Boko Haram, dont l’insurrection a fait plus de 13 000 morts depuis 2009, s’est encore manifestée le 25 janvier avec la prise de la localité de Monguno et une offensive sur Maiduguri, capitale régionale du nord-est, suscitant l’inquiétude chez les voisins.

Le sommet des chefs d’État et de gouvernement promet de rendre effective une force multinationale d’environ 3 000 hommes créée à la fin 2014 par les pays riverains du Lac Tchad et le Bénin, mais qui peine à entrer en action en raison de dissensions entre Abuja et ses voisins.
La cérémonie d’ouverture des travaux, ponctuée d’activités diverses, a été précédée de l’inauguration d’une gigantesque salle ovale portant désormais le nom de feu Nelson Mandela. Autre temps fort, la nomination par le collège des chefs d’Etat du président Zimbabwéen Robert Mugabe comme président en exercice de l’UA, en remplacement du Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz dont le pays devient rapporteur.
Le président Mugabe a promis dans un long discours de mettre l’accent sur le développement des infrastructures en mettant à contribution les différents partenaires au développement du contient. « Les ressources minières doivent contribuer à développer l’Afrique » a analysé le tout nouveau président en exercice de l’UA qui met un accent particulier l’accès aux terres arables. «Ces terres étaient destinées à garantir le développement de nos pays » a-t-il indiqué, précisant qu’il ne s’agit pas de chasser vaille que vaille les colonisateurs. Tirant un trait d’union avec le thème du sommet, le président Mugabe a plaidé pour l’octroi de terres aux femmes.

En marge du sommet, les dirigeants africains tentent de faire pression sur le président Sud-soudanais Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar afin qu’ils mettent fin au conflit entre leurs troupes respectives. Malgré un an de pourparlers dans la capitale éthiopienne sous l’égide de l’Organisation gouvernementale est-africaine (Igad), et plusieurs cessez-le-feu, combats et atrocités continuent au Soudan du Sud. La situation humanitaire y est catastrophique.

Le président en exercice sortant a longuement évoqué la crise d’Ebola. Les dirigeants africains se sont penchés sur la question en envisageant le rétablissement économique des pays touchés par le virus qui a fait 9 000 morts en un an, essentiellement au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone. Le président mauritanien a même préconisé l’annulation de la dette extérieure des pays affectés par le fléau.
Le ministre Diop qui n’a pas du tout chômé à Addis Abeba a rencontré en marge du sommet le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon, l’ancien patron de la Munisma Robert Koenders et plusieurs autres personnalités.


Envoyé spécial
A. M. CISSE 

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