18ème sommet des chefs d’Etat de l’UEMOA : DE SOLIDES PROGRÈS ÉCONOMIQUES

L’année 2014 a été marquée par une nette progression de l’activité au sein de l’Union dont le produit intérieur brut est passé à 6,8% contre 5,8% en 2013

La 18è session ordinaire du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) s’est tenue lundi, au Palais des Congrès de Cotonou au Bénin. Seuls les présidents Ibrahim Boubacar Keïta et Mahamadou Issoufi du Niger, étaient absents à ce rendez-vous. Notre pays était représenté par le ministre de l’Economie et des Finances, Mamadou Igor Diarra.

La cérémonie officielle d’ouverture du sommet était présidée par le président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, Boni Yayi du Bénin. Prenaient part aussi le président de la Commission de l’UEMOA, le gouverneur de la BCEAO, les présidents de la BOAD, du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers, du Comité interparlementaire, de la Cour de justice, de la Cour des comptes de l’UEMOA, de la Chambre consulaire régionale ainsi que des membres des organes et institutions spécialisées de l’Union et des représentants des organisations africaines et internationales.

Le président en exercice du conseil des ministres Gilles Baillet du Niger a fait le point de l’état d’avancement du processus d’intégration. Il a indiqué que la reprise amorcée au sein de l’UEMOA en 2012 et confirmée en 2013, s’est poursuivie en 2014. « L’année 2014 a été marquée par une nette progression de l’activité au sein de l’Union dont le produit intérieur brut est passé à 6,8% contre 5,8% en 2013 », a-t-il précisé.

Dans un contexte de faible inflation, la Banque centrale, de son côté, a mené une politique monétaire accommodante en maintenant ses taux directeurs à leur plus bas niveau historique et en accroissant ses refinancements aux banques, a ajouté Gilles Baillet.

Par ailleurs, il a expliqué que les bonnes performances économiques en 2014 ont été obtenues dans un environnement socio-politique et sécuritaire globalement apaisé, conforté par l’Acte additionnel relatif à la paix et la sécurité, adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement. L’Union a également contribué à une gestion efficace et un dénouement heureux de la récente crise politique survenue au Burkina Faso. Elle a aussi poursuivi ses réformes dans le cadre de l’approfondissement de son processus d’intégration. Le bilan est également marqué par un meilleur suivi de la mise en oeuvre des réformes communautaires.

ACTE ADDITIONNEL. La conférence des chefs d’Etat a adopté un acte additionnel portant institution d’une revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires. L’application de cet acte a permis de mener des missions de revue annuelle dans l’ensemble des pays de l’Union et les objectifs fixés sont largement atteints, a-t-il fait savoir. D’autres chantiers se sont également poursuivis comme le Programme économique régional et l’Initiative régionale pour l’énergie durable. Gilles baillet a rappelé que dans le cadre de la mobilisation des ressources pour les projets de la deuxième phase du PER, l’Union a organisé, en septembre 2014, une conférence internationale des investisseurs à Dubaï sur le thème : «Investir dans l’UEMOA». Cette Conférence, qui avait également pour but de faire connaître davantage notre espace à d’autres régions du monde et à d’autres investisseurs non traditionnels, a obtenu des résultats très encourageants.

Sur les 17 projets intégrateurs présentés, 16 ont obtenu des financements pour un montant global de 19 milliards de dollars, a-t-il souligné.

Concernant l’amélioration de la situation alimentaire, il a expliqué que des actions sont engagées à travers notamment, la mise en oeuvre des projets et programmes qui concourent au renforcement de la résilience des populations et le programme d’hydraulique villageoise de l’UEMOA, avec la prise en compte des volets agricoles, pastoraux et sociaux par des aménagements multi-usages. Des réformes sont également en cours sur le foncier rural et urbain.

Concernant l’accélération de la bancarisation et le financement bancaire des Etats membres, des concertations sont menées entre la BCEAO et la Fédération des associations professionnelles des banques et établissements financiers de l’Union. Ce qui a permis de parvenir à une réduction et une rationalisation graduelle des conditions de banque appliquées à la clientèle, a indiqué le ministre nigérien. Aussi, la première phase de ce processus, qui concerne la gratuité de certains services bancaires, a été mise en oeuvre à compter du 1er octobre 2014. La seconde sera consacrée à l’adoption d’une nomenclature minimale harmonisée des frais et commissions appliqués par les établissements de crédit à leur clientèle pour favoriser une saine concurrence ainsi qu’une inflexion des coûts.

UN TAUX DE CROISSANCE DU PIB DE 7,2%. L’amélioration des conditions de banque, conjuguée aux autres actions conduites par la Banque centrale, telles que la création du Fonds de garantie des dépôts, la baisse du taux de l’usure et la promotion des bureaux d’information sur le crédit, devraient permettre d’infléchir significativement le coût des services bancaires dans l’Union au cours des années à venir, a-t-il ajouté.

Pour ce qui est des perspectives, le taux de croissance du PIB attendu en 2015, est de 7, 2% par rapport à 6,8% en 2014. La croissance économique serait portée principalement par la poursuite des investissements dans les infrastructures ainsi que l’essor des activités minières et industrielles. Les principaux chantiers de l’Union seront poursuivis. Un accent particulier sera mis sur le renforcement de la paix et de la sécurité et la réalisation des projets et programmes régionaux qui ont un impact significatif sur les populations.

Yayi Boni a d’abord déploré le fait que notre espace soit victime de l’intolérance religieuse avant d’exprimer toute sa solidarité avec le Mali, le Niger et le Nigéria et de demander d’observer une minute de silence à la mémoire des citoyens qui sont tombés. Il a salué la présence du président de la transition du Burkina Faso, Michel Kafando et du président de Guinée Bissao, José Mario Vaz pour sa brillante réélection.

Au-delà de l’amélioration de la situation sécuritaire et des performances enregistrées dans l’Union, il a souligné que des inquiétudes demeurent en matière de paix et de sécurité en raison des mouvements des groupes armés et de la tenue d’élections dans plusieurs pays en 2015. D’où la nécessité de renforcer les actions en matière de gouvernance pour sauvegarder la sécurité. Yayi Boni a par ailleurs, exprimé sa solidarité aux pays touchés par la maladie à virus Ebola et remercié la communauté internationale pour son appui aux mesures vigoureuses visant à lutter contre la propagation de cette maladie mortelle. Il a par ailleurs indiqué que l’inflation est maîtrisée dans l’UEMOA.

Concernant les textes communautaires, il a déploré la faiblesse de leur niveau d’application (50%) et souhaité que la mise en œuvre des conclusions de la revue annuelle permette de redynamiser le processus d’intégration. Il a estimé que le pacte de convergence doit faire l’objet d’une attention particulière.

Parmi les défis à relever par l’UEMOA, le président du Bénin a cité la libre circulation des biens, des personnes et des services, la sécurité alimentaire, l’énergie, le financement de l’économie, la stabilité et la sécurité, la formation professionnelle et l’emploi des jeunes.


F. MAÏGA 

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