Vœux des Institutions de la République au chef de l’Etat : UNE CONFIANCE RÉAFFIRMÉE EN L’AVENIR

Les présidents des institutions ont admis les difficultés rencontrées, mais soulignent la capacité de notre démocratie de s’améliorer en se réformant

Après le gouvernement, c’était au tour des présidents des Institutions de la République d’adresser leurs vœux de Nouvel an au chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta. Intervenant en première position, le président de l’Assemblée nationale a indiqué que son institution a mené de nombreuses activités en 2014, ainsi qu’en témoigne l’adoption de plus de 60 projets de loi au cours des sessions ordinaires et extraordinaires. Sur le plan de l’amélioration de la gouvernance, l’honorable Issiaka Sidibé fera noter que les députés ont adopté des textes relatifs à la prévention et à la répression de l’enrichissement illicite au Mali. D’autres activités ont concerné des missions à l’étranger dans le cadre des rencontres interparlementaires, notamment en Afrique du sud, au Qatar, en Algérie, au Tchad.

Pour le président de l’Assemblée nationale, l’année qui s’achève a été pénible pour notre pays dans plusieurs domaines. Par rapport à la crise du Nord, il a fait part de la satisfaction de l’Assemblée nationale par rapport aux avancées enregistrées dans les pourparlers d’Alger dont la finalité est la signature d’un accord qui permettra d’instaurer une paix durable dans notre pays. « Il n’est pas question d’envisager une partition du pays. Par ailleurs, nous rejetons l’extrémisme religieux dans ce pays », a-t-il martelé, ajoutant qu’il faut éviter de faire amalgame entre les terroristes et les paisibles citoyens.

En réponse, le président de la République a apprécié de manière positive le rôle que les députés jouent dans la bonne marche de la démocratie dans notre pays. Ibrahim Boubacar Kéita a encouragé les parlementaires à renforcer le contrôle de l’action du gouvernement au nom de l’intérêt supérieur du pays. Par ailleurs, le président Kéita a exprimé son optimisme pour la suite des pourparlers d’Alger tout en rappelant que l’accord sera signé au Mali.

Dans son adresse au chef de l’Etat, le président de la Cour suprême dira lui aussi que l’année 2014 s’est déroulée dans un contexte difficile pour notre pays, même si la fin intervient sur une note d’espoir avec la reprise de la coopération budgétaire avec des partenaires techniques et financiers et avec les bons résultats obtenus dans la lutte conte la maladie à virus Ebola. Nouhoun Tapili a aussi dressé le bilan des activités de son institution en 2014. La Section judiciaire a rendu 478 arrêts ; la Section administrative, 338 arrêts ; la Section des comptes a rendu son rapport annuel et d’autres rapports à la suite des demandes spécifiques ; et enfin, le Parquet général a produit 419 conclusions et effectué 235 réquisitions.

LE COURAGE DU PRÉSIDENT. Le président de la Cour suprême a saisi l’occasion pour rappeler les actions entreprises par les autorités afin de garantir une bonne distribution de la justice dans notre pays. A ce propos, il a cité le décret portant réforme de la Cour suprême et qui permettra à l’institution de renforcer considérablement ses effectifs. Nouhoun Tapili a également salué l’engagement du président de la République à instaurer une justice de qualité en vue de consolider la démocratie et l’état de droit dans notre pays. Il a enfin salué la détermination du Premier magistrat à rétablir la confiance entre gouvernants et gouvernés.

Dans sa réponse, le chef de l’Etat a réaffirmé son engagement à soutenir les réformes de la justice dans notre pays. « Combien j’attache de l’importance au droit et aux hommes qui l’animent. Le droit est le socle essentiel sans lequel tout est vain », a-t-il souligné avant de d’exprimer sa détermination de faire en sorte que l’institution judiciaire ne soit pas « clochardisée» dans notre pays.

Dans son intervention, le président de la Cour constitutionnelle a rappelé le rôle principal de son institution, à savoir le contrôle de la constitutionalité des lois. Amadi Tamba Camara a estimé qu’après 20 ans d’existence la Cour constitutionnelle a besoin d’être reformée. A ce propos, il a évoqué l’ouverture de la saisine de la Cour par le citoyen et la possibilité d’instaurer un contrôle de loi avant le vote. En réponse, le chef de l’Etat a salué le rôle que l’institution joue dans l’ancrage de la démocratie au Mali. Il a promis de prendre en compte certaines préoccupations de la haute juridiction. Toutefois, le chef de l’Etat a émis une forte réserve par rapport à toute initiative entrainant une révision constitutionnelle.

C’était la première fois pour le président de la Haute cour de justice (HCJ) adressait ses vœux de Nouvel an au président de la République. En effet, c’est seulement cette année que l’existence de cette institution a été rendue effective avec la mise en place d’un bureau. Son président, Abderhamane Niang, a salué le courage du président Ibrahim Boubacar Keïta d’avoir encouragé cette évolution. Car comme on le sait, la mission principale de l’institution est de juger le président de la République et les ministres pour les délits et crimes – comme la haute trahison – commis dans l’exercice de leurs fonctions. Il a assuré que la Haute cour de justice va pleinement jouer son rôle pour la consolidation de la démocratie dans notre pays.

UNE RÉGIONALISATION COHÉRENTE. En réponse, le président de la République dira que la mise en place de l’institution est la preuve de sa détermination de faire en sorte que nul ne soit au-dessus de la loi dans ce pays. « Je l’ai dit et je le répète aujourd’hui, votre tâche n’est pas de faire une chasse aux sorcières. Je n’ai de compte à régler avec aucun Malien. Cet rappel est très important », a-t-il fait savoir avant d’insister encore sur l’importance de la mission de la Haute cour de justice.

Quant au président du Haut conseil des collectivités territoriales, il a salué les efforts du chef de l’Etat et du gouvernement dans la recherche d’une paix définitive et durable dans le Nord du pays. Oumarou Ag Mohamed Ibrahim a insisté sur la préservation de l’unité du pays en assurant que « le Mali ne sombrera jamais, car nous sommes soudés ». Il a dit avoir particulièrement apprécié dans les décisions du président de la République l’annonce de la création des agences régionales de développement et surtout l’instauration de la régionalisation comme système de gouvernance locale après la signature d’un accord avec les groupes armés du Nord.

En réponse, le chef de l’Etat a réaffirmé son ambition d’instaurer une régionalisation cohérente afin de booster de manière efficace le développement économique, social et culturel au niveau des collectivités locales. Le président a aussi salué le patriotisme du président du Haut conseil des collectivités territoriales, son attachement à l’unité nationale et son goût au travail bien fait.

Le président du Conseil économique, social et culturel a, lui aussi, souligné la nécessité de sauver les négociations d’Alger afin que notre pays puisse prendre possession de l’ensemble de l’étendue de son territoire. Jeamille Bittar a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les autorités dans l’atteinte de cet objectif. Il a salué le retour des bailleurs de fonds qui permettra aussi de rassurer les investisseurs. Jeamille Bittar a enfin sollicité la relecture des textes du Conseil économique, social et culturel afin que certaines associations crédibles puissent y faire leur entrée.

Dans sa réponse, le président de la République a affiché son optimisme par rapport à la relance économique à travers des investissements qui seront garantis par l’Etat. Par rapport au règlement de la crise du Nord, Ibrahim Boubacar Keïta a promis que pas un centimètre carré du territoire légué par nos ancêtres ne restera aux mains des ennemis.

 

M. KEÏTA

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