Bilan de la campagne cotonnière et de commercialisation : SOUS DE BONS AUSPICES

Au-delà des résultats satisfaisants, il faut miser sur le coton de très bonne qualité pour compenser la baisse des cours mondiaux

Aucune raison de verser dans l’euphorie, mais de solides motifs de satisfaction. Ainsi pourrait-on caractériser l’atmosphère dans laquelle s’est déroulée hier la réunion faisant le bilan de la campagne agricole 2013-2014 et de commercialisation 2014-2015. Le président directeur général de la Holding Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), Kalfa Sanogo présidait l’événement en présence du président de l’Union nationale des sociétés coopératives de producteurs de coton (UNSCPC), Bakary Togola, du directeur général adjoint de l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN), Mamadou Lamine Sylla, du chef de la Mission de restructuration du secteur coton, Abdoulaye Koïta et de représentants des producteurs.

Les objectifs de production de la campagne agricole 2013-2014 dans les zones cotonnières étaient fixés à 522.000 tonnes de coton graine et 2 millions de tonnes de céréales sèches. A l’issue de la campagne, les résultats annonçaient une production de 440.027 tonnes, dont 11.997 tonnes pour les zones OHVN. Cette production a été entièrement transportée, payée (avant le 20 avril 2014) et égrenée.

Sur le plan de la qualité, les grades de tête représentaient 77% de la production contre un objectif de 85%. Quant à la production céréalière, elle a atteint 1.697.000 tonnes, dont 822.800 tonnes de maïs. Cette production suffit largement pour couvrir les besoins de consommation des populations des zones CMDT, car le disponible par habitant et par an est de 349 kilos contre une norme de la FAO de 250 kilos de céréales.

La campagne agricole 2014-2015 a été caractérisée en zones CMDT par le paiement du coton graine aux producteurs avant la fin avril 2014 ; la fixation du prix du coton graine à 235 Fcfa le kilogramme 1er choix, 210 Fcfa le 2è choix et 190 Fcfa le 3è choix ; le maintien par l’Etat de la subvention des engrais dont le prix est passé de 12.500 à 11.000 Fcfa le sac de 50 kilos ; la satisfaction des besoins en intrants et appareils de traitement phytosanitaire. Par ailleurs, l’irrégularité des pluies en début de campagne et l’abondance des précipitations en fin de saison, notamment les dernières grandes pluies de novembre, ont affecté les cultures cotonnières.

Toutefois, la pression parasitaire a été maîtrisée. Cependant le cours mondial de la fibre de coton connaît une baisse sur le marché international, ce qui pourrait affecter les recettes.

Toutefois, a rappelé Kalfa Sanogo, cette baisse des cours mondiaux de la fibre peut être compensée par la qualité du coton malien vendu sur le marché. Il a, de ce fait, vivement exhorté les paysans à fournir un grand pourcentage de grades de tête au-delà des 77% déjà obtenus. « Le gain en qualité permettrait à la société d’engranger des revenus substantiels afin de pouvoir payer une ristourne en retour aux paysans », a précisé le PDG. Il a aussi rappelé qu’une ristourne de 5 Fcfa par kilo a été versée aux paysans au titre de la campagne agricole 2013-2014.

UNE NOTE 18 SUR 20. Kalfa Sanogo a aussi rappelé les efforts déployés par la structure à l’endroit de l’encadrement afin de rendre la campagne agricole 2014-2015 plus performante. Ainsi des mesures d’accompagnement incitatives ont été prises au nombre desquelles, le PDG a relevé l’augmentation – quoique minime – de 5% des salaires des travailleurs, l’amélioration des indemnités, le renouvellement du parc auto et motos, l’approvisionnement en équipements de travail (comme les GPS, les pluviomètres), le financement de l’opération « Pluies provoquées » en vue de pallier d’éventuels déficits pluviométriques susceptibles d’affecter la campagne.

Ces efforts ainsi déployés n’ont pas été vains, a reconnu le PDG qui a félicité l’encadrement et les paysans pour les résultats obtenus. Sur un objectif initial de production de 600.000 tonnes de coton graine et dépit des aléas, la CMDT récoltera 550.000 tonnes cette année. Ce qui donne un taux d’exécution de 91% de l’objectif, et une note 18 sur 20 s’il fallait évaluer les agents et les producteurs. Le ramassage et le paiement du coton graine se poursuivent normalement. Kalfa Sanogo a rappelé qu’il a instruit à ce qu’aucun paysan ne soit payé au delà de 15 jours après l’enlèvement de son coton.

Il a aussi insisté sur l’encouragement à donner aux producteurs performants, tels Karamoko Dembélé, un producteur du village de Léléni (Filiale Nord-Est-SA de Koutiala) qui fait bon an, mal an, 2 tonnes de coton à l’hectare et cela avec les variétés locales de semences. L’intéressé a remporté plusieurs prix et distinctions à telle enseigne que la société l’a classé hors compétition et l’a mis en catégorie exceptionnelle. Il n’est pas le seul dans la zone, d’autres paysans font de même et doivent être encouragés.

Le président de l’UNSCPC et président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Bakary Togola a félicité et remercié le PDG pour la mesure incitative qui permettra aux paysans de bénéficier rapidement du fruit de leur labeur. Il a rappelé l’importance dans l’économie malienne de la filière coton qui fait vivre plus de 3 millions de personnes et qui génère un revenu de plus de 200 milliards Fcfa par an.

Faisant référence aux remous qui ont récemment secoué le réseau des sociétés coopératives de producteurs de coton dans certaines zones (Kadiolo, Koutiala, Markacoungo et Kokofata), le président Togola a assuré que la corporation défendra les intérêts des paysans et barrera la route aux fauteurs de troubles. Il a, par ailleurs, déploré le fait que ce soient des paysans endettés qui ont abandonné la culture du coton ainsi que des commerçants ruinés qui sèment le trouble dans les esprits d’honnêtes paysans en vue de s’accaparer du fruit de leur labeur. Mais ces menées seront neutralisées par le réseau.

M. COULIBALY

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