Pourparlers d’Alger : DES EQUIVOQUES A LEVER

Au cours d’une conférence de presse, des membres du gouvernement ont expliqué que les lignes rouges tracées par les plus hautes autorités n’ont pas été franchies. Mais certaines nuances doivent être clarifiées

La première étape de la troisième phase des pourparlers entre le gouvernement et les groupes armés du Nord qui s’est tenue du 20 au 27 novembre dernier à Alger a été sanctionnée par l’élaboration d’un projet de préaccord pour la paix et la réconciliation. Le document a été remis à tous les protagonistes qui ont jusqu’en début janvier 2015 pour l’examiner et faire éventuellement des recommandations. Ledit document a fait l’objet hier d’une conférence de presse animée par trois ministres qui font partie de la délégation du gouvernement à Alger : Hamadoun Konaté (Solidarité, Action humanitaire et Reconstruction du Nord), Zahabi Ould Sidi Mohamed (Réconciliation nationale) et Ousmane Sy (Décentralisation et Ville).

Selon les conférenciers, le projet de préaccord qui a été remis aux différentes parties par l’équipe de la médiation à l’issue des discussions du 20 au 27 novembre dernier est presque la reprise du document de synthèse dans lequel il a été constaté que les lignes rouges tracées par les plus hautes autorités dans le cadre de ces pourparlers n’ont pas été franchies à savoir l’intégrité territoriale, l’unité nationale, la forme laïque et républicaine de l’Etat. Par ailleurs, les conférenciers ont tenu à préciser que la notion de « fédération » défendue par certains groupes armés aux négociations ne figure pas non plus dans le projet de préaccord.

«Ce projet de préaccord est une avancée parce que pour nous, les points non négociables ne sont pas dedans, à savoir l’intégrité territoriale, l’unité nationale, la forme laïque et républicaine de l’Etat », a assuré le ministre de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la Construction du nord. Hamadoun Konaté a toute fois souligné que le document comporte certaines ambigüités qu’il faut corriger pour que le gouvernement soit vraiment satisfait. Il s’agit par exemple en parcourant le document, souvent le mot « Etat » est écrit avec majuscule ou minuscule. Ou la « Région » au pluriel ou singulier. Selon le ministre Konaté, ces nuances doivent être levées car dans un accord d’une grande importance chaque mot a son sens.

Les questions des journalistes ont essentiellement porté sur la notion de « fédération » à laquelle le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés s’accrochent ; la problématique de quotas des représentants des régions du Nord dans les institutions de la République ; la question de la sécurisation du Nord par les forces armées et les groupes armés.

Les conférenciers estiment qu’à partir du moment où le projet de préaccord ne prend pas en compte la notion de fédération, il n’y a pas lieu de s’attarder sur cette question. « En janvier, nous saurons les groupes armés qui sont pour la paix et ceux qui cherchent autre chose », dira le ministre de la Renonciation nationale. Selon Zahabi Oud Sidi Mohamed, la manière dont les négociations se sont déroulées jusque là dans la capitale algérienne pressage que la majorité des groupes armés est prête à signer un accord pour la paix au Mali. « Dans tout regroupement, il y a des radicaux et on ne peut rien contre ça », a-t-il indiqué comme pour dire que ceux qui s’accrochent au fédéralisme seront appelés à assumer leur responsabilité tôt ou tard.

Par rapport au problème de quotas des représentants du nord dans les institutions de la République, les conférenciers diront que cette question n’ayant pas été encore résolue, le gouvernement la remettra certainement sur la table aux prochaines rencontres à Alger. Pour eux, ce problème de quota n’est pas un élément qui peut remettre en cause la signature d’un accord car dans notre pays il est prévu au moins un député par circonscription électorale. C’est le cas de certaines circonscriptions du nord qui ont moins de 4000 habitants au lieu de 60 000 selon la loi pour avoir un député.

En ce qui concerne la question de la sécurité, les conférenciers ont soutenu que la sécurisation du territoire national revient naturellement à l’armée. Selon eux, les éléments des groupes armés qui vont intégrer l’armée après la signature d’un accord respecteront forcement les critères définis en la matière.

 

M. KEITA

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