Plateforme ministérielle de coordination des stratégies au Sahel : UNE VOLONTE INEBRANLABLE DE FAIRE FACE AUX MENACES

Bamako appelle à une meilleure mobilisation des ressources et des énergies en vue de répondre efficacement aux besoins à long terme de la région du Sahel dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, du développement et de l’humanitaire

 La 3è réunion de la Plateforme ministérielle de coordination des stratégies Sahel a comblé les attentes en réaffirmant la volonté inébranlable des Etats du Sahel à combattre les maux qui assaillent leur région. Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale,Abdoulaye Diop, qui présidait les travaux hier au Centre international de conférences, a transmis les remerciements du gouvernement à Mme Hiroute Guébré Sélassié, envoyée spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour le Sahel, et Pierre Buyoya, Haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel. Par la même occasion, Abdoulaye Diop a salué tous les partenaires techniques et financiers pour leur contribution remarquable aux efforts de développement et l’intérêt constant qu’ils portent à la région du Sahel.

Cette rencontre de haut niveau se tient chez nous parce que la présidence biennale tournante a été confiée, pour les deux premières années, à notre pays. Elle a pour but de « permettre une durabilité raisonnable dans la prise en charge des problèmes à résoudre, de maintenir l’attention sur les défis importants auxquels la région du Sahel est confrontée, d’adopter les priorités communes pour les initiatives régionales au Sahel et d’assurer le suivi des progrès réalisés, notamment à travers l’appui coordonné de la Communauté internationale ».

A l’ouverture des travaux, le ministre Diop a fixé le décor en indiquant qu’en application de la Résolution 2056 (2012) du Conseil de sécurité, le secrétaire général des Nations Unies a élaboré une stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, destinée à établir la cohérence et l’intégration des démarches de l’ONU à l’appui des gouvernements et des peuples des pays de la région du Sahel, pour une perspective de développement durable.

Quel est le contenu de cette stratégie ? Elle comporte trois volets, énumère le ministre : la gouvernance, la sécurité et la résilience. Cette stratégie vient en complément des initiatives et mesures prises, soit par les Etats du Sahel, soit par d’autres organismes ou entités, notamment l’Union africaine, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), l’Union du Maghreb arabe, la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CENSAD), l’Union européenne. Elle souligne également la nécessité de coordination des différentes initiatives pour le Sahel.

PRESIDENCE ROTATIVE. « Ainsi, à la faveur de la visite de haut niveau, effectuée dans les pays du Sahel par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, le gouvernement de la République du Mali a organisé, le 5 novembre 2013 à Bamako, la première réunion ministérielle sur la stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel », a rappelé le ministre Diop. Il a précisé que cette « réunion a établi une plateforme ministérielle de coordination avec une présidence rotative dotée d’un secrétariat technique co-présidé par l’Union africaine et les Nations Unies. Il a été également convenu de tenir des réunions semestrielles ».

Ce n’est pas la première fois qu’une telle rencontre se passe à Bamako. En mai dernier, la 2è réunion a travaillé sur la Feuille de route de la présidence malienne. Celle-ci s’inscrit aussi dans le cadre de la recherche d’une paix durable dans la région, gage d’un développement durable. « Le Mali estime que la résilience des populations du Sahel doit être assurée en éliminant les causes sous-jacentes et autres conséquences de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et par la promotion du développement à travers la réalisation de projets régionaux dans les domaines prioritaires comme l’énergie solaire, les infrastructures, les routes, l’agriculture, la santé et l’éducation », a développé le ministre des Affaires étrangères.

La 3è réunion de la plateforme, comme les deux premières, a rempli toutes ses promesses. Elle a, en effet, permis de faire le point de la mise en œuvre de la Feuille de route de la présidence malienne, des activités du secrétariat technique, de la finalisation de la cartographie des stratégies Sahel, de la désignation des points focaux, de l’élaboration des termes de référence de la plateforme et du secrétariat technique, de la définition des modalités d’un partenariat avec le secrétariat du G5 Sahel, etc.

L’argent, nerf de la guerre, n’est pas toujours au rendez-vous pour financer les stratégies. Le ministre des Affaires étrangères a, par conséquent, renouvelé son « appel à la Communauté internationale, y compris le Système des Nations Unies, les institutions financières internationales dont la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, l’Union africaine à travers le NEPAD, pour une meilleure mobilisation des ressources et des énergies en vue de répondre efficacement aux besoins à long terme de la région du Sahel dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, du développement et de l’humanitaire ».

Avant lui, Pierre Buyoya s’est inquiété de la recrudescence des actes terroristes, des trafics en tous genres et de la prévalence de la criminalité́ transfrontalière organisée. Les attaques sporadiques, mais persistantes au nord du Mali, les sévices du groupe Boko Haram au Nigeria et au Cameroun et la situation d’instabilité généralisée en Libye illustrent bien ce constat, a analysé l’envoyé spécial de l’Union africaine. A ces préoccupations d’ordre sécuritaire, il faut ajouter la crise socio-économique représentée par la propagation de la maladie à virus Ebola qui constitue une menace sérieuse pour plusieurs pays de la région ouest-africaine, y compris des pays du Sahel. Pour le Haut représentant de l’UA, tout cela nous interpelle à continuer de conjuguer nos efforts, afin de faire face à ces menaces et bien gérer leurs conséquences politiques, humaines, sociales, et économiques.

A. M. CISSE  

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