Premier cas d’Ebola confirmé au Mali : LE BRANLE-BAS

Le gouvernement est en train de mettre tout en œuvre pour stopper la propagation du virus dans notre pays

La fillette de 2 ans, premier cas d’Ebola sur le territoire malien, est décédée vendredi soir à Kayes. Son état qui s’était pourtant amélioré dans la journée, s’est brusquement détérioré dans la soirée. Les efforts du personnel médical n’ont pas permis de sauver la fillette qui fut inhumée le samedi dernier dans le cimetière de Kayes conformément aux consignes de l’OMS. Le corps a été enfoui dans une tombe de 2 m de profondeur et d’un mètre de longueur. La grand-mère de la défunte, considérée comme contact à haut risque, a été placée en isolement. Toute l’opération a été menée par l’équipe pluridisciplinaire nationale composée des représentants du ministère de la Santé, de l’UNICEF, de l’OMS, venue de Bamako pour renforcer l’équipe régionale.

Le président Ibrahim Boubacar Keita a assuré sur RFI samedi matin que le Mali ne fermera pas sa frontière avec la Guinée, l’un des foyers importants d’Ebola en Afrique de l’ouest. Cette position du gouvernement est conforme à l’avis des experts de l’OMS qui estiment que la fermeture des frontières n’est pas la solution.

C’est jeudi dernier que le gouvernement a annoncé qu’une fillette de 2 ans était malade de la fièvre Ebola. Les investigations conduites ont permis de reconstituer le parcours de la malade. Elle est arrivée à Bamako en provenance de Guinée et en compagnie de sa grand-mère, le lundi 20 octobre, après les funérailles de son père. Après une escale de quatre heures dans une famille, elles sont reparties à bord d’un autobus pour Kayes où elles sont arrivées le lendemain 21 octobre à 10H00.

Dès que les symptômes de la fièvre se sont manifestés ce même mardi, sa famille l’a fait admettre d’abord dans une clinique puis à l’hôpital régional Fousseyni Daou comme cas suspect.

Les équipes dépêchées de Bamako pour renforcer les services régionaux ont effectué les prélèvements nécessaires. Les analyses des échantillons se sont avérées positives. Une prise en charge immédiate a été effectuée.

Dès le jeudi, assure un communiqué de la Primature, les dispositions ont été prises pour identifier la famille hôte à Bamako, les compagnons de voyage de la fillette et de sa grand-mère, le personnel médical de premier contact, le voisinage du domicile à Kayes. Toutes ces personnes ont été prises en charge et placées sous surveillance stricte. Le véhicule de transport a été retrouvé à Kéniéba et désinfecté. Les autorités régionales, sous l’autorité du gouverneur, s’activent à collecter des informations complémentaires pour faire face à toute éventualité.

Une réunion interministérielle, présidée par le Premier ministre Moussa Mara, a regroupé, vendredi, une douzaine de membres du gouvernement (Intérieur, Défense, Education, Commerce, Santé, Affaires Etrangères, Equipements, Jeunesse, Habitat) et les représentants d’autres ministères parmi lesquels la Communication. Cette réunion a permis d’effectuer une nouvelle évaluation du dispositif et de prendre plusieurs recommandations.

Ainsi, annonce le communiqué, les transporteurs seront astreints à renseigner les listes et les adresses des passagers et à disposer de produits désinfectants. Des équipes supplémentaires et du matériel ont été dépêchés à Kayes pour appuyer celles opérant sur place et installer un centre de prise en charge isolé. Les dispositifs matériels seront renforcés dans toutes les régions dans le cadre du pré-positionnement et une cellule opérationnelle de coordination a été recommandée par l’OMS.

Le communiqué rappelle que les partenaires techniques et financiers comme l’OMS, CDC et la Chine sont très engagés auprès des autorités afin de renforcer la prévention et la lutte. Des appels au calme ont été lancés et la population a été invitée à ne pas céder à la panique.

Depuis quelques mois et à titre préventif, le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique dispose d’un plan de contingence ventilé auprès des partenaires techniques et financiers.

Parmi les dispositions prises, on retient :

  • le renforcement du contrôle sanitaire aux frontières terrestres et aéroportuaires par l’instauration de cordons sanitaires ;
  • l’ouverture de deux lignes vertes (80 00 88 88 et 80 00 89 89), destinées à répondre aux questions du public et l’activation des comités permanents de gestion des épidémies à tous les niveaux ;
  • la création d’un comité de coordination des activités de prévention et de prise en charge de la fièvre Ebola ;
  • la mise en place d’une équipe d’intervention rapide ;
  • le renforcement de la surveillance épidémiologique dans tout le pays et surtout dans les régions frontalières avec la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et même la Mauritanie ;
  • la mise en place de dispositifs de sensibilisation et d’information qui conseillent d’éviter les déplacements non essentiels vers les zones d’épidémie et de respecter les mesures d’hygiène et de sécurité édictées en la matière.
     
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