Opération Piana : PATROUILLE CONJOINTE DANS LE GOURMA

Elle a mobilisé 430 militaires dont 200 éléments de l’armée malienne, 200 de l’opération Barkhane et 30 de la MINUSMA

L’opération Piana qui était en cours dans la région de Gao depuis le 12 octobre a pris fin hier. Piana est une commune française située dans le département de la Corse-du-Sud. C’est sous ce nom que les forces de l’opération française Barkhane, de la MINUSMA et de l’armée malienne ont lancé, dans la plus grande discrétion, une patrouille conjointe dans la zone du Gourma, devenue ces derniers temps, un nid des terroristes et de bandits de grands chemins, qui n’hésitent pas à s’attaquer aux militaires en patrouille. Ces hors-la-loi ne se privent pas non plus de lancer des obus sur les bases militaires.

C’est pour mettre fin à ces actions terroristes que l’opération Piana a été lancée. La patrouille d’envergure a mobilisé 430 militaires dont 200 éléments de l’armée malienne, 200 de l’opération Barkhane et 30 de la MINUSMA. Les militaires ont ratissé les zones d’Ansongo et du Gourma du 12 au 19 octobre.

Une délégation conduite par le chef adjoint de la MINUSMA le Béninois Arnauld Akodjènou, s’est rendue jeudi sur le terrain pour s’assurer du bon déroulement de l’opération. Elle comprenait notamment le général Didier Dacko, et des chefs militaires de Barkhane et de la MINUSMA.

Avant de nous rendre sur le terrain, la délégation a eu droit à un briefing au poste de commandement conjoint à l’aéroport de Gao. Les différents responsables de l’opération ont fait le point de la patrouille tripartie en cours. Il n’y avait rien de particulier à signaler. Arnauld Akodjènou a salué le retour des soldats nigériens sur le terrain, une dizaine de jours après l’attaque meurtrière qui a causé la mort de neuf d’entre eux, le 3 octobre dernier. Il a surtout apprécié la bonne collaboration entre les soldats et les populations locales.

Le général Didier Dacko a indiqué qu’à travers cette patrouille commune, l’armée malienne cherche à reprendre le contrôle du terrain. « Il y a du banditisme dans cette zone et c’est ce que nous cherchons progressivement à éradiquer avec l’appui des forces partenaires. Mais il est possible aussi, compte tenu de l’étendue du territoire, que des forces hostiles puissent habiter cette zone », a indiqué le général Dacko.

Le colonel Moussa Mahamadou qui commande un détachement nigérien de la MINUSMA, a expliqué qu’il s’agit avant tout de rassurer les populations. « Nous sommes là pour la population. Si nous sommes venus en armes, c’est parce que c’est une zone d’insécurité en raison du banditisme qui y règne », précisera-t-il.

C’est à bord d’un hélicoptère de transport de troupes Chinook de la MINUSMA que la délégation a quitté la base militaire de Gao pour Fafa, localité située à 150 km de Gao et 45 km de la frontière nigérienne. Le vol a duré 45 minutes, sous la protection d’un hélicoptère de combat.

Cette opération civilo-militaire a été saluée par les populations locales. C’est le cas de Aliou Diallo, un habitant de la localité de Fafa, qui n’a pas caché sa joie de voir les militaires maliens, français et les Casques bleus dans son village. « Je suis très content de voir tous ces militaires ici. Il faut reconnaître que les gens se sentaient abandonnés après l’intervention militaire de 2013. Si ces mêmes militaires retournent auprès de nous pour nous sécuriser, on ne peut que s’en réjouir », a-t-il témoigné.

À Fafa, le capitaine Aliou Badra Camara de l’ETIA 14, chargé de mener l’opération sur le terrain, a apprécié la bonne collaboration des populations, même si le début était un peu difficile. Le commandant Thomas Cazier de l’opération Barkhane a expliqué qu’il a fallu une heure pour rassurer les populations concernant la présence des militaires en armes dans le village.

La visite du chef adjoint de la MINUSMA a coïncidé avec une rencontre entre le médecin militaire de l’opération et les élèves à l’école de Fafa. Le toubib était venu expliquer aux élèves les mesures préventives contre le virus Ébola. Dans cette école, il y a un effectif de 410 élèves dont 221 filles.

Les chefs de l’opération ont assuré qu’elle sera étendue à toutes les zones où le besoin se fait sentir. « Il y a un début à tout », a ajouté le colonel nigérien de la MINUSMA.

Envoyé spécial

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