Investissements : LES ENTREPRISES FRANÇAISES À LA CONQUÊTE DU MARCHÉ MALIEN

Plus de 20 grands patrons séjournent actuellement dans notre pays pour explorer les opportunités d’affaires dans le cadre de la relance économique du pays

La crise que travers notre pays a sérieusement mis à mal l’activité économique et le tissu social. L’heure est à la relance de l’économie. C’est pourquoi pouvoirs publics et partenaires étrangers sont mobilisés pour mettre en place des stratégies et des outils appropriés pour une mise en œuvre adéquate des politiques et programmes de relance.

Dans les circonstances actuelles, les grands acteurs de l’économie que sont les entreprises, peuvent aider le pays à se relancer, d’où la forte mobilisation des plus hautes autorités dans la recherche d’investisseurs nationaux et internationaux pour financer les grands projets prioritaires. Pour accompagner cet effort de mobilisation des investisseurs engagé par les autorités, l’Agence française pour le développement international des entreprises (Ibufrance) a organisé la venue au Mali de 22 grands patrons. Cette mission d’affaires de grands entrepreneurs français marque la volonté de la France de contribuer à la relance de notre économie, après avoir aidé à la libération de notre pays du joug djihadiste.

Pour expliquer les objectifs et les intérêts de cette mission d’affaire française, le président du conseil d’administration d’Ibufrance, Jean-Paul Bacquet, a rencontré hier la presse en présence de l’ambassadeur de France au Mali, Gilles Huberson.

Dans son intervention préliminaire, le patron d’Ibufrance rappellera que son pays s’est mobilisé, il y a bientôt deux ans, au côté du Mali pour chasser les terroristes de notre territoire. « Aujourd’hui, ajoutera-t-il, dans le cadre de la reconstruction et suite à la conférence internationale des donateurs de mai 2013, Ibufrance, accompagné de grands entrepreneurs français, est présente au Mali pour présenter et mettre en valeur leur savoir-faire, leur expertise, leur capacité à répondre aux programmes d’investissements du Mali et participer ainsi au triple défi que le pays a engagé : maintenir une paix durable, consolider l’Etat démocratique et lancer la reconstruction et le développement économique du pays ». « Les rencontres organisées par Ibufrance permettront non seulement aux entreprises françaises de répondre aux programmes d’investissements du Mali, mais aussi de lier de véritables partenariats avec des entreprises locales voire d’implanter des filiales dans le pays », a-t-il expliqué.

Un partenariat gagnant-gagnant. Jean-Paul Bacquet a insisté sur le fait que la sécurité et la stabilité sont des facteurs essentiels de la relance économique. « Aujourd’hui, le Mali fait partie des pays les moins avancés malgré différentes reformes économiques mises en œuvre. L’économie ne s’est pas suffisamment diversifiée. Plusieurs secteurs clés n’ont pas été soutenus par des politiques publiques pertinentes et mises en œuvre de façon cohérente dans la durée. L’expérience démontre que le développement de l’économie est essentiel dans la création de richesses dans un pays. Aujourd’hui, le principal enjeu de la relance économique du Mali est l’impulsion d’un réveil des potentialités locales pour créer des richesses et des emplois à travers des investissements conséquents et durables, d’où notre présence ici », a-t-il analysé.

La conférence de Bruxelles de mai 2013 a permis de mobiliser 3,3 milliards d’euros soit plus de 2161 milliards de Fcfa pour la reconstruction du Mali. Ce résultat est une aubaine pour notre pays, a estimé Jean-Paul Bacquet. « Ainsi, la plupart des projets financés par les organisations internationales et bailleurs de fonds sont soumis à des appels d’offres publiques internationaux. C’est dans ce contexte qu’Ibufrance et les 22 entreprises françaises présentes à Bamako, entendent faire valoir leur expertise auprès des bailleurs de fonds, agences d’exécution et organisations internationales et d’entrer en relation avec des partenaires potentiels du secteur privé malien. Ces entreprises ont été sélectionnées en fonction de la pertinence de leur expertise et leur adéquation avec les besoins du Mali. Elles sont ainsi actives dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement, de la construction, de l’énergie, de l’agroéquipement, des technologies de l’information et de la communication, de la défense, des services (logistiques, catering), de la santé, etc », a-t-il développé.

Pour l’ambassadeur Gilles Huberson, la France du 11 janvier 2013 qui a aidé le Mali à se débarrasser des djihadistes, est aujourd’hui fortement engagée à soutenir le décollage économique du pays. « Aider le Mali dans sa relance économique, c’est considérer que son développement économique est la clef de l’avenir du pays alors que sa population va doubler d’ici 15 ans. La France, son administration et ses entreprises sont prêtes à accompagner le Mali sur ce chemin, d’où cette présence massive des grands investisseurs français », a souligné le diplomate qui a rappelé que la France reste le premier bailleur bilatéral de notre pays avec 184 milliards de Fcfa en 2014 et plus de 72 milliards de Fcfa à travers l’aide multilatérale. « Aujourd’hui, le Mali est dans une phase cruciale de son histoire où la sécurité, la stabilité et le développement économique demeurent des défis majeurs. Et les entreprises françaises au côté de l’Etat français sont plus que jamais engagées dans l’accompagnement du Mali pour sa relance économique », a assuré l’ambassadeur Huberson.

Les journalistes se sont intéressés à l’opportunité de cette mission, à ses objectifs, aux secteurs ciblés par les patrons français. Certains ont jugé tardive l’arrivée des entreprises françaises au moment où les entrepreneurs chinois signent leur grand retour dans notre pays depuis le forum économique de Tianjin.

En réponse à ces interrogations, le patron d’Ibufrance a présenté les domaines d’activités et les compétences des entreprises présentes et expliqué que celles-ci entendent créer un véritable partenariat gagnant-gagnant avec des entrepreneurs maliens. « Nous sommes là, pour assister le Mali, travailler à son développement. Les offres des entreprises françaises s’inscrivent dans la durée et dans le partage des compétences. Nos bénéfices sont raisonnables et nous travaillerons avec les entreprises maliennes afin de leur assurer une plus grande visibilité et de partage d’expertises », a promis Jean-Paul Bacquet.

Il a expliqué que l’Agence française pour le développement international des entreprises est un établissement public industriel et commercial, dotée d’un réseau de 1.400 collaborateurs multiculturels dans le monde. « Notre mission est donc l’accompagnement des entreprises françaises dans leur démarche, selon leurs besoins et leurs profils, depuis le diagnostic jusqu’à l’exécution des projets sur les marchés étrangers », a développé Jean-Paul Bacquet qui conclura que cette mission a permis aux entrepreneurs français présents d’honorer plus de 100 rendez-vous d’affaires. Ces rencontres leur ont permis de mieux appréhender les besoins des organisations internationales actives sur place ainsi que des autorités maliennes et d’identifier les marchés publics sur lesquels elles pourront proposer leur expertise.

D. DJIRE

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