Panel sur le développement des infrastructures : LE PRESIDENT IBRAHIM BOUBACAR KEITA EXPOSE LES ATOUTS DU MALI

Pays de « l’hinterland », le Mali offre d’énormes opportunités pour attirer les investissements dans le développement de ses infrastructures et dans la valorisation de ses potentialités agricoles.

Invité d’honneur du Forum économique mondial de Tianjin, le président de la République a animé hier le premier panel de cette rencontre intitulé « Infrastructures impératives ». Le plateau était animé par le journaliste indien spécialisé en économie, Chandra Vikram de la chaîne New Delhi Television. Ce panel a enregistré la participation de grands leaders du monde des affaires notamment le patron de Canada Pension Plan Investissement Board Asia Inc, Machin Mark, celui de Toshiba Corporation, Takenaka Shoji, ainsi que le boss de SNC-Lavalin Groupe Inc, Jacques Christian.

Le panel était d’autant plus important que l’Afrique se positionne aujourd’hui comme la deuxième zone de croissance mondiale et donc d’attraction en matière d’investissement. Cependant, le déficit d’infrastructures ne permet pas au continent d’être compétitif dans l’économie mondiale, occasionnant ainsi des pertes de productivité de l’ordre de 40%. Pour répondre aux énormes défis de financement d’infrastructures indispensables à leur développement, les pays africains sont obligés de faire appel aux investissements étrangers à travers des aides publiques au développement ainsi que des investisseurs privés.

Dans son exposé, le président de la République a rappelé que le développement des infrastructures figure parmi les priorités des priorités des pays africains en général et de notre pays en particulier. Ce qui nécessite des financements conséquents des bailleurs de fonds. Mais ces appuis financiers ne parviennent pas de manière suffisante et nos pays ont le plus grand mal à mobiliser les financements nécessaires pour leur développement. Le chef de l’Etat a également expliqué le rôle des différentes organisations et institutions financières panafricaines, régionales et sous-régionales dans la mobilisation des ressources pour le développement de projets d’intérêt commun.

Examinant les aspects prioritaires de la problématique des infrastructures, Ibrahim Boubacar Keïta citera l’énergie, l’eau, les transports et les TIC comme domaines prioritaires et essentiels des économies nationales. D’où la nécessité d’augmenter les investissements dans ces secteurs tout en renforçant l’efficacité de leur gestion et en créant les fondations de la croissance future.

 

PAS DE RISQUE ZERO. Parlant du cas spécifique du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta a expliqué que nous sommes un pays enclavé dit de « l’hinterland », possédant des frontières avec sept autres Etats. Le Mali doit son approvisionnement correct en produits de première nécessité et en produits industriels aux échanges commerciaux qu’elle entretient aussi bien avec ces voisins qu’avec le reste du monde. « Les sept voisins constituent selon leurs capacités et leur situation géographique des accès de notre pays à la mer et des points de transit pour nos marchandises. D’où la nécessité fondamentale pour le Mali développer des infrastructures routières et commerciales (routes, ports secs) pour assurer son approvisionnement correct », a développé le chef de l’Etat.

Il a aussi insisté sur les potentialités agricoles dont regorge notre pays. Des potentialités qui constituent un inestimable potentiel d’investissement. « Des terres cultivables, le Mali en regorge. L’Office du Niger, avec près d’un million d’hectares de terres cultivables, constitue une fierté nationale. Le Mali est également un grand producteur de coton et de produits fruitiers tels que la mangue. Cependant, ces potentialités économiques énormes restent non valorisées à cause du manque d’infrastructures industrielles adéquates », a indiqué le président de la République en invitant les investisseurs présents à explorer les domaines d’investissements du pays.

Comme on pouvait s’y attendre, la situation sécuritaire du Mali s’est invitée dans les débats. A ce propos, le chef de l’Etat indiquera que les deux tiers de notre territoire furent occupés par des groupes irrédentistes, des terroristes se réclamant de l’islam et des narcotrafiquants. « En réalité, ils étaient pour la plupart des acteurs d’une criminalité transfrontalière et transnationale. Ces criminels avaient malicieusement infiltré toute la bande sahélo-saharienne faite d’une succession de fertiles oasis et de montagnes, de belles collines et vallées paisibles. Les envahisseurs ont profité de l’hospitalité traditionnelle des communautés rurales, de la pratique séculaire de la religion musulmane, pour s’installer confortablement en tissant des liens familiaux de circonstance, et parallèlement, en toute clandestinité, en développant de véritables mini industries de guerre et en multipliant des rapts de toutes sortes », a-t-il expliqué en insistant sur les efforts entrepris par la communauté internationale et le Mali pour enrayer le phénomène. Il a aussi fait part à l’assistance des efforts entrepris par notre pays pour assurer l’unité nationale, la paix et la réconciliation nationale, en évoquant les pourparlers inter-maliens qui se déroulent actuellement à Alger.

La situation au Mali, notera le chef de l’Etat, s’est aujourd’hui nettement améliorée et le pays se relève progressivement, par la grâce de Dieu et avec le soutien de la communauté internationale. « Le Mal renaît et reprend son envol. La stabilité est essentielle dans le retour des investisseurs. Nous en sommes conscient et nous y travaillons. Nous travaillons également à protéger les investissements déjà présents. Mais il faut reconnaître que le risque zéro n’existe nulle part », a-t-il insisté en indiquant que cette rencontre constitue un cadre idéal pour notre pays de relancer son développement à travers un renforcement de ses liens de coopération avec les investisseurs intéressés par la destination Mali.

D. D. 

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