Le président Keita avec les Maliens des Etats-Unis : A BATONS ROMPUS SUR LES QUESTIONS DOMESTIQUES

Le chef de l’Etat n’a esquivé aucun sujet, avec le souci d’éclairer la lanterne de nos compatriotes.

Le président de la République Ibrahim Boubacar Keita a consacré le dernier acte de son séjour d’une semaine aux Etats-Unis à nos compatriotes qui sont sortis nombreux pour venir à sa rencontre à l’hôtel Westin Georgetown de Washington samedi après-midi. Au cours des échanges, les Maliens des Etats-Unis n’ont pas caché leur attachement à la patrie et ont montré un vif intérêt pour les questions d’actualité.

 Sans surprise, la crise du Nord fut le sujet numéro un de la rencontre. Le chef de l’Etat a longuement expliqué le problème depuis ses origines pendant la période des indépendances pour terminer par la création du MNLA qui est aujourd’hui le porte-flambeau d’un irrédentisme dont les prétentions s’appuient sur le « mythe de l’Azawad » qui n’a « aucun fondement historique ». Selon Ibrahim Boubacar Keita, l’Azawad est un mythe au même titre que l’Atlantide et notre pays est uni depuis les temps immémoriaux. Il a cité en appui à ses propos la célèbre carte sur laquelle figure une représentation de l’empereur Kankou Moussa avec cette légende en latin : « C’est ici que règne Moussa, l’empereur du pays où coule l’or comme un fleuve ».
Le président Keita a expliqué aussi la persistance de l’indépendantisme de cette zone par la convoitise que suscitent ses richesses. C’est ce qui explique le projet avorté de l’Organisation commune des régions du Sahara (OCRS) de la France pendant la période coloniale. Le projet de l’OCRS fut combattu avec succès par les présidents Ahmed Ben Bella de l’Algérie, Hamani Diori du Niger, Modibo Keita du Mali. La puissance colonisatrice a même été empêchée au début des années 60 d’utiliser cette vaste zone désertique pour ses essais nucléaires.

 Pour le chef de l’Etat, le combat du MNLA a été facilité par « nos propres turpitudes ». Il a rappelé à ce propos son opposition à l’accord d’Alger en 2006 qui obligeait l’Etat à démilitariser le nord du pays. « Dans la bêtise nous avons brillé de tous nos feux », a-t-il fustigé, estimant que « l’armée a été victime des turpitudes et des mauvais choix politiques ». Résultat : le nord du pays est devenu une zone de non droit où les trafics de drogue et d’armes prospèrent. « Les acteurs de ces trafics n’ont aucun intérêt au retour de l’Etat », a souligné le chef de l’Etat.

 Ibrahim Boubacar Keita a salué « l’intervention française qui a sauvé le Mali » et remercié la communauté internationale pour son appui avec les Casques bleus qui ont besoin de notre compréhension et notre soutien. « Leur tâche n’est pas facile. En plus, la mission de l’ONU n’a pas pu obtenir le contingent prévu », a expliqué le président Keita.

 Le chef de l’Etat a défendu « la visite bien justifiée » du Premier ministre Moussa Mara à Kidal, dénonçant « l’attaque perfide » dont il a été victime. Il a répété que « l’initiative malheureuse » de reprendre le gouvernorat de Kidal n’était pas conforme à ses instructions.

 Le président de la République a expliqué aussi le bien-fondé de sa demande de conclure les pourparlers inclusifs sur le territoire national. « Si après les négociations, nous n’arrivons pas à nous retrouver chez nous, ça veut dire que nous trompons le monde entier. Voilà le pourquoi de notre demande. Ce n’est pas par un nationaliste mal placé », a développé Ibrahim Boubacar Keita qui s’est réjoui de la signature de la feuille de route des pourparlers à la fin du mois de juillet dernier. Il a annoncé que les négociations doivent reprendre le 17 de ce mois dans la capitale algérienne.

 Le chef de l’Etat a abordé aussi les relations entre notre pays et les institutions de Breton de Woods. En marge du sommet Etats-Unis/Afrique de Washington auquel il a pris part au côté d’une quarantaine de ses pairs africains, le président Keita s’est rendu aux sièges de la Banque mondiale et du Fonds monétaire internationale (FMI). Il a révélé que les dirigeants de deux institutions financières ont exprimé leur volonté de continuer à contribuer au développement et de soutenir les efforts du gouvernement, battant en brèche les allégations de rupture entre le Mali et ces bailleurs de fonds.

 En réponse à une question sur l’élection de Karim Keita comme député à l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Keita a répondu que son fils a été élu dans le prolongement de son engagement politique dans la jeunesse du RPM. Sur la question de l’avion présidentiel, il a rejeté les allégations sur son goût du luxe, expliquant que c’est un bien de l’Etat qui servira le pays après son mandat. Le président Keita a juré qu’il est entièrement dédié au service du Mali et que son souci est de remettre à son successeur un pays en meilleur état. « C’est ça mon combat », a-t-il conclu.


 B. TOURE
 Envoyé spécial

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