Mali-France : LE TRAITÉ DE COOPÉRATION DE DÉFENSE SIGNÉ

Le document signé par les ministres de la défense des deux pays, prévoit un cadre de coopération plus large et sur la durée.
C’est fait. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants le colonel-major Bah N’Daw et son homologue français Jean-Yves Le Drian ont apposé hier leurs signatures au bas du traité de défense entre le Mali et la France.

La cérémonie de signature a eu lieu dans la salle de conférence du ministère de la Défense et des Anciens combattants, en présence de hauts responsables militaires des deux pays. Ce traité de défense replace l’accord de coopération de sécurité qui existait entre le Mali et la France depuis 1985.

Aussitôt après la signature du document, un moment historique, les deux ministres se sont transportés au palais de Koulouba où ils ont été reçus en audience par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta pendant une quinzaine de minutes.
L’audience a été suivie d’une cérémonie de décoration de trois officiers français. Le général Marc Foucaud, commandant de l’opération Serval, a été élevé à la dignité de Grand Officier. De même que le général Antoine Nauguier, chef du cabinet du ministre français de la Défense. Quant au colonel Thiery Marchand, un autre commandant de l’ « opération Serval » désormais remplacée par l’ » opération Berkane « , il a été élevé à la dignité de Commandeur de l’Ordre national à titre étranger.

Ensuite, le ministre français de la Défense a expliqué à la presse : « nous avons signé un traité de défense qui remplace un accord de coopération sécuritaire qui datait de 1985. Donc il était nécessaire que les relations entre nos deux pays soient garanties juridiquement par un acte de cette importance, comme on le fait d’ailleurs avec le Sénégal et la Côte d’Ivoire, etc. Cela permet de fixer le cadre de coopération. Le cadre de la coopération en matière de formation d’équipement, de communication. Cela veut dire aussi, avoir les garanties juridiques pour le personnel militaire présent ici au Mali ou le personnel malien présent en France. Dans ce cadre, c’était nécessaire. Le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta le souhaite et c’est une bonne chose pour nos relations ».

Jean-Yves Le Drian a précisé aussi que ce traité n’avait rien à voir avec « l’accord opérationnel ». Il a ajouté qu’il y a un accord opérationnel qui existe depuis le mois de mars 2013 pour les opérations qui sont en cours. « Le traité de coopération de défense est un cadre beaucoup plus vaste et beaucoup plus sur la longue durée. Il fixe de manière très claire la réciprocité de nos engagements et la durée pour la sécurité du Mali », a souligné le ministre Le Drian, en confirmant que le remplacement de Serval par Barkhane « ne veut pas dire un départ des forces françaises, ça veut dire simplement que nous sommes dans une autre phase ». Pour lui, l’opération Serval a réussi. « En janvier 2013, ce pays était menacé dans sa souveraineté et l’intervention française lui a permis de retrouver sa liberté, son intégrité. Mais, il y a toujours les risques que font courir les groupes djihadistes qui essayent sans arrêt de se reconstituer. Mais pas uniquement au Mali », a-t-il développé.

La France installe des forces dans la zone sahélienne pour une meilleure réactivité, afin de mener la lutte contre le terrorisme. « C’est la raison pour laquelle, nous allons nous engager dans l’ « opération Barkhane » qui réintégrera la régionalisation des forces françaises à la fois par des forces maintenues sur la durée ici au Mali, singulièrement à Gao, mais aussi une coordination avec les forces à Ouagadougou à Niamey et à Ndjamena », a précisé le ministre français de la défense.
Selon lui, avec l’ «opération Barkhane », c’est une autre période qui s’ouvre et qui permettra sur la durée d’assurer d’une manière encore plus solide, plus significative, et non pas sur l’opérationnel immédiat, la sécurité du Mali.

« Je vais vous dire une seule chose : nous avons toujours dit qu’il n’y avait qu’un seul Mali. Donc à terme, il n’y aura qu’une seule armée. Je vais dire une deuxième chose : c’est que, je suis très heureux que des conversations aient lieu aujourd’hui à Alger pour permettre vraiment la réconciliation au Mali parce que si la France est intervenue, si des Français ont donné leur vie pour le Mali, c’est pour que tout le monde se mette autour de la table pour la vraie réconciliation», a souligné Jean-Yves Le Drian.


A. DIARRA

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