Pourparlers gouvernement/groupes armés : UN DEPART DE BON AUGURE

Toutes les parties présentes à Alger ont réaffirmé leur volonté de faire la paix devant la communauté internationale.
Les pourparlers entre le gouvernement et les groupes armés du nord à savoir le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA) et la Coordination des mouvements et forces de résistance (CMCR) ont débuté hier à Alger, sous l’égide des autorités algériennes et avec la participation forte de la Communauté internationale (Nations-unies, Union africaine, Union européenne, CEDEAO, OCI).

La délégation gouvernementale est conduite par le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Il est accompagné du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité général Sada Samaké, du ministre de la Solidarité, de l’Action humanitaire et du Développement des régions du nord, Hamadoun Konaté, du ministre de la Décentralisation et de la Ville, Ousmane Sy et du ministre de la Réconciliation nationale Zahabi Ould Sidi Mohamed. L’équipe gouvernementale est appuyée par le Haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif, l’ancien Premier ministre Modibo Kéita et plusieurs spécialistes des questions du nord dont l’ancien ministre Mohamed Ag Erlaf.

La séance inaugurale des pourparlers s’est déroulée en trois séquences. La première partie a concerné le MNLA et le HCUA regroupés au sein de la Coordination des mouvements de l’Azawad. Aujourd’hui, ce sont ces deux groupes qui sont en réalité en rébellion contre l’Etat malien. Le président de cette coordination est Mohamed Djeri Maïga, l’un des leaders du MNLA. Ses compagnons se sont consultés un bon moment avant d’accepter de venir en salle au moment où les représentants de la communauté internationale, les représentants des autorités algériennes et la délégation malienne au grand complet étaient déjà sur place. Chacun se demandait le motif de ce retard. L’apparition des éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad dans la salle a été un ouf de soulagement pour ce beau monde venu dans la capitale algérienne pour aider le Mali à retrouver une paix durable.

UNE NEGOCIATION SINCERE ET CREDIBLE. Prenant la parole le premier, le président de la coordination des mouvements de l’Azawad a expliqué le retard de sa coordination par le fait qu’elle ne souhaitait pas faire une déclaration dans la salle. Pour la simple raison qu’elle n’a été associée aux préparatifs de cette rencontre. Mohamed Djeri Maïga a dit qu’ils n’ont pas été associés à l’élaboration de la feuille de route du gouvernement malien qui est sensée être le document de base pour les toutes parties.

Cependant, le leader du MNLA a salué l’initiative prise par les autorités algériennes en vue de trouver une solution négociée et équitable à la crise au Mali. Il a souhaité que la rencontre d’Alger soit un point de départ d’une possible négociation sincère et crédible qui puisse aboutir à un accord global au Mali. Un passage dans son intervention n’est pas non plus passé inaperçu. « Nous acceptions l’intégrité territoriale du Mali. Nous acceptons le caractère laïc du Mali. Mais c’est sur l’unité nationale que les choses se jouent. Plus on a la chance de se rencontrer, plus on a la chance de se parler, plus on aura un terrain d’entente », a-t-il déclaré.

Le leader du MNLA a par ailleurs plaidé la cause leur rébellion. « Les mouvements que nous représentons sont loin d’être des va-t-en guerre. Ils sont porteurs de revendications légitimes et justes des aspirations du peuple de l’Azawad », a-t-il fait savoir. Mohamed Djeri Maïga a ajouté que leur rébellion contre les différents régimes ne doit pas être considérée une animosité de la part des Maliens du sud. « Nos exhortons nos frères qu’ils soient noirs ou blancs de tourner la page de la haine et d’ouvrir celle de l’amour et de la cohésion entre toutes les communautés. Enfin, nous réitérons notre disponibilité à entamer des négociations crédibles, sincères à travers une feuille de route bien élaborée, assortie d’un consensus entre les belligérants », a souligné le responsable du MNLA.

Dans sa déclaration introductive, notre ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de Coopération internationale a lui aussi salué les autorités algériennes et la Communauté internationale qui travaillent inlassablement à aider le Mali à sortir de cette crise qui a débuté en 2012. Il a rendu hommage aux soldats maliens et étrangers ayant perdu la vie en défendant l’intégrité territoriale, l’unité et la laïcité de l’Etat du Mali.

En s’adressant aux groupes armés, Abdoulaye Diop a souligné l’importance de cette rencontre historique qui se tient dans la capitale algérienne. « Au nom du président de la République du Mali, je salue nos frères et sœurs qui ont la pris la décision historique d’inscrire leur action dans le cadre d’un dialogue inclusif en vue de la recherche d’une paix juste et durable entre Maliens… Nous avons l’espoir que ce face à face finira dans quelques jours par un côte à côte pour bâtir dans un proche horizon le Mali de nos espérances. Cette fois-ci la main dans la main et définitivement », a-t-il indiqué.

UNE SOLUTION DEFINITIVE A LA CRISE DU NORD. Le ministre Diop a rappelé la volonté ferme des autorités maliennes de trouver une solution définitive à la crise du nord. Cela s’est manifesté par la signature des accords de Ouagadougou le 18 juin 2013, la tenue des états généraux sur la décentralisation, la tenue des assises du Nord, l’organisation des fora à Gao et à Tombouctou. « Toutes ces actions ont été entreprises dans un cadre d’une approche inclusive et ce afin de trouver une meilleure réponse aux revendications exprimées par certaines composantes de la nation malienne », a dit le ministre.

Abdoulaye Diop a ajouté que les autorités maliennes sont résolument engagées à trouver une solution négociée à cette crise ne mettant en cause ni l’intégrité territoriale du pays, ni l’unité nationale, ni la forme républicaine et démocratique de l’Etat malien. « Au Mali, nous avons une foi inébranlable en notre peuple et en ses capacités de résilience, de créativité mais aussi de sursaut et de tolérance. Nous avons la ferme conviction que dans les années à venir, notre pays rayonnera sur la scène internationale parce qu’il a des hommes et des femmes capables, par leur volonté et leur travail, de tracer un avenir commun », a enfin déclaré le ministre Abdoulaye Diop.

Après la Coordination des mouvements de l’Awazad, c’était au tour de la Coordination des mouvements et forces de résistance (CMFR), le Mouvement arabe de l’Azawad et la Coalition du peuple de l’Azawad (une dissidence du MNLA) d’être reçus dans la salle. C’était la deuxième de la séance inaugurale des pourparlers. Ces différents mouvements ont réaffirmé leur attachement au Mali. Ils ont dit leur détermination à trouver une paix durable à la crise du nord par un dialogue inclusif et sincère.

La troisième partie de la rencontre d’hier a été une sorte de plénière. Toutes les parties se sont réunies dans la salle pour engager les discussions. Les différents représentants de la Communauté internationale ont pris tour à tour la parole pour réaffirmer leur engagement dans la recherche de solution à la crise au Mali et à l’aider à retrouver le chemin d’un développement durable.

Les vraies discussions entre les protagonistes seront engagées aujourd’hui à Alger. Les autorités maliennes souhaitent que les pourparlers puissent être achevés au Mali par la signature d’un accord de paix définitive.


Envoyé spécial
M. KEITA

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